Fifa: Pourquoi le TAS a jugé que l'histoire du «contrat oral» de Platini n'était pas crédible

FOOTBALL Un « dirigeant expérimenté » comme lui aurait dû savoir qu’il fallait coucher ce type d’accord sur papier, selon le Tribunal arbitral du sport…

N.C.
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Michel Platini, le 11 juin 2014, à Sao Paulo
Michel Platini, le 11 juin 2014, à Sao Paulo — FABRICE COFFRINI AFP

On en sait plus sur les motivations qui ont poussé le Tribunal arbitral du sport (TAS) à ne pas annuler la suspension de Michel Platini de toutes fonctions liées au football, en mai dernier. Le dirigeant français, mis en cause par un versement de 1,8 million d’euros reçu en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002 auprès de Joseph Blatter, espérait être blanchi en appel, mais sa suspension avait été réduite de six à quatre ans.

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Le TAS a publié mardi le compte rendu de sa délibération. On y apprend que l’instance n’a pas cru à la défense de l’ancien président de l’UEFA, qui affirmait qu’il existait un « contrat oral » avec l’ex-dirigeant de la Fifa. « Aucun élément de preuve contemporain à la conclusion de l’accord oral ne démontre que M. Blatter et M. Platini auraient effectivement convenu, de manière contraignante, que la FIFA allait engager l’Appelant en tant que conseiller technique pour un montant 1.000.000 de francs suisses, est-il écrit. À titre d’exemple, il n’existe aucun échange écrit entre les parties datant de l’époque, qui se référerait à la conclusion de l’accord oral. »

Le TAS a bien entendu les arguments de Platini et Blatter, mais ils ne suffisent pas à constituer une preuve. « Le seul fait qu’ils indiquent tous deux avoir conclu l’Accord oral n’est pas suffisant, aux yeux de la Formation, pour retenir l’existence de celui-ci. En effet, étant tous deux incriminés dans des procédures pénales et disciplinaires, il est dans leur intérêt de présenter une version concordante des faits », explique l’instance.

Un dernier espoir avec la justice civile suisse

Enfin, les juges chargent Michel Platini, coupable selon eux de négligence. « Au moment des faits, en 1998-1999 (…), il était un dirigeant expérimenté dans le domaine du football, qui devait savoir qu’un contrat de l’importance de celui qu’il prétend avoir conclu devait être couché sur papier, estime le TAS. L’appelant a d’ailleurs lui-même admis, lors de l’audience devant le TAS, qu’un contrat oral tel celui qu’il prétend avoir conclu avec M. Blatter, ne serait pas admissible à l’UEFA, dont il est le président. Ceci démontre encore l’invraisemblance de l’accord oral. »

L’Equipe de mercredi précise que l’ancien sélectionneur des Bleus n’a pas abandonné le combat. Il va se tourner vers la justice civile suisse. Sa suspension de quatre ans l’empêche en effet de travailler, « ce qui est contraire au droit helvétique », estime son entourage, cité par le quotidien.