Ligue 1: Qui se cache derrière l’entourage d'Hatem Ben Arfa ?

FOOTBALL Enquête au cœur de la galaxie de l’attaquant parisien…

Julien Laloye

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Hatem Ben Arfa bien accompagné lors du festival de Cannes.
Hatem Ben Arfa bien accompagné lors du festival de Cannes. — GUILLAUME COLLET/SIPA

On l’a beaucoup entendu en septembre, quand Hatem Ben Arfa s’était vu conseillé de revoir son éthique de travail pour retrouver une place de groupe parisien. Depuis, il se fait plus discret, réclamant simplement un temps de jeu un peu plus important pour son protégé, « au moins une mi-temps pour prouver montrer ce qu’il peut apporter au PSG, et pas juste dix minutes par-ci par-là ». « Il », c’est bien sûr « l’entourage de l’international français », comme on peut le lire chez les collègues bien informés. Souvent une figure de style pour évoquer l’agent, le conseiller, ou le meilleur pote du gars en question.

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Dans le dossier Ben Arfa, le premier nom à connaître est celui de Michel Ouazine, conseiller au sens large de l’ancien niçois. Avec lui, c’est toujours à la bonne franquette. Capable de parler foot pendant des heures pour le plaisir, avec la petite anecdote qui va bien à placer dans l’article. La dernière ? « On a passé une soirée avec Cantona à parler de tout et de rien, c’était très sympa. Eric l’adore, et il n’est pas le seul. Hatem reçoit plein de messages de soutien. » Sur la relation particulière qui l’unit à Ben Arfa, Ouazine est moins disert. On connaît l’histoire : il était voisin de la famille à Châtenay-Malabry et le talent du gamin l’a subjugué au point de laisser tomber sa carrière de journaliste.

La galaxie Hatem Ben Arfa.
La galaxie Hatem Ben Arfa. - 20 minutes/Sofiane Bahala

Serge Anger, compagnon des dernières années aux Miroirs du football, le mensuel de gauche qui a connu ses heures de gloire dans les années 70, raconte : « Le petit vivait dans un univers familial très nerveux, il avait besoin d’un cadre. Michel a pris son destin en mains, il est devenu son père de substitution, en quelque sorte ». Le couple a ses détracteurs, évidemment.

 

Exemple, sa signature au PSG, alors que Séville lui faisait les yeux doux avant de se rabattre sur Nasri. « Ce n’est pas moi qui l’ai poussé vers le PSG, s’agace Ouazine. C’est lui qui décide, et je peux vous assurer qu’il ne regrette rien. Il sait que ça va marcher. » Précision importante : ce n’est pas Ouazine qui négocie les contrats d’Hatem Ben Arfa, mais l’avocat Jean-Jacques Bertrand, monté au front quand l’attaquant lyonnais avait été empêché de rejoindre Nice par la Fifa en janvier 2015.

Jean-Claude Dassier, interlocuteur régulier du clan Ben Arfa à Marseille, en garde un souvenir positif : « Je n’avais pas à me mêler de la vie hors terrain d’Hatem, mais ce que je peux dire, c’est que Michel a toujours essayé de tempérer ses ardeurs et qu’on a travaillé ensemble pour améliorer sa relation avec Deschamps qui n’était pas bonne. Après, le jour où Hatem a tout envoyé balader sur mon bureau, personne n’a pu le retenir. Il suivait son propre chemin. »

De fait, Ben Arfa, aime multiplier les centres d’intérêt et les rencontres. A Paris, il est resté proche de certains amis d’enfance, qui l’ont aidé à se refaire la cerise dans les urbans d’Ile-de-France lors de longue période d’inactivité. A Nice, le courant est très vite passé avec l’agence de communication Dona Pr, à l’origine de sa montée des marches au dernier festival de Cannes aux bras d’une sublime créature. « On avait rencontré Hatem dans le cadre d’une opération avec le club. C’est lui qui est venu vers nous, on s’est tout de suite bien entendus, explique-t-on sur place. Il était très curieux de ce qu’on pouvait lui proposer, il avait envie d’élargir son image, d’aller chercher plus loin que les supporters de foot. D’où cette idée de monter les marches. Denisot n’était pas au courant, ça a fait un carton. »

Hatem Ben arfa bien accompagné lors du festival de Cannes.
Hatem Ben arfa bien accompagné lors du festival de Cannes. - GUILLAUME COLLET/SIPA

Un avertissement intéressant avant de raccrocher : « Vous voulez raconter quoi sur lui exactement ? Parce que nous, on l’aime beaucoup Hatem, on espère que ça va vite rentrer dans l’ordre à Paris » C’est un autre aspect du clan Ben Arfa. Des admirateurs de son talent, bien sûr, mais aussi des gens séduits par l’homme, sa fraîcheur, sa gentillesse, son intelligence. Bruno Sevaistre avait filmé un très jeune homme à Clairefontaine au début des années 2000. Il l’a retrouvé des années plus tard et est entré naturellement dans son cercle, préparant même un film sur lui. « Je me sens un peu responsable de toute cette surmédiatisation autour d’Hatem et des conséquences que cela a pu avoir sur sa carrière, confiait le réalisateur à 20 Minutes en 2014. Ce film, c’est une manière d’équilibrer la balance. »

En attendant le produit fini, Sevaistre gère la communication de l’ancien lyonnais. La vidéo instagram retraçant l’épisode du classico sur fond de vidéo en résolution de console 8 bits, c’est lui, même s’il refuse de s’exprimer pour le moment. « Peut-être plus tard dans la saison, le terrain décidera » nous a-t-il assuré. Même retenue chez Pierre Maroselli, le magnétothérapeute dont la collaboration avec Ben Arfa a surpris beaucoup de monde. Le spécialiste travaille pourtant avec de nombreux footballeurs de L1 depuis longtemps. Si Claude Puel ne fait pas partie de ce premier cercle, le manager de Southampton est le seul entraîneur à avoir gardé des liens d’amitié avec l’attaquant. Cela semble plus mal parti concernant Unai Emery.