PSG-ASSE : Silence de cathédrale et festivités feutrées... Alors, il ressemble à quoi le foot du monde d'après ?

PSG-ASSE Moins de 5.000 personnes ont assisté à la victoire du PSG dans une ambiance lunaire et dérangeante

Aymeric Le Gall, au Stade de France

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Le Stade de France était quasi-vide à l'occasion de la finale PSG-Sainté vendredi.
Le Stade de France était quasi-vide à l'occasion de la finale PSG-Sainté vendredi. — FRANCK FIFE / AFP

Le contexte sanitaire est tel qu’on va vite changer de disque, promis, mais pour le premier match officiel en France depuis l’arrêt du championnat en mars dernier, on ne pouvait pas faire autrement que de vous raconter à quoi ressemble un match de foot dans le monde d’après. Même si vous connaissez déjà la réponse : à rien, ou presque.

Habituellement, une arrivée sur le parvis du stade de France un soir de finale de Coupe de France, c’est l’occasion de bien se marrer et de se mettre dans l’ambiance. Entre la viande semi-saoule qui beugle à tue-tête, les défilés de supporters maquillés comme des voitures volées et les petits chambrages habituels entre les deux camps, la balade d’avant-match est souvent un petit plaisir coupable sur lequel on ne crache jamais. Vendredi soir, rien de tout ça.

Ambiance western sur le parvis du Stade de France

Sur le parvis, pas un pelos, pas un bruit, si ce n’est celui du trafic de l’Autoroute A1 en contrebas. Un vrai western, les ballots de paille et la musique d’Ennio Morricone en moins. Horrible. Dans le stade, les deux virages ont été fermés et seuls quelques milliers de sièges sont occupées par des supporters et des partenaires. Selon les chiffres de la fédé, ils étaient 2.805 supporters au Stade de France vendredi soir. Déjà que ce stade n'est pas bien excitant quand il est rempli (à quelques rares execptions), imaginez le tableau si en plus on entend les mouches voler...

Mardi dernier au Parc des Princes, lors du match amical face au Celtic, la présence de quelques 600 ultras avait presque réussi à faire oublier le contexte et l'absence de public. Problème, vendredi ils n’étaient pas là. Qu’ils soient stéphanois ou parisiens, d'ailleurs. Les groupes ultras des deux clubs avaient choisi de ne pas faire le déplacement au Stade de France pour cette finale. Et leur absence s’est cruellement fait ressentir, preuve s'il en fallait encore de l'importance de la place des supporters dans le spectacle du foot. 

Seul point « positif » à tout ça, s'il fallait en trouver un, c'est que le silence en tribunes a permis aux spectateurs d'écouter un peu ce qui se disait sur la pelouse.Voilà, voilà... Au terme du match, la FFF avait prévu de faire au plus simple. La haie d'honneur aux Stéphanois et la remise du trophée au PSG ont été expédié ni vu-ni connu-j'tembrouille, pour le plus grand bonheur de tout le monde on ne va pas se mentir. 

Heureusement il y a Presko

Finalement, le seul moment où l'on a un peu eu l’impression d'assister à quelque chose s'approchant vaguement d'une finale de coupe, c’est quand Presnel Kimpembe a fait irruption dans l’auditorium en pleine conférence de presse de Thomas Tuchel pour l'arroser au champagne. La tradition est sauve, même si le coeur n'y est pas. Voilà pour les festivités... La situation actuelle n’est déjà plus inédite pour personne, bien sûr, et on a tous intégré le fait qu’il faudrait se montrer patient avant de retrouver des stades bondés et des ambiances de feu, mais vendredi la réalité nous a rattrapé et ça picote un peu.