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Après des menaces de mort, aucun arbitre du district d’Alsace sur les terrains

Football : « T’en sortiras pas vivant »… Après des menaces de mort, aucun arbitre du district d’Alsace sur les terrains

FootballEn signe de protestation et de solidarité avec un arbitre menacé de mort, les hommes en noir n’officieront pas en Alsace ce week-end
Antoine Huot de Saint Albin

A.H. avec AFP

Un ras-le-bol général. En colère, les arbitres alsaciens ont décidé de se retirer des 800 matchs programmés ce week-end dans la région. Cela est la conséquence de menaces de mort reçues par l’un des leurs lors d’un match amateur, fin mars. « T’en sortiras pas vivant », « on sait où t’habites », ont notamment été crié à l’encontre d’Anthony, arbitre bénévole depuis dix ans, qui a décidé de raccrocher le sifflet.

« Après avoir entendu ça, c’est inimaginable pour moi de revenir sur un terrain. Je n’arbitre pas pour me faire menacer de mort et pour le lundi matin, en sortant de chez moi, regarder à droite et à gauche dans la rue si quelqu’un m’attend », explique à l’AFP ce chef d’entreprise de 35 ans, père de famille, qui a porté plainte.

« Recrudescence des incivilités »

Si de telles menaces sont une première le concernant, Anthony déplore les insultes chaque week-end sur et au bord des terrains, par les joueurs, les entraîneurs et le public. « Chez les plus jeunes et jusqu’aux vétérans, il y a toujours des insultes qui fusent. "Enculé", "fils de pute", "alcoolique". C’est plutôt standard. » Face aux menaces de mort, la commission d’arbitrage du district d’Alsace, le plus important de France avec 85.000 licenciés et 537 clubs, a donc décidé de marquer le coup.

« Nous sommes face à une recrudescence des incivilités. C’est inacceptable ce type d’attitude. Je soutiens pleinement les arbitres », assure Marc Hoog, président du district. La Ligue Grand-Est s’est dite « solidaire », mais a maintenu les matchs régionaux.

La mauvaise image renvoyée par les pros

Pour les responsables amateurs, les difficultés sont accentuées par les dérives du football professionnel et sa vitrine en France, la Ligue 1. « Championnat de merde », s’était emporté en février le président de Marseille, Pablo Longoria, contestant des décisions arbitrales et hurlant à la « corruption ». En mars, l’entraîneur de Lyon, Paulo Fonseca, a menacé un arbitre, tête contre tête. Ils ont conservé le soutien de leurs clubs malgré les sanctions de la Ligue.

Après les comportements très médiatisés de Pablo Longoria et Paulo Fonseca, « j’avais prévenu ma commission : je leur avais dit qu’il fallait s’attendre à des débordements sous peu. Il n’a même pas fallu attendre trois semaines », insiste Philippe Durr, président de la commission d’arbitrage du district d’Alsace. Face à une situation « qui dégénère », il appelle à « une prise de conscience de tout le monde ».