PSG-Celtic : Combiner gestes barrières et ambiance dans le stade ? Les ultras ont montré la voie

TUTO Montré du doigt après le match face à Beveren vendredi au sujet du non-respect des gestes barrières en tribunes, le comportement des ultras a été exemplaire mardi contre le Celtic

Aymeric Le Gall

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Pas con les écharpes pour mesurer la distanciation sociale.
Pas con les écharpes pour mesurer la distanciation sociale. — FRANCK FIFE / AFP

Premier pays européen à avoir décidé de mettre un terme prématuré à sa saison de football pour cause de pandémie de Covid-19, la France est aussi le premier (parmi les cinq grands championnats) à avoir rouvert ses portes des stades au public. Autant dire que l’Europe tout entière scrute attentivement les moindres faits et gestes de nos supporters pour envisager à son tour de prendre une décision similaire dans l’optique de la prochaine saison.

Alors, quand certains dirigeants de club français ont vu les ultras parisiens bras dessus, bras dessous en tribunes, sans masques et sans respect des gestes barrières lors du match amical contre Waasland-Beveren vendredi, on était à deux doigts de la crise cardiaque.

Même chute de tension du côté du Ministère chargé des sports qui s’était empressé lundi de pondre un communiqué et de brandir la menace la plus efficace qui soit : la carotte et le bâton. « Respecter les distances et les protocoles sanitaires est une nécessité absolue pour la santé des supporters et de tous les Français, expliquait ce communiqué. Des décisions de huis clos pourraient être prises, conformément au droit applicable, si les mesures destinées à lutter contre la propagation du virus ne sont pas respectées lors des prochains matchs ». Comme coup de pression, on ne peut pas faire plus clair.

Souriez, vous êtes scrutés

La rencontre PSG-Celtic revêtait dès lors des allures de test grandeur nature avant les finales de coupe au Stade de France fin juillet et la reprise du championnat en août. Le Collectif Ultras Paris, qui a lui-même admis avoir mal préparé le match en tribunes face aux Belges, comptait bien jouer le jeu et donner l’exemple vendredi. « On s’est laissé aller par l’enthousiasme du match. On l’a très mal géré, je suis entièrement d’accord, mais on n’est pas irresponsables. On discute depuis des semaines sur la manière de revenir au stade et en sécurité. Maintenant on va essayer de démontrer qu’on est capables d’avoir un comportement responsable, même si l’ambiance en pâtit », déclarait à ce titre Romain Mabille, le leader des ultras parisiens, à nos confrères du Parisien.

Résultat ? Un gros soulagement pour tout le monde. En supprimant une rangée sur deux et en éparpillant les membres du Collectif Ultras Paris un peu partout dans le Virage Auteuil, le PSG et les leaders du CUP semblent avoir en partie réglée la problématique de la distanciation sociale – concept peu compatible sur le papier avec la vie d’une tribune remplie d’ultras – et offert des perspectives encourageantes pour la suite. D’autant que ce protocole sanitaire n’a en rien entaché l’ambiance dans les gradins.

De bon augure pour la suite

Comme à leur habitude, les ultras ont donné de la voix pendant plus de 90 minutes et rendu vivable un spectacle qui ne saurait exister sans eux. Quiconque a vu ce qui se passe à huis clos depuis des semaines chez nos voisins allemands, anglais, italiens ou espagnols, sera d’accord pour dire qu’un stade sans ambiance (et ne venez pas nous parler de ces fausses ambiances en carton avec haut-parleur et bruitage à la Fifa 20) n’est pas loin de signifier la mort du football.

Alors, après les avoir pourris lors du match contre Beveren, les observateurs admettront aisément que vendredi, les supporters du PSG ont peut-être montré la voie à suivre pour que le foot puisse survivre à ce monde d’après où les embrassades sont perçues comme le mal absolu. Mais entendons-nous bien sur un point : rien ne vaudra jamais un stade blindé à craquer de supporters en délires. Vite, un vaccin.