Ligue 1: Girard, Ripoll, Passi, Genesio... Qui sera le premier coach à sauter?
FOOTBALL•«20 Minutes» s'est penché sur l'avenir de quatre techniciens du championnat...J.G., C.L., J.L., D.P.
Il n’est jamais trop tôt pour poser les vraies questions. Après cinq journées de , les premières tendances commencent à se dessiner, on a tous déjà notre petit protégé que l’on voit « faire-une-énorme-saison-c’est sûr-attends-je-connais-le-foot » et notre petite idée sur le grand gagnant .
Pour les éternels cyniques que nous sommes, c’est évidemment ce dernier point qui est le plus tentant à explorer. Au terme d’une rude sélection, quatre noms se dégagent parmi les favoris : Sylvain Ripoll (Lorient), René Girard (Nantes), et Bruno Génésio (Lyon). Pourquoi eux ? A quel point sont-ils menacés ? On essaie d’y voir plus clair.
Lorient : Sylvain Ripoll, 20e (une victoire, quatre défaites)
Comment il en est arrivé là
Une fin de saison 2015-2016 médiocre (trois défaites sur les quatre dernières journées), des rencontres de préparation peu rassurantes (trois nuls, trois revers), une entame de championnat catastrophique (quatre matchs, autant de déroutes)… Prolongé l’hiver dernier jusqu’en 2019, a poussé un grand ouf de soulagement après la victoire contre Lille (1-0), le 17 septembre. « Ça fait du bien », déclarait l’entraîneur breton, pas non plus épargné par les coups du sort.
Pourquoi ça ne marche pas
Avant les expulsions de Didier Ndong et Benjamin Jeannot contre Bastia (0-3, le 20 août), il y eut le déplacement à Caen, où son équipe menait 0-2 au bout de 20 minutes. « Ils maîtrisaient les débats de la tête et des épaules », rappelle , ancien coach du FCL (janvier 2002-juin 2003). Et puis, Zargo Touré prit un rouge (26e), et Malherbe finit par l’emporter 3-2. « Il n’y a pas eu de révolte pour contrecarrer cette infériorité numérique, poursuit Pouliquen. Ce qu’il manque à Lorient, ce sont des joueurs de caractère. »
Comment il va pouvoir s’en sortir
« Malheureusement, il n’y a que les résultats qui peuvent inverser la tendance », affirme Yvon Pouliquen, pour qui les divergences de point de vue (notamment au sujet du retour de Jérémie Aliadière) n’auront pas de conséquences néfastes sur le terrain. « Lorient n’apparaît pas comme une équipe potentiellement relégable. Il y a plus faible en Ligue 1, soutient le technicien breton. Et puis, le fait d’avoir battu Lille, malgré un penalty plus que litigieux, va leur faire un bien énorme au niveau psychologique. »
Combien de matchs on lui donne : entre 3 et 33
Toujours lanterne rouge, le FC Lorient a un calendrier compliqué d’ici la prochaine trêve internationale : derby mercredi à Guingamp, où les Merlus n’ont jamais gagné en L1 ; réception samedi d’un Lyon en retard sur son tableau de marche ; et voyage périlleux à Nice le 2 octobre. Si Sylvain Ripoll sort indemne de ce triptyque, rien ne pourrait l’empêcher d’imiter Pablo Correa, et Éric Hély, précédents entraîneurs ayant été au bout de l’exercice en dépit de quatre défaites initiales.
La stat’qui doit lui faire peur : 0
Dans les configurations Guingamp-Lorient, Lorient-Lyon et Nice-Lorient, jamais les Morbihannais ne se sont imposés sous l’ère Ripoll.
Pourcentage pour remporter le gros lot : 40 %
Nantes : René Girard, 18e (une victoire, un nul, trois défaites)
Comment il en est arrivé là
Le FC Nantes a pourtant parfaitement lancé sa saison en s’imposant (0-1) à Dijon au terme d’une prestation solide mais peu emballante. Deux revers (1-0) contre Monaco et à Bordeaux ont commencé à semer le doute. Puis, contre Metz, à la Beaujoire, ce fut le drame, une défaite (0-3) devant « Une humiliation », pour le coach René Girard, arrivé avec son staff cet été.
