VIDEO. Euro 2016: France-Portugal, on a vu la finale dans le spot le plus dingue de Lyon

FOOTBALL 150 spectateurs ont assisté dimanche à la dernière performance du Footoir public lors de la finale de l'Euro, dans la salle de concert du Périscope à Lyon...

Jérémy Laugier

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Le Footoir ublic, pas vraiment le genre de soirée pour débattre du meilleur positionnement d'Antoine Griezmann avec les Bleus.
Le Footoir ublic, pas vraiment le genre de soirée pour débattre du meilleur positionnement d'Antoine Griezmann avec les Bleus. — Jérémy Laugier/20 Minutes

A Lyon,

Ne cherchez pas, il n’y a bien qu’un seul endroit en France où 150 personnes ont encouragé les Bleus dimanche en lançant comme chant « C’est chiant le foot ». La salle de concert lyonnaise du Périscope a conclu dans une pure folie le 7e Foutoir public de la compétition.

C’est peu dire que le concept détonne depuis son apparition à Lyon pour la Coupe du monde 2014. Lancée par six artistes liés au Grolektif [un collectif de musiciens lyonnais], cette initiative cherche à « voir le football autrement ». Et ce en accompagnant les matchs de l’équipe de France sur écran géant de musique live et de commentaires ultra-décalés. « La grande majorité de notre public n’est pas vraiment amatrice de foot et elle est surtout là pour se poiler avec dérision », confie Fred Gardette, bassiste et animateur pendant les matchs aux côtés de Pierre Bauret.

La fine équipe du Footoir public a retourné le Périscope pour la toute dernière fois de l'Euro ce dimanche.
La fine équipe du Footoir public a retourné le Périscope pour la toute dernière fois de l'Euro ce dimanche. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Ronaldo, tu te casses la gambette, tu repars en barquette »

Et à ce niveau, il y a de quoi faire dans une soirée du Footoir public, à commencer par des commentaires lunaires comme « On vous rappelle que même en cas de défaite, ça se joue en France donc on fera passer le 49.3 », «Ronaldo, tu te casses la gambette, tu repars en barquette », « Faut pas pousser Nani dans les orties » ou encore « Grosse pirouette cacahuète de Payet ».

Les musiciens présents sur scène [basse, batterie, synthé voire saxophone] n’ont pas pu balancer dimanche leur air fétiche du Magnolia for ever de Claude François, réservé aux buts français. Ils ont tout de même sérieusement régalé en lâchant des riffs de funk tout comme l’improbable mélodie de la Chenille.

Basse, batterie et synthé ont accompagné l'équipe de France pendant 120 minutes ce dimanche au Périscope, en plus de cuivres éphémères.
Basse, batterie et synthé ont accompagné l'équipe de France pendant 120 minutes ce dimanche au Périscope, en plus de cuivres éphémères. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Des tirs au but au milieu de la salle de concert

« Je ne comptais pas regarder un seul match de l’Euro et des copines m’ont bien vendu le truc en m’expliquant que ces gars avaient organisé une fondue géante pour France-Suisse. Cet esprit très décalé m’a bien tentée », explique Lise, qui n’avait pas forcément ses yeux rivés sur l’écran dimanche.

C’est dommage car elle n’a pas pu remporter l’un des meilleurs délires de la bande du Footoir public, celui d’hurler « fion de veau » lorsqu’il y a deux coups de tête consécutifs pendant le match. S’en suit pour l’heureux vainqueur la possibilité, via un tir au but dans la porte d’entrée de la salle, de remporter des bières gratuites, un portrait de François Hollande et Angela Merkel ou un album Panini maison au-dessus de tout.

Le respect est définitivement mort avec l'improbable album Panini 100% Footoir public.
Le respect est définitivement mort avec l'improbable album Panini 100% Footoir public. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« C’est chiant le foot » repris en chœur, avant un « I Will survive » de folie

C’est pour le moins rafraîchissant d’entendre les commentateurs improvisés se demander s’il y aura une prolongation en cas de match nul ou certains spectateurs regretter la blessure prématurée « de Ronaldinho ». « Je suis moi-même musicien et je trouve que leurs soirées durant cet Euro ont permis de réconcilier les mondes du sport et de la culture », souligne Rémi Cortrait.

Après avoir entonné un « C’est chiant le foot » en fin de rencontre, le public n’a pas du tout vu le but d’Eder lui gâcher sa fin de soirée. Loin s’en faut puisqu’il a répondu à ce coup dur par un I Will survive avant de danser même après la fin de la rencontre. Et si finalement, ces (quasi) supporters n’étaient pas les plus heureux dimanche soir ?