Strasbourg-PSG: Comment le Racing a réussi à torcher l'ogre parisien

FOOTBALL Strasbourg a réalisé l'exploit d'infliger sa première défaite de la saison à Paris, au stade de la Meinau samedi…

Alexia Ighirri

— 

Strasbourg-PSG: Comment le Racing a réussi à torcher l'ogre parisien
Strasbourg-PSG: Comment le Racing a réussi à torcher l'ogre parisien — Frederick FLORIN / AFP
  • Strasbourg accueillait le PSG samedi au stade de la Meinau pour la 16e journée de Ligue 1.
  • Le Racing a réalisé l’exploit et a infligé sa première défaite à Paris (2-1).

La veille du match contre le PSG, le coach strasbourgeois pensait n’avoir qu’une solution pour battre les Parisiens samedi : « Leur payer du vin chaud quand ils arrivent et qu'ils soient un peu torchés… ». On ne sait pas si l’effectif parisien avait un peu trop forcé sur l’alcool, mais Thierry Laurey a bien trouvé le moyen d’infliger à Paris sa première défaite de la saison.

En ayant même le temps de lever les bras pour inviter le public à faire plus de bruit en plein match. Laurey l’ambianceur. Pendant ce temps-là, ses hommes faisaient le boulot sur la pelouse. Voilà comment Strasbourg a signé un exploit majuscule.

>> A lire aussi: Les Parisiens et leur défense en mousse battus à la Meinau... Strasbourg-PSG à revivre en direct

De l’efficacité. Strasbourg samedi, c’était deux tirs, deux buts. Signés Da Costa et Bahoken. Simple, basique. « Les Parisiens n’ont pas été trop efficaces, nous oui. Les rares occasions, on les a mises au fond, résume ce dernier. Je pense qu’on a été 100 % efficaces dans les deux zones ». Le coach Thierry Laurey souligne toutefois : « On n’a pas eu beaucoup d’occasions, mais on a aussi mal négocié certains coups en contre ».

De l’envie. « De l’abnégation », « de l’envie », « de la solidarité »… A chaque Racingmen son terme. Mais c’est peut-être le gardien Alexandre Oukidja qui en parle le mieux :

« On a voulu essayer de faire chuter le grand champion. C’est une grosse fierté que cela arrive dans notre stade de la Meinau. Contre Caen on n’a pas montré un beau jeu. On voulait vraiment se défoncer pour les supporters. On sait qu’on a donné beaucoup de bonheur aux gens ce soir. »

Traduction sur le terrain : un sacré engagement de la part des « ptits bleus ». Pas de quoi surprendre le coach parisien Unai Emery : « C’est toujours le cas quand on joue à l’extérieur. Et les supporters ont joué leur rôle aussi. » Son homologue strasbourgeois pouvait être fier : « Les garçons ont fait un grand match, ils se sont battus comme des lions » Oukidja poursuit : « On a été des guerriers ce soir. Contre cette équipe-là, il faut de l’impact physique : si on leur laisse le ballon, ils font ce qu’ils veulent avec. On l’a vu sur certaines séquences ce soir ».

Du jeu. Bon ok, le Racing, ce n’était pas le Brésil. Dans le camp parisien non plus d’ailleurs, même si le PSG a dominé.. Mais, le jeu n’était pas fermé, avec un 4-3-3 affiché au moment des compos', glissant en 4-5-1 en défense. « Quand on met une équipe en place, c’est pour emmerder l’adversaire. On a vu ce qu'a fait Troyes au Parc, c’était pas mal et on a essayé de s’en inspirer. » Le coach alsacien, agacé, a demandé un peu plus de reconnaissance :

« C’est fou ça, quand Strasbourg bat Paris on dit que c’est Paris qui est nul. Non mais vous savez que la semaine on bosse, nous, non ? Reconnaissez au moins qu’on s’est arrachés. Si Paris a jeté de longs ballons devant, on y est aussi un peu pour quelque chose hein ! »

En tout cas, le club alsacien n’avait pas garé un gros bus devant ses cages. « Non. Avec Kadou et Bako (Mangane et Koné, pour ceux qui n’ont pas leur ticket d’entrée au vestiaire), on s’était dit de bien défendre au-dessus de la ligne des 16 mètres pour me laisser intervenir s’il y avait des centres. On a bien géré ça. »

De la réussite. Ça fait aussi partie du jeu. Et, un moment, on s’est dit qu’il ne pouvait pas arriver grand-chose à ce Racing face à ce PSG. Oukidja opine du chef, vantant le « travail d’équipe ». Entré en cours de jeu après une sortie sur blessure du gardien titulaire Bingourou Kamara, sans échauffement sur un corner, il aura été décisif en fin de match. Ce dernier pourra, lui, remercier son poteau : avant la mi-temps, sur une frappe de Pastore, la balle touche le bois et surprend le goal en lui retombant dans les mains alors qu’il n’avait pas bougé. Illustration que la réussite était du côté du Racing.

Une prime à l’arrivée ? Qui dit exploit dit récompense. Non ? A défaut d’avoir croisé Marc Keller, le président du Racing, pour savoir s’il a prévu de sortir le chéquier, on a sondé les joueurs. Nuno Da Costa se pince les lèvres : « Je sais pas ». Petit indice avec l’autre buteur de la soirée : « Secret du vestiaire (Rires). Mais tout le monde sourit, donc voilà ! »