Equipe de France: Umtiti patron de la défense française, c’est pour quand?

FOOTBALL Excellent avec Barcelone, l’ancien lyonnais reste troisième dans la hiérarchie des défenseurs centraux tricolores. Pour l’instant…

Julien Laloye

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Samuel Umtiti lors du match France Islande (5-2)
Samuel Umtiti lors du match France Islande (5-2) — CIAMBELLI/SIPA

Avec lui, l’évidence met toujours un peu de temps à se concrétiser. Mais faites-nous confiance, Samuel Umtiti taulier de la défense tricolore, c’est pour tout bientôt et c’est un connaisseur qui vous le dit. Un connaisseur qui écrivait ça fin juin, quand la France se demandait qui choisir entre Mangala et Umtiti pour remplacer Rami en quarts de finale de l’Euro :

« Si c’est bien Umtiti qui joue dimanche et que le Lyonnais est à son niveau, Deschamps n’osera plus le sortir de l’équipe jusqu’à la fin ».

BIM. Viens nous chercher Nostradamus. On aurait pu écrire la même chose avant son arrivée au Barça, d’ailleurs. Samuel, l’essayer, c’est l’adopter. Bien sûr, les médias du coin étaient sceptiques, au moins autant que les suiveurs habituels. Un type de 22 piges qui joue avec Baky Koné et qui coûte 25 millions, ça pue le blanchiment d’argent et le flop intersidéral, une « Chygrinskiy », comme on l’appelle en Catalogne.

Et puis Umtiti a joué. Un match. Puis deux. Puis trois. Puis tout le temps. « Ouais Ok, mais c’est parce que Piqué est pété », répondront les esprits chagrins. Ce n’est pas l’avis des supporters locaux, tombés sous le charme de l’ancien lyonnais. Sartre avait l’existentialisme, Umtiti a fait plus fort encore avec « l’umtitisme », un hashtag qui cartonne sur twitter.

Le mec est tellement fort qu’il a eu droit à son photomontage perso, son visage avec la chevelure de Puyol, popularisé par un Neymar mort de rire. C’est le plus beau compliment qu’on pouvait faire à « Big Sam ». Depuis le départ du meilleur défenseur de l’histoire du club, le Barça a dépensé des sommes folles dans le secteur, sans jamais réussir à trouver son gars sûr. Tous les remplaçants potentiels n’ont pas été aussi inutiles que Vermelaen, mais aucun n’a séduit autant qu’Umtiti, presque surpris de son succès.

« Je pense que c’est d’abord parce que je suis performant. La façon de jouer est totalement différente de mon ancien club. Il a fallu que je regarde les vidéos pour vite m’adapter à leur système de jeu. Ça doit être ça qui fait que les supporters m’apprécient. C’est vrai que parfois j’ai été surpris d’être applaudi aussi fort quand on citait mon nom. »

Le garçon est modeste. Tout le monde en interne est absolument bluffé par son niveau de jeu. Ricard Fernandez, directeur sportif du club, dans El Pais : « Son adaptation a été rapide, peut-être trop, ce qui a entraîné quelques craintes. On sait que c’est très dur de défendre au Barça puisqu’il y a beaucoup d’espaces dans le dos et que le risque est très grand. Mais Samuel a de telles qualités qu’elles lui permettent de résister à la pression ». Facile à dire après, évidemment. Umtiti n’était qu’un choix par défaut dans la liste de shopping du Barça l’été dernier, mais à force de prendre des râteaux (Marquinhos, Hummels), le champion d’Espagne a préféré assurer le coup.

Un peu comme pour DD finalement. A l’automne 2015, le sélectionneur prenait le joueur pour un rigolo. Au printemps, il l’intégrait la liste des réservistes, avant de le faire passer derrière un Rami sorti de nulle part. A l’été, il l’envoyait au feu contre l’Allemagne et le Portugal aux côtés de Koscielny. Depuis, le duo a été démantelé pour faire de la place à Raphaël Varane. Mais nos dons de voyance avérés nous font dire que l’affaire n’est pas gagnée pour le Madrilène.

  • Umtiti a déjà (presque) gagné sa place dans le meilleur club du monde, où il va progresser à une vitesse folle (rien qu’à l’entraînement, imaginez le truc)
  • Varane, lui, a déjà la chance de jouer dans un club immense, et il donne l’impression de faire du surplace
  • Pepe et Ramos ne vont pas tarder à revenir, et ce sont eux qui forment la meilleure charnière du Real depuis cinq ans.

On pourrait ajouter, même si c’est salaud, que les deux ont eu leur chance contre la meilleure équipe du monde dans un match décisif, et qu’on a vu la différence, quelque part. Varane a lâché Hummels au marquage, Umtiti a été monstrueux… pour sa 2e sélection internationale. Contre la Suède, ça ne bougera pas. Varane et Koscielny, convaincants par ailleurs la dernière fois, partent avec de l’avance.

Mais Deschamps dit beaucoup trop de bien d’Umtiti pour que ça dure. « Il a fait un très bon début de saison même s’il a été embêté par une blessure dans un club où il y a une grosse concurrence. Il est performant dans son registre, il est rassurant. Sans offenser Lyon, le faire au Barça, ça prend plus d’ampleur et de valeur ». Allez, en mars, c’est réglé. #Umtititulaire.