Coupe de France: Avec les fortes pluies, comment les jardiniers bichonnent-ils la Meinau avant Strasbourg-Lille?

FOOTBALL Depuis des semaines, l'Alsace subit de fortes précipitations. Et la pelouse du stade de la Meinau, gorgée d'eau contre Dijon cinq jours plus tôt, s'apprête à recevoir Lille en Coupe de France ce jeudi (21h)...

Bruno Poussard

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Contre Dijon en Ligue (3-2), les Strasbourgeois ont joué sur une pelouse détrempée cinq jours avant la réception de Lille en Coupe de France.
Contre Dijon en Ligue (3-2), les Strasbourgeois ont joué sur une pelouse détrempée cinq jours avant la réception de Lille en Coupe de France. — Patrick Herzog / AFP.
  • Avec les fortes intempéries de ces dernières semaines en Alsace, la vieille pelouse du stade de la Meinau a du mal à dégorger.
  • Mais les jardiniers de l'entreprise en charge sont à pied d'oeuvre avant la réception de Lille en Coupe de France ce jeudi (21h)

L’accalmie ne fait pas de mal, depuis ce mardi. Tandis que le Rhin a entamé sa décrue, la pelouse du stade de la Meinau en profite, elle, pour dégorger. Pas malvenu cinq jours après un Dijon-Strasbourg (3-2) joué dans des flaques d’eau… La faute à des conditions pluviométriques plutôt exceptionnelles depuis des semaines en Alsace.

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Lorsque tombent des trombes d’eau, les jardiniers ont peu de recettes miracles. Mais, bottes au pied, cinq spécialistes sont à pied d’œuvre à la Meinau avant la réception de Lille en Coupe de France ce jeudi (21h). Patron de la société Racing Espace Vert chargée du terrain strasbourgeois, Denis Hindenbrand rassure :

« Ce ne sera pas forcément beau au niveau des couleurs car les arrachements (de pelouse) ont créé des taches brunes, mais le terrain sera plat. Les températures de ces derniers jours aident aussi le terrain à sécher un peu. »

 

Des petits trous pour aider l’eau à s’écouler

Lorsque le terrain n’absorbe quasiment plus et que la nappe phréatique est remontée, l’écoulement de l’eau de fortes pluies prend du temps. Pour l’accélérer, les jardiniers peuvent surtout percer de petits trous. Tout en tentant les remettre en place et recoller les morceaux de terrain impactés contre Dijon. Le tout le plus manuellement possible.

« Les travaux en profondeur sont faits bien plus tôt, avant l’hiver, prolonge Denis Hildenbrand, par ailleurs président du FC Still, petit poucet de la Coupe sorti au tour précédent. Pas question de monter des engins sur la pelouse en ce moment. Pour la tonte et les dessins de tonte par exemple, on sort seulement de petites tondeuses. »

De l’engrais et du sable à la faveur de l’accalmie

Au nord de l’agglomération strasbourgeoise, les jardiniers du stade de SC Schiltigheim (National 3) ont profité de l’accalmie pour mettre de l’engrais et du sable de rivière pour bichonner leur pelouse - gorgée d’eau - après avoir mis des coups de couteau afin de tenter de l’aérer. En attendant de remettre le terrain à plat avant le prochain match.

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« Mais au moment où il pleut, ce n’est pas la peine », complète Eric Thomas, le responsable du stade. Après une rencontre annulée ce samedi 20 janvier et deux déplacements à venir, la formation alsacienne devrait retrouver son terrain le 10 février. D’ici là, le Racing club de Strasbourg aura lui disputé deux matches à la Meinau.

Une pelouse de la Meinau jugée vieillissante par les jardiniers

Sur une pelouse vieillissante, selon Denis Hildenbrand : « Le stade a été construit en 84 et son terrain n’a connu qu’une rénovation de sa structure de drainage 15 ans après. C’est un vieux stade. Et l’eau ne trouve plus son chemin pour s’écouler. Je pense que ville finira par faire un effort, peut-être avec une structure hybride… »

« Quoi qu’il en soit, les 290 millimètres tombés depuis le 1er décembre ont un côté extraordinaire en Alsace. Sous une telle météo, même un terrain neuf (en surface naturelle) aurait souffert. »

Sur les 400 terrains entretenus par sa société dans l’est du pays (de foot ou de golf, entre autres), seule une dizaine serait praticable par ce temps. « Je connais les qualités de mes hommes, mais on ne s’appelle pas Dieu », embraye Denis Hildenbrand.

Son métier est toujours plus simple quand l’air et le soleil sont au rendez-vous afin d’oxygéner les pelouses. Mais ce jeudi soir, ils seront néanmoins une bonne douzaine, avec les renforts, à se préoccuper de la tenue de la pelouse de la Meinau face à Lille.