«J’ai plus jamais entendu ça dans aucun stade d’Europe», un supporter raconte la folie du Parc des Princes lors de PSG-Real 93

FOOTBALL Peut-être l’ambiance la plus dingue de l’histoire de ce stade...

B.V.
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La folie au Parc des Princes
La folie au Parc des Princes — Montage 20minutes
  • Le PSG avait battu le Real Madrid en Coupe de l'UEFA en 1993 dans un Parc des Princes en fusion.
  • Un supporter présent au Parc ce soir-là vous raconte cette soirée mythique.

Pour l’immense majorité, le PSG-Real 93 est le symbole de l’un des plus beaux exploits du foot français de club. Le PSG de Weah et Ginola qui remonte sa défaite 3-1 à l’aller en quarts de finale de la Coupe UEFA contre l’immense Real Madrid avec un scénario dingue.

Pour ceux qui y étaient, c’est autre chose : le souvenir d’une soirée folle, d’une nuit d’éternité dans une ambiance mystique. Ce 18 mars 1993, le Parc des Princes s’est embrasé comme jamais. Vincent, supporter de 47 ans et abonné au Parc pendant près de quinze ans, nous raconte ce qu’il a vécu ce soir-là, quand il était « dans un état second ».

Vingt-cinq ans après, qu’est-ce qu’il te reste de ce 18 mars 1993 ?

Une chose dont je me souviens très très bien : le Parc, dans toute sa structure de béton qu’on aime tant, ondulait sous le poids de tous les gens qui sautaient. A partir de la 80e quand on a marqué notre deuxième but, y a eu un bordel dans le Parc, ça sautait tellement fort que le j’avais l’impression d’être sur un trampoline. C’était totalement fou. Moi, j’étais tout en haut de la tribune Boulogne. J’étais parisien depuis pas très longtemps, je bossais à Paris depuis 1992 et je ne venais pas au Parc depuis très longtemps. J’avais réussi à choper une place à la dernière minute.

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Comment tu expliques cette folie qui a pris le Parc des Princes ?

La dramatique du match ! (Entre la 80e et la 95e, le PSG a marqué le 2-0 puis le 3-0, le Real est revenu à 3-1 puis le PSG a marqué le but de la qualification à la dernière seconde). A la 80e, on ne menait que 1-0 et d’où d’un coup y a une pression qui est montée crescendo de la 81e à la 94e. J’ai plus jamais entendu ça dans aucun stade d’Europe, et pourtant j’en ai fait un paquet.

Le PSG bat le Real 4-1
Le PSG bat le Real 4-1 - Capture d'écran

Il n’y a plus eu de telles ambiances au Parc après ?

Jamais. A cette époque, le Parc des Princes était l’un des plus beaux stades d’Europe à l’exception d’un ou deux stades allemands et anglais. C’était le moment où Canal venait d’arriver, il n’y avait pas de problèmes entre les tribunes Auteuil et Boulogne : ça se répondait de la première à la dernière minute. Il y avait une vraie belle dynamique sportive aussi : on commençait à regagner en championnat et à gagner en Coupe d’Europe, il y avait une belle équipe avec des joueurs de caractères comme Sassus, Colleter, Guérin… Ça mettait le pied ! Des caractères, ça plaît toujours au public. On s’éclatait au Parc. Et ce soir-là, on a fait trembler la structure en béton.

C’est ton plus beau souvenir de foot ?

Parmi les plus beaux oui, vu l’ambiance. Un stade, c’est une contagion d’ambiance et à ce moment-là, les deux c (h) œurs du Parc c’était les Ultras à gauche et à droite, et au milieu c’était beaucoup plus pépère. Mais quand ça démarrait, t’étais pris par la contagion des latérales et il y a eu quelques matchs durant lesquels tout le Parc basculait en folie complète. Je me souviens de PSG-OM où l’on approchait de ces ambiances-là.

Quelle était l’ambiance avant le match ? Parfois, on sent des choses dans l’air, dans le regard des gens, on sait qu’il va se passer quelque chose…

Je n’ai pas particulièrement de souvenir du début de la rencontre. C’était surtout ça contre Bucarest (en 1997) : il y avait un feu sacré le début du match. Dès le lendemain de la décision de l’UEFA de nous faire perdre sur tapis vert, on avait tous les nerfs en se disant « on va leur marcher dessus au retour ». Le Parc était en fusion dès le coup d’envoi. Mais contre le Real, ça a mis du temps. Il y avait de la tension, et puis c’était le Real, on avait largement perdu à l’aller… Il y avait un espoir, mais aussi du stress. C’est sans doute pour ça que les dix dernières minutes ont été si folles. Toute la tension s’est libérée d’un coup, sur but de Ginola (81e). Pour dire la vérité, ces dernières minutes, je ne m’en souviens pas vraiment. J’étais dans un état second. Sur la tête de Kombouaré, on a fait la vague (mouvement de foule où tout le monde descend du haut vers le bas de la tribune). J’étais dans les dernières rangées de Boulogne, et je me souviens avoir été porté par le flux par-dessus des gens. C’était un truc incroyable.