Bulgarie-France: Sinon, c’est quand que les Bleus apprennent à tuer un match ?

FOOTBALL Dominatrice en première mi-temps, la France a été incapable de s’assurer un match facile malgré l’ouverture du score précoce de Matuidi (3e)…

Julien Laloye

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Jolie demi-volée, mais c'est à côté.
Jolie demi-volée, mais c'est à côté. — AP/SIPA
  • Les Bleus ont les meilleures attaquants du monde mais ratent beaucoup trop d'occasions
  • Il faudra être plus tueur pour s'épargner un stress superflu mardi contre la Biélorussie

De notre envoyé spécial à Sofia,

Il n’y a plus que trois lettres qui séparent les Bleus de la Russie, mais l’inquiétude ne vient pas vraiment de la Biélorussie elle-même, boutée hors de la course à la qualification depuis longtemps. Les Bleus n’ont en effet besoin de personne pour rendre nos vies beaucoup trop stressantes. On a beau leur dire que cela augmente les risques de malaise cardio-vasculaire, y compris chez les ascètes au corps d’Apollon comme nous, c’est comme si on urinait dans une contrebasse. Les Bleus ne savent pas plier un match. Poutant, ça ne pouvait pas mieux démarrer ce coup-ci. Un but à la troisième minute, fort joli qui plus est, tout était réuni pour passer une soirée tranquille. Et puis non.

« Ça fait plusieurs fois qu’on n’arrive pas à tuer le match»

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L’attaque française a d’abord gâché bien comme il faut avant de disparaître après le repos. Houdini n’aurait pas fait mieux. Remarquez, au moins cette fois on a marqué, pas comme contre le Luxembourg… où contre la Biélorussie à l’aller. « Ça fait plusieurs fois qu’on n’arrive pas à tuer le match, ça pourrait nous causer des problèmes, reconnaît Matuidi. Je pense aussi qu’il faut qu’on travaille là-dessus, avoir cet esprit un peu plus tueur ». C’est un constat trop récurrent pour être ignoré. La France est incapable de profiter de ses temps forts pour envoyer l’adversaire au dodo avant que ce dernier ne se dise qu’il peut gratter la deuxième mi-temps, tant qu’à faire.

Quatre occasions de s'épargne une tension artérielle trop élevée

Avant de souffrir comme du bétail à Sofia, les Bleus ont eu quatre occasions relativement nettes de s’épargner une tension artérielle trop élevée. Par ordre de difficulté :

  • Une frappe de Mbappé trop enlevée à dix mètres après un bon crochet sur la défense
  • Un contre mal terminé par Mbappé alors qu’il y avait du monde dans l’axe (frappe sur le gardien)
  • Un manque de « promptitude » (dixit DD) de Lacazette après un contre-favorable qui lui offrait presque un face-à-face avec le gardien
  • Une demi-volée de Griezmann trop croisée alors qu’il a eu tout le temps d’armer

 

Cela arrive ? Cela arrive, et n’importe quel coach nous répondra, que l’important, vous savez, « c’est de se procurer des occasions ». Entendu. Mais se retrouver à la merci d’un bon corner bulgare ou d’un contre luxembourgeois quand on aligne peut-être la meilleure attaque du monde en qualité comme en quantité, est-ce bien raisonnable ? Cela n’a pas l’air de gêner Antoine Griezmann, en tout cas.

- Vous vous êtes trouvés comment dans cette ligne offensive de trois ?

- On aurait pu mettre un deuxième, avec le ballon on n’était pas bien

- Comment expliquez-vous avoir créé aussi peu de jeu ?

- Bonne question, je ne sais pas, peut-être que ce n’était pas notre jour.

Un peu de légèreté

Cela vaut ce que ça vaut, et si ça trouve, le Madrilène pensait à autre chose. Mais sa réponse dit quelque chose de la légèreté avec laquelle les Tricolores traitent la chose, parfois. Ils font comme si ça allait venir, et ça ne vient jamais. Ou du moins pas toujours. On exagère ? Rappelez-vous la finale de l’Euro contre le Portugal. Une domination certaine, des occasions, et une immense déception au bout. Pour cette fois, c’est passé, mais sans un sauvetage d’Umtiti à la fin et une parade miraculeuse de Lloris devant Kostadinov, on serait déjà en train de prier pour éviter l’Italie en barrages.

Le gardien et capitaine des Bleus semble bien conscient du problème, lui. « On avait des situations pour se mettre à l’abri, mais on n’a pas su le faire. Les Biélorusses vont venir sans pression, ils vont jouer libérés. Il faudra attaquer le match avec détermination et se mettre à l’abri le plutôt possible et ne pas revivre un scénario comme le Luxembourg où on laisse traîner, où les minutes passent et où le but devient de plus en plus petit ». C’est même une question de santé publique. Pensez à nos petits cœurs, scrogneugneu.