VIDEO. OM-Atlético: «C’était notre tour»… Comment Antoine Griezmann a débloqué sa «lose» dans les finales

FOOTBALL Avec un doublé de patron, Antoine Griezmann a permis mercredi à l'Atlético de Madrid de remporter la Ligue Europa face à l'OM (3-0). Mine de rien, c'est le premier trophée majeur, à 27 ans, dans la carrière du meilleur attaquant français...

Jérémy Laugier

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Antoine Griezmann a enfin pu savourer mercredi le premier succès majeur de sa carrière professionnelle.
Antoine Griezmann a enfin pu savourer mercredi le premier succès majeur de sa carrière professionnelle. — BPI/Shutterstock/SIPA
  • Antoine Griezmann a maîtrisé à la perfection ses deux duels face à Steve Mandanda pour éteindre la bonne entame marseillaise mercredi (3-0).
  • Battu en finale de Ligue des champions puis de l’Euro en 2016, le natif de Mâcon a appris à être « clutch » durant cette finale de Ligue Europa au Parc OL.

Au Parc OL,

Aussitôt reçu son trophée de meilleur joueur de la finale de Ligue Europa (3-0 face à l’OM), Antoine Griezmann l’a soigneusement rangé dans sa boîte avec un sifflotement sentant bon le devoir accompli. OK, le garçon avait remporté l’Euro U19 en 2010, bien que blessé en finale (2-1 contre l’Espagne) et remplacé dès la mi-temps. OK, il avait soulevé la Supercoupe d’Espagne dès son arrivée en 2014 à l’Atlético, mais en vrai, ça reste le trophée le plus anecdotique qui soit dans chaque championnat.

Mercredi, il était donc temps pour Antoine Griezmann, à 27 ans, d’inverser la spirale de la lose après deux traumatisants revers en finale de Ligue des champions 2016 contre le Real Madrid (ah ce fameux péno sur la barre…) puis à l’Euro dans la foulée face au Portugal. C’est peu dire que le meilleur attaquant français a soigné sa première véritable conquête chez les grands. Appliqué, disponible et inspiré dans le jeu, il a en plus coulé Marseille avec deux finitions absolument cliniques (21e, 49e).

« Grizou » s’est parfaitement adapté à l’anticipation de Steve Mandanda

Et parfaitement réfléchies qui plus est à entendre l’intéressé : « Je crois que Steve Mandanda part un peu avant sur ma droite [sur le premier duel]. Parce qu’à l’entraînement en équipe de France, je termine toujours comme ça en la croisant. Je m’étais dit que si j’avais un face à face, cette fois, j’allais ouvrir mon pied parce qu’il me connaît ». Banco, le tir à ras de terre sans véritable puissance, mais diablement efficace, tel un penalty frappé plein axe, a totalement lancé une finale mal embarquée pour l’Atleti (1-0, 21e).

Un amour de ballon piqué devant son partenaire chez les Bleus plus tard (2-0, 49e) et la finale était pliée par le numéro 7 des Colchoneros, déjà ultra clutch lors de la demie aller contre Arsenal (1-1). « Il a été décisif et je pense qu’il doit être content d’être parmi nous », a glissé Diego Simeone dans une sortie mi-hommage, mi-influenceur chambreur au sujet de l’avenir incertain depuis un an et demi d’Antoine Griezmann à Madrid.

Un bonheur partagé avec Fernando Torres

« Ça faisait deux finales que je perdais, assume le meilleur joueur du dernier Euro. Je suis parti à 14 ans de chez moi pour gagner des titres et là, je me suis dit que c’était notre tour. » Le clin d’œil est plutôt cocasse : « Grizou » ado a parcouru plus de 800 bornes pour faire décoller son destin de footballeur à Saint-Sébastien (avec la Real Sociedad) mais il a touché sa première Coupe d’Europe à 70 km de son Mâcon natal. Dans un Parc OL où il s’était déjà distingué avec un doublé contre l’Irlande en 8es de finale de l’Euro 2016, Antoine Griezmann a peut-être débloqué quelque chose mercredi.

« J’ai essayé de ne pas trop penser à ce match, de ne pas le jouer avant l’heure. J’ai voulu me déconnecter du foot en jouant aux jeux vidéos avec des amis. » Comme quoi Fortnite ne lui inspire peut-être pas que sa nouvelle  célébration de but. Symbole du soir : « Grizou » a été remplacé à la 90e minute de jeu par Fernando Torres (34 ans). Ce dernier a attendu l’un de ses derniers matchs de sa dixième et ultime saison à l’Atleti pour remporter son premier trophée avec son club de cœur mercredi. Antoine Griezmann avait donc encore pas mal de marge avant d’être perçu comme un véritable loser par ses supporters.