OL: «Bruno Genesio ne pensait pas que ça pouvait aller aussi loin»… Et si l’environnement lyonnais n’était plus si paisible?

FOOTBALL Cambriolage du domicile de Memphis Depay, altercation impliquant Bruno Genesio… Le week-end de l’OL a été mouvementé hors terrain. Deux épisodes révélateurs d’un changement d’époque pour les footballeurs à Lyon ?….

Jérémy Laugier (avec A.L.G)

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Bruno Genesio, ici lors d'un entraînement de l'OL en août à Décines.
Bruno Genesio, ici lors d'un entraînement de l'OL en août à Décines. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Une vidéo montrant Bruno Genesio très remonté contre un homme durant sa soirée d’anniversaire a été dévoilée lundi sur les réseaux sociaux.
  • Trois jours plus tôt, l’attaquant de l’OL Memphis Depay s’était fait cambrioler son domicile durant le match Lyon-Nice (0-1).
  • Joueurs de l’OL champion de France dans les années 2000, Sidney Govou et Jean-Marc Chanelet décryptent pour « 20 Minutes » l’évolution du contexte lyonnais.
  • Est-il encore possible, en 2018, de tenter de mener « une vie normale » lorsqu’on est footballeur professionnel dans un club majeur comme l’OL ?

« Qu’on soit interpellé à l’issue d’un match, ça peut arriver. Mais c’est inadmissible que ça aille au-delà et que ça touche la vie privée d’un entraîneur. » Comme Alain Perrin, auteur d’un doublé L1-Coupe de France à Lyon en 2008, de nombreuses anciennes figures de l’OL ont multiplié les réactions de soutien à Bruno Genesio depuis lundi. A l’image de l’incident impliquant l’entraîneur rhodanien, filmé dans la nuit de samedi à Confluence et largement relayé sur les réseaux sociaux, mais aussi du cambriolage la veille du domicile de Memphis Depay, est-il de plus en plus délicat pour un footballeur de l’OL de tenter de mener "une vie normale" ?

« Lyon reste une ville plutôt paisible pour un joueur si on compare à Marseille, estime Jean-Marc Chanelet, latéral droit de l’OL de 2000 à 2003, qui vit toujours à Lyon. A notre époque, on pouvait assumer le fait de sortir les soirs sans risquer d’être assaillis. Les joueurs sont tellement plus starisés aujourd’hui que c’est sans doute moins possible. »

« Ce n’était pas filmé et ça fait une sacrée différence »

« Malheureusement pour ces joueurs, la chose la plus importante, c’est qu’ils passent après une génération qui a gagné [7 titres de champion de France de 2002 à 2008], confie l’ex-attaquant du club Sidney Govou. A Lyon, les gens se raccrochent toujours à avant, avant, avant. Et quand tu gagnes, on te reproche toujours moins de sortir. Si vous rajoutez à cela l’écho et la surenchère des réseaux sociaux, les réactions deviennent du grand n’importe quoi… »

Car l’actuel consultant pour Canal + l’assure : « Je me suis pris la tête avec plein de gens dehors et ce qui est arrivé à ‘‘Génèse’’ était fréquent pour beaucoup de joueurs. Mais il y a 10 ou 15 ans en arrière, ce n’était pas filmé et ça fait une sacrée différence. A mon avis, Bruno, qui est un vrai Lyonnais, ne pensait pas que ça pouvait aller aussi loin. Cette génération doit faire avec et elle s’interdit peut-être certaines choses. Les gars essaient de garder la même vie mais ça change forcément la donne. »

Des tags insultants au domicile de Claude Puel en 2011

Au point de devoir appliquer à la lettre la maxime rappelée par Jean-Michel Aulas juste après le cambriolage subi par Memphis Depay : « Pour vivre heureux, il faut vivre caché » ? « Je comprends ce qu’il a voulu dire mais je ne peux pas être d'accord, insiste Sidney Govou. Sinon, ça veut dire que vous acceptez le fait de ne pas pouvoir jouir de ce que vous avez gagné. Ça donne raison aux gens qui cambriolent ceux qui ont de l’argent. C’est assez symptomatique de la France, où la jalousie crée des tensions. »

Des tensions avec le public, personne n’en a autant vécu à l’OL que Claude Puel. Vivement insulté par le virage nord durant les matchs à Gerland lors de sa dernière saison au club (2010-2011), l’actuel entraîneur de Leicester a carrément retrouvé sa maison taguée dans le quartier de la Croix-Rousse, en mai 2011. Avec certains messages autrement plus violents que des « Puel démission ».

« J’espère que les joueurs actuels sortent moins que nous à l’époque »

« J’avais alors dit que c’était tout aussi inadmissible et horrible que ce qui s’est passé samedi pour ''Génèse'' mais la résonance est différente aujourd’hui », indique Sidney Govou. Un constat qui vaut aussi pour les cambriolages, quand on se souvient que « la Gove », Pjanic, Fred ou Lisandro en avaient aussi subi dans les années 2000, « mais il n’y avait qu’un petit encart dans la presse locale deux jours après ».

Les événements extra-football (et ultra médiatiques) du week-end rappellent bien à quel point les temps ont changé, à Lyon comme ailleurs. L’ancien international à la légendaire réputation de bringueur y va de sa dernière décla sur le sujet.

« Ce qui est sûr, c’est que Bernard Lacombe n’a plus besoin d’envoyer quelqu'un pour savoir où sont les joueurs les soirs. Je ne sais pas si les joueurs actuels se privent de soirées mais j’espère qu’ils sortent moins que nous à l’époque (rires). On a toujours dit que c’était surtout moi mais j’étais loin d’être le premier ! J’avais simplement ce défaut de ne pas me cacher. »

Car a priori, la maxime 2018 de JMA n’avait guère de portée sur la triomphante bande à Sidney Govou dans les années 2000.

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