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CAN 2025 : Main de Maradona, Séville 82… Comme Sénégal-Maroc, ces matchs dont on pourrait changer l’issue, après tout
On refaaaaait le match•Le jury d’appel de la CAF a retiré le titre gagné par le Sénégal lors de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier dernier et déclaré le Maroc vainqueurA.H.
Il a fallu deux mois. Cinquante-sept jours après la finale de la Coupe d'Afrique des nations pour que le jury d’appel de la Confédération Africaine de Football décide, mardi soir, de retirer le titre remporté par le Sénégal. Et le donner au Maroc, finaliste jusqu’alors malheureux, qui a encore en tête le penalty manqué par Brahim Diaz à la fin du temps additionnel, après de nombreuses minutes d’interruption provoquées par la protestation de joueurs sénégalais qui avaient rejoint les vestiaires.
Le jury d’appel de la CAF justifie sa décision par l’application des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, selon lesquels si une équipe « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match », « elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ». Alors, puisqu’une décision d’un arbitre peut être réinterprétée des mois après, allons encore plus loin et rejugeons les matchs les plus polémiques de l’histoire, même 200 ans après
- Angleterre-Allemagne de l’Ouest, finale du Mondial 1966. Avec la goal line technology, le « but de Wembley » par Geoffrey Hurst est finalement refusé soixante ans après. Les Anglais n’ont donc toujours aucun titre international, le football est sauvé.
- France-Allemagne, demi-finale de la Coupe du monde 1982. Harald Schumacher est condamné à trente ans de prison après l’assassinat de Patrick Battiston. La France, qui réclamait des dommages et intérêts, est sacrée championne du monde. Le cercueil de Bernard Lacombe est sorti de terre pour l’occasion.
- Argentine-Angleterre, quart de finale de la Coupe du monde 1986. La mano de Dios est sanctionnée par la VAR quarante ans après, l’Argentine déchue d’un titre mondial. Toutes les décorations murales à Naples doivent être mises à jour. Et c’est Scott McTominay qui devient l’idole de tout un peuple. La transition est dure, surtout pour ceux qui passent du maté au whisky.
- Benfica-OM, demi-finale de la Coupe des clubs champions en 1990. Comme pour Maradona, la main de Vata est condamnée par l’UEFA. L’OM réclame une deuxième étoile sur son maillot et sort une ligne de vêtement « A jamais les doubles premiers » portée par Sébastien Delogu, Bengouz et Pablo Longoria qui a flairé une occasion de refaire parler de lui. Ce n’était pourtant qu’une demi-finale.
- Italie-Corée du Sud, huitième de finale de la Coupe du monde 2002. Les pots-de-vin glissés par la Corée du Sud aux arbitres du Mondial 2002 doivent être reversés à l’Italie pour se reconstruire une équipe en vue des barrages du Mondial 2026. Malgré tout l’argent du monde, les coéquipiers de Francesco Totti, sorti de sa retraite, sont éliminés par l’Irlande du Nord.
- PSV-OL, quart de finale de Ligue des champions 2005. Oui, il y avait bien penalty sur Nilmar. Mais comme Jean-Michel Aulas lors du premier tour des élections municipales, l’Olympique Lyonnais se rate devant la commission d’appel de la Fifa et est même sanctionné d’une interdiction de recrutement au Brésil pour 50 ans.
- Chelsea-Barcelone, demi-finale de Ligue des champions en 2009. « It’s a fucking disgrace » avait dit Didier Drogba après plusieurs décisions litigieuses de la part de l’arbitre norvégien Tom Ovrebo. Dix-sept ans après, l’honneur de l’Ivoirien est sauf, Chelsea est déclaré vainqueur de cette demie. Michael Ballack repart en Norvège poursuivre l’arbitre pour lui dire « cheh ».
- France-Irlande, barrage qualificatif pour la Coupe du monde 2010. La pétition des Irlandais et les protestations de nombreux Français sont finalement jugées recevables, le match doit être rejoué aujourd’hui. Aucune conséquence, la France avec son équipe E démonte les Irlandais 7-0, quintuplé de Mateta.
- Atlético-Real Madrid, finale de la Ligue des champions 2016. Sergio Ramos est finalement sanctionné de sa poussette sur le corner amenant l’égalisation dans le temps additionnel, le palmarès de Zinédine Zidane en prend un coup, Philippe Diallo préfère finalement nommer René Girard comme nouveau sélectionneur des Bleus.
- France-Portugal, finale de l’Euro 2016. Article 3, paragraphe 12, alinéa 4 du règlement de l’UEFA : Si le pays hôte touche le poteau en fin de match d’une finale, un but doit automatiquement leur être accordé. La France décroche donc son troisième titre européen. Bravo messieurs.
- Barcelone-PSG, huitième de finale de la Ligue des champions 2017. Une remontada, quelle remontada ? Les pots-de-vin du Barça à Deniz Aytekin sont dévoilés par Marca, le PSG est donné vainqueur, le Real Madrid crie au complot arbitral « depuis la nuit des temps ». Un peu de mesure, s’il vous plaît.
- PSG-Manchester United : huitième de la Ligue des champions 2019. La main de Kimpembe entraînant le penalty victorieux de Rashford est revue, mais pas corrigée par l’UEFA. L’instance estime que perdre face à cette équipe B de Manchester United devait être puni coûte que coûte.
- France-Afrique du Sud, quart de finale de la Coupe du monde de rugby en 2023. Après le retour de Bernard Laporte aux affaires, World Rugby prend, subitement, la défense des Bleus et estime que le XV de France a été lésé lors de ce quart de finale. Pour compenser cette élimination, la France est déclarée « vainqueur moral de la compétition ». C’est comme une victoire dans le VI Nations, mais sans Grand Chelem. Bref, on connaît.



