Pourquoi ça ne marche pas
Après cinq matchs, dont trois contre des promus, Nantes, avec quatre points, inquiète. Le club a pourtant recruté quatre renforts très tôt, mais il s’est (pour le moment) loupé sur son marché au milieu du terrain. n’apportent ni la percussion, ni la vitesse dont l’équipe avait besoin. Il faut ajouter à cela une dernière journée du mercato que le coach a qualifié « de merde » et qui a créé de grandes divergences en interne. L’entraîneur nantais voulait un numéro 6 et un milieu offensif, il ne les a finalement pas eus et n’a pas manqué de le faire savoir. Ce qui a crispé ses dirigeants.
Comment il va pouvoir s’en sortir
« Je ne le vois pas se faire virer, , ancien Canari et consultant pour France Bleu Loire Océan. Déjà ça coûterait trop cher au club, et puis quel est l’intérêt de faire venir un coach aussi expérimenté et de le virer après six ou sept journées ? Ça serait une erreur de faire ça. » Quint réclame de la patience pour l’ancien coach de Lille ou Montpellier, qui cornaque une formation très jeune. « Il faut lui laisser du temps. Je suis sûr qu’il va s’en sortir avec cette équipe et peut réussir à finir 15e ou 16e… » Loin forcément de l’objectif présidentiel : le top 10.
Combien de matchs on lui donne : entre 3 et 33 (oui, aussi)
Nantes accueille Saint-Etienne, va à Marseille puis accueille Bastia avant la trêve internationale. L’entraîneur ne devrait pas résister à trois défaites… Cela ferait 4 points sur 24 possibles ! On imagine mal Waldemar Kita, gros consommateur d’entraîneurs (huit depuis 2007), poursuivre avec René Girard avec un total aussi famélique après huit journées. Après Metz, l’entraîneur nantais avait indiqué qu’il n’avait même s’il y en a peut-être à qui ça ferait plaisir ». Pourtant, il se sait très bien en danger. Ses relations avec la direction se sont clairement tendues depuis plusieurs semaines. « La prochaine question c’est quoi ? "Vous vous sentez menacé ?" Je pourrais être journaliste… », a souri Girard, jeudi dernier, en conférence de presse, devant la répétition des questions sur l’ambiance pesante.
La stat qui doit lui faire peur : 2
Deux buts en cinq matchs. Nantes ne marque pas. Un constat récurrent depuis plusieurs saisons. Dernière attaque de L1 en 2014-2015 (29 buts) et avant-dernière en 2015-2016 (33 buts), le FC Nantes est reparti des bases affolantes et inquiétantes.
Pourcentage pour remporter le gros lot : 30 %
OM : Franck Passi, 15e (une victoire, deux matchs nuls, deux défaites)
Comment il en est arrivé là
Dans le cas de Frank Passi, on a un peu l’impression que les dés sont pipés dès le début. Adjoint de Baup puis de Bielsa, "El Local" prend l’intérim de l’Argentin puis ramasse les morceaux laissés par Michel. Depuis, il est toujours là, à la tête d’un OM de milieu de tableau. C’est dans une continuité flottante que le passage de Passi semble proche d’arriver à son terme.
Pourquoi ? Parce qu’en plus des maigres cinq points récoltés en cinq matchs, il y a peu de chances que Frank McCourt pose un regard attendri sur le fidèle de l’OM. En 2011, la première place des Parisiens en championnat n’avait pas empêché Kombouaré de sauter au profit d’Ancelotti. « En fait, il est encore intérimaire, commente Elie Baup, entraîneur de l’OM en 2012-2013. Mais cette fois, c'est entre deux projets. »
Pourquoi ça ne marche pas
Parce que la grande question qui flotte depuis ses intérims reste : Passi a-t-il la carrure suffisante pour driver l’OM ? Mais celle-ci n’aurait pas lieu d’être si les résultats suivaient et si l’effectif était plus séduisant. « Il faut trouver un peu plus d’efficacité offensive, analyse Baup. A Nice, c’est là qu’on a vu le plus de contenu, dommage qu’ils n’aient pas gagné. Les joueurs se battent mais il faut du réalisme technique. Et il manque quand même Diarra au milieu pour tranquilliser le tout. »
Comment il va pouvoir s’en sortir
A part en enchaînant les victoires, on voit mal comment McCourt pourrait faire cas de Passi. Et encore, l’Américain qui veut imposer son « Champions Project » dans le club, voudra sans doute associer son nouveau gagne-pain avec un CV plus prestigieux. « Il fait le maximum, il exprime sa générosité et ses idées, résume le consultant de beIN Sports. Pour moi, il a tous les outils. Il a la formule OM entre les mains et maintenant, il doit la piloter. » Comment ne pas se planter ? « Il faut être dans la rigueur du jeu et en même temps rester serein. Etre passionné c’est super, mais il ne faut jamais perdre sa lucidité. »
Combien de matchs on lui donne : entre 10 et 15
McCourt lorgne déjà sur le mercato hivernal et est passé devant la DNCG ce lundi. Le futur actionnaire était au Stade Vélodrome dimanche et son président Jacques-Henri Eyraud a déjà rencontré deux fois les salariés du club. Autrement dit, le rachat devrait se faire avant début 2017. Si on part du principe que l’Américain se passera des services de Passi, on mise sur un départ entre fin novembre et fin décembre.
La stat qui doit lui faire peur : 13
L’OM a concédé 13 matchs nuls à domicile depuis le début de la saison dernière (sur 22 joués), soit 5 de plus que n’importe quelle équipe. Une continuité dans la « moyenneté » qui ne plaide pas vraiment pour le maintien de Passi.
Pourcentage pour remporter le gros lot : 25 % (mais ça dépend de McCourt)
OL : Bruno Genesio (deux victoires, un nul, deux défaites)
Comment il en est arrivé là
Hors claque annuelle au Trophée des champions (1-4 contre le PSG), l’OL n’a connu la défaite « que » deux fois en ce début de saison. Mais un enchaînement de revers en Ligue 1 chez un promu, Dijon (4-2), quel entraîneur lyonnais. Parfois raillé par les supporters malgré cinq mois ayant permis à l’OL de passer de la 9e place à une qualification directe en Ligue des champions, Bruno Genesio sait que son crédit n’est pas illimité. Et ce malgré une prolongation de contrat depuis juin, et jusqu’en 2019.
Pourquoi ça ne marche pas
Actuellement, les cadres de l’OL sont soit blessés (Lacazette, Fekir, en plus de Valbuena et Grenier, dont le club attend en vain un réveil), soit suspendu et très décevant dans le cas du capitaine Maxime Gonalons. Seul véritable taulier défensif, Révélation de 2016, Rachid Ghezzal a trouvé le moyen de suivre les traces de Lacazette en termes d’été pourri avec sa difficile renégociation de contrat. Ajoutez à cela un mercato très léger et un système totalement inédit tombé du ciel (3-5-1-1 contre 4-3-3), vous comprendrez pourquoi la prometteuse deuxième partie de saison 2015-2016 n’a pour le moment pas trouvé de continuité.
Comment il va pouvoir s’en sortir
« La saison passée, on sentait qu’il y avait une cassure entre Hubert Fournier et son groupe, explique , ancien gardien de but de l’OL. Mais là, on voit bien que tout le monde tire dans le même sens. Bruno Genesio a dû faire face à beaucoup d’aléas cet été, avec notamment les blessures de Lacazette et Fekir. Je trouve qu’il fait des choix forts et qu’il assume. Il a su changer son fusil d’épaule au niveau du système de jeu [de 4-3-3 à 3-5-1-1] et ça a porté ses fruits contre Zagreb (3-0) et l’OM (0-0). dans lequel je trouve que l’OL a été plutôt pro, vient de prouver que Bruno Genesio avait bien le soutien de son président. »
Combien de matchs on lui donne : 57
Franchement, au vu des débuts réussis en Ligue des champions la semaine passée, mais aussi des deux matchs qui arrivent face à Montpellier (mercredi) puis à Lorient (samedi), on ne se fait guère de souci à court terme. Nabil Fekir retrouveront en plus les terrains dans la foulée. Comme l’OL ramènera un résultat favorable de Séville dans sept jours, l’horizon va vraiment s’éclaircir jusqu’à l’été prochain pour Bruno Genesio, futur premier coach à ramener Lyon en 8es de finale de C1 depuis Rémi Garde en 2012.
La stat qui doit lui faire peur : 1
Comme le nombre d’entraîneur que Jean-Michel Aulas a limogé en cours de saison depuis 20 ans. Une excellente nouvelle… ou pas (dont Genesio était l’adjoint) à Noël dernier. JMA a donc prouvé dans un passé très récent qu’il pouvait déroger à ses principes.
Pourcentage pour remporter le gros lot : 5 %


















