Euro 2016: Avant France-Portugal, on a retrouvé l'homme qui a lancé le clapping en France

FOOTBALL Cetté célébration, reprise depuis peu par l'équipe de France, a été lancée il y a trois ans à Nice, et on espère la revoir contre le Portugal en finale de l'Euro 2016...

Francois Launay
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Les Bleus font un clapping avec leurs supporters au Vélodrome le 7 juillet 2016.
Les Bleus font un clapping avec leurs supporters au Vélodrome le 7 juillet 2016. — PATRIK STOLLARZ / AFP

Au Stade de France,

Si vous ne vous intéressez au foot que lors des grandes compétitions, l’idée a dû vous sembler novatrice pendant l’Euro 2016. Les Islandais qui tapent des mains avec leurs supporters après leurs matchs, il faut dire que ça envoie bien.

A tel point que les Bleus leur ont piqué l’idée pour fêter leur qualification en finale jeudi soir à Marseille. Et espèrent bien remettre ça en cas de succès dimanche face au Portugal en finale. On appelle donc ça le clapping. Sauf que cette célébration originale a débarqué depuis plusieurs années dans l’Hexagone.

Une naissance niçoise

L’origine remonte au printemps 2013. On est à Nice où le club, qui s’apprête à changer de stade, se demande comment créer une communion avec ses supporters pour l’entrