PSG - OL : Malgré la victoire (et Messi), le PSG de Pochettino peine encore à se trouver une identité

FOOTBALL Le PSG n’a dû sa victoire face à l’OL qu’à une (non) intervention de la VAR et un but de Icardi en fin de match, ce qui laisse songeur neuf mois après l’arrivée de l’entraîneur argentin sur le banc

Aymeric Le Gall
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Leo Messi et les Parisiens ont longtemps ramé face à une bonne équipe lyonnaise.
Leo Messi et les Parisiens ont longtemps ramé face à une bonne équipe lyonnaise. — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Paris se veut une fête et quand on regarde le tableau de haut, sur le plan comptable, pas de problème, le PSG est au rendez-vous. Six matchs de championnat, six victoires, une différence de buts de +12 et cinq points d’avance déjà sur son nouveau dauphin marseillais. Mais la victoire de dimanche contre Lyon, une fois passée au microscope, raconte qu’on le veuille ou non une histoire un brin moins glamour. Celle d’une équipe sans réelles idées de jeu claires, sans créativité ni personnalité, qui s’en sort encore une fois grâce à ses individualités – et dimanche soir, aussi, un peu grâce à la VAR – mais dont le projet de jeu nous échappe encore totalement.

Depuis sa nomination en janvier, Mauricio Pochettino n’a cessé de sortir le parapluie, expliquant partout que son arrivée en cours de saison l’an passé ne permettait pas de juger sa philosophie de jeu. Dont acte. L’argument approche de sa date de péremption et force est de constater qu’on ne voit toujours pas la queue d’une idée dans ce que tente de proposer « Poché » à ses joueurs. Pourtant, dimanche, sur la pelouse du Parc, le PSG ne comptait que trois nouvelles recrues (Messi, Nuno Mendes et Donnarruma). Les autres se côtoient depuis un bout de temps maintenant et il n’est pas donc plus interdit d’espérer entrevoir les prémices d’un projet de jeu un tant soit peu cohérent. Mis à part deux ou trois frissons en première période, quand Messi, Mbappé et Neymar ont réussi à combiner dans les petits espaces, Paris a semblé naviguer au doigt mouillé.

Pochettino salue le sursaut après Bruges

Ce n’était pourtant pas l’avis de Pochettino en conférence de presse après la rencontre, qui semblait se ravir des progrès affichés par son équipe après la bouille brugeoise de mercredi. Ce qui n’est tout de même pas bien compliqué, vous nous l’accorderez. « Nous avons fait une bonne prestation. Je suis satisfait. On a vu de très bonnes choses avec une évolution par rapport à ce qu’on a vu à Bruges. Il y a eu une progression. On a fait un bon match contre une bonne équipe de Lyon », a-t-il laconiquement expliqué.

Vu des tribunes, pourtant, cette victoire parisienne contre Lyon nous a semblé particulièrement poussive. Sans ce péno très généreusement accordé par l’arbitre Clément Turpin (et à peine checké par les têtes chercheuses du VAR) et ce but de Mauro Icardi arraché dans le temps additionnel, difficile de tirer beaucoup d’enseignement sur la force réelle de cette équipe. Sauf pour Pochettino, donc, pour qui « Il y a eu, je trouve, un assez bon équilibre, entre attaque et défense. Il nous avait manqué un petit peu de réussite en première période. On a eu des occasions de marquer. On a trouvé des moments intéressants. Avec des séquences de pressing, de jeu. C’est une prestation, avec un équilibre collectif, assez affirmée. »

Pourtant, on ne peut pas lui reprocher d’avoir fait des choix forts, comme celui d’aligner son carré d’As Messi-Neymar-Mbappé-Di Maria au coup d’envoi, en priant pour que l’un d’entre aux daignent lui faire l’honneur de se replier une fois de temps en temps à la perte du ballon, ou de préférer Ganluigi Donnarruma à Keylor Navas dans les buts. Mais malgré tout le respect qu’on a pour Thilo Kehrer (et le bon début de saison qu’il a réalisé jusque-là), quelle mouche a piqué l’entraîneur argentin pour lui préférer un Ashraf Hakimi qui tourne du feu de dieu depuis le début de la saison ? S’il est vrai que le PSG a un programme très chargé jusqu’à la trêve internationale, il n’était pas interdit d’envisager le match de mercredi à Metz pour faire souffler le Marocain plutôt que lors d’un choc face à l’OL au Parc. Son absence dimanche s’est d’ailleurs fait cruellement ressentir.

Un coaching peu inspiré

En cours de match non plus, l’ancien manager de Tottenham n’a pas vraiment semblé inspiré. Quand les deux milieux récupérateurs Herrera et Gueye tiraient une langue de trois kilomètres de long après avoir poncé le terrain en long, en large et en travers pour compenser les non-retours des cracks de l’attaque, celui-ci n’a pas bougé le petit doigt alors que Wijnaldum, Paredes, Danilo ou Rafinha attendaient sagement sur le banc. Quant à la sortie de Leo Messi pour Ashraf Hakimi à un quart d’heure de la fin, on cherche toujours à comprendre.

Finalement, et c’est tant mieux pour Pochettino, son seul choix gagnant est peut-être celui qui le sauvera un temps encore des critiques. Entré en jeu à dix minutes de la fin, Mauro Icardi est venu rappeler que malgré une condition physique plus proche de celle d’un joueur de pétanque, il n’en reste pas moins un finisseur clinique aux abords de la surface de réparation. A l’arrivée, si le PSG​ s’en sort encore avec les trois points de la victoire, pour les enseignements il faudra encore patienter.