«Si je n'avais pas eu le foot, je serais devenue une délinquante»... Marinette Pichon revient sur son enfance difficile
FOOTBALL•A l'occasion de la sortie de son livre « Ne jamais rien lâcher », l'ancienne star du foot féminin est revenue sur son enfance difficile...William Pereira
Onze ans après sa retraite, elle reste la meilleure buteuse de l’histoire de l’équipe de France, avec 81 réalisations en 112 matchs. Marinette Pichon est l’une des meilleures joueuses françaises de l’histoire, devenue une « icône » aux Etats-Unis, où elle a passé plusieurs années, entre Philadelphie et le New Jersey, rappelle L’Equipe.
A l’occasion de la sortie de son livre, Ne jamais rien lâcher (Éditions First), publié ce jeudi 5 avril, le quotidien revient avec elle sur une partie de son parcours que l’on ne connaissait et « son contexte familial extrêmement lourd », à savoir un père alcoolique, violent (condamné à dix ans de prison pour viol), « un taré, un frustré des sentiments », comme elle le définit dans l’interview.
« Choisis l’arbre dans lequel tu veux que je te mette »
« Je me rappelle quand je rentrais de mes matches, que j’avais marqué quatre ou cinq buts et que mon abruti de père me disait : "Ça ne fait pas de toi quelqu’un de bien." Ou que j’étais "une merde", "une conne". Ma mère, toujours là, me récupérait à la petite cuillère. Cela m’a nourrie parce que je ne voulais pas le laisser gagner. C’était lui ou moi. »
Avant de raconter cette anecdote surréaliste au retour d’un entraînement, où alors qu’il est au volant, il lui dit : « "Choisis l’arbre dans lequel tu veux que je te mette." J’avais seize ans. C’était son mode de fonctionnement : "J’ai ta vie entre mes mains et je peux te foutre en l’air." […] Je n’ai jamais perdu confiance car je n’en ai jamais eu. La construction familiale et le regard, malveillant, qui a été posé sur ma mère, ma sœur et moi, ont laissé des traces. Tu avances mais tu ne développes pas la même confiance qu’un enfant élevé par un père qui lui dit qu’il l’aime. Ce que n’a jamais fait mon père. Le seul moment où j’avais confiance, c’était sur un terrain. J’oubliais tout, c’était ma bouffée d’oxygène. »
C’est d’ailleurs ce qu’elle explique quelques lignes plus loin : le foot l’a en partie sauvé. « Si je n’avais pas eu le foot, je serais devenue une délinquante, une droguée. J’avais arrêté mes études, je ne servais à rien à la maison, qu’est-ce que j’avais de positif ? Le foot », conclut-elle.


















