Equipe de France: Faut arrêter avec la Bulgarie, le vrai scandale en 93 c’est France-Israël

FOOTBALL Un mois avant ce fameux 17 novembre 1993, les Bleus perdaient contre Israël au Parc des Princes…

Nicolas Camus

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L'Israélien Harazi a inscrit le premier des trois buts de son équipe face à la France (2-3), le 13 octobre 1993.
L'Israélien Harazi a inscrit le premier des trois buts de son équipe face à la France (2-3), le 13 octobre 1993. — JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP

France-Bulgarie, 23 ans après, épisode 2/3

France-Bulgarie par ci, David Ginola « assassin » par là… De cette catastrophique fin d’année 1993 pour l’équipe de France, l’histoire ne retient que le but à la dernière seconde de Kostadinov. Il est vrai que la scène de crime était parfaite pour marquer les mémoires de manière indélébile. Mais c’est un peu vite oublier, tout de même, que les Bleus auraient déjà dû être qualifiés au coup d’envoi de cette rencontre. Un mois avant ce fameux 17 novembre, ils perdaient contre Israël au Parc (2-3) à cause de dix dernières minutes complètement ratées. Et (surtout ?) d’une préparation de match façon Club Med. Le vrai scandale de la non-qualification pour le Mondial américain se situe bien là.

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A l’époque, la sélection israélienne, tout juste arrivée dans le giron de l’UEFA, n’était pas plus forte que celle d’aujourd’hui - ou déjà aussi nulle, on vous laisse tourner ça comme vous voulez. A ce point là ? Tout à fait. Quand elle débarque au Parc, l’équipe de Ronny Rosenthal (le seul joueur connu) reste sur un an et demi et 17 matchs sans la moindre victoire. Même contre la Finlande. Et pour vraiment bien se rendre compte à quel point on a touché le fond ce soir-là, voilà deux-trois autres petites stats.

  • La France n’avait plus pris trois buts en match officiel depuis 33 ans.
  • Elle n’avait plus perdu au Parc depuis 6 ans.
  • Israël n’avait plus marqué trois buts à l’extérieur depuis 19 ans.
     

Inutile de dire que côté français, on est plutôt confiant avant la rencontre. Une victoire et à nous les States. Même un nul peut suffire si Suédois et Bulgares se ratent, c’est dire.

 

 

C’est à peine si on ne parle pas anglais à la cantine de Clairefontaine histoire de prendre un peu d’avance. L’occasion de déterrer ce magnifique reportage de Stade 2.

Au Parc, c’est pire. La Fédé a collé des bannières étoilées dans le vestiaire et prévoit d’ambiancer le public avec « L’Amérique » de Joe Dassin à la mi-temps. Problème: sur le terrain, les Bleus font n’importe quoi. Surtout en défense. Les Israéliens ouvrent le score au terme d’une action qui commence par un dégagement foireux de Desailly en touche et se termine par une démonstration d’air-marquage de Blanc, Petit et Le Guen.

La suite est plus convaincante. Sauzée égalise, Ginola donne l’avantage aux Français d’une magnifique frappe en pleine lucarne. On respire. Mais Papin, qui se fait siffler tout le match même s’il ne joue plus à l’OM, rate la balle de 3-1. Le début du drame.

Berkovitch marque au milieu d’une défense complètement dépassée (83e), les Bleus se liquéfient et se font punir à la 93e minute. La future charnière championne du monde Blanc-Desailly laisse poliment passer Rosenthal, qui centre. Personne ne se jette à la retombée… sauf Atar, qui déboule et loge le ballon dans la lucarne de Lama. Rideau. Dommage, le champagne était au frais depuis quelques heures déjà.

Lorsque l'on avait évoqué avec lui France-Bulgarie en 2013 «pour les 20 ans», Reynald Pedros s'était interrogé: «Est-ce que l’anomalie ce n’était pas plutôt de perdre contre Israël, un mois avant, au Parc des Princes?». Tout est dans la rhétorique. Pour résumer la catastrophe, Michel Platini aura lui ces mots, retrouvés par Le Figaro

 

 

Le plus grave peut-être dans cette histoire, c’est que l’après-match ne sera pas mieux géré que la préparation. La boîte de nuit parisienne préalablement réservée verra quand même les battus du jour se mettre bien sur la piste de danse. Pas grave, il y a la Bulgarie dans un mois. « Cette fois on est solide dans les dernières minutes, hein les gars ? »…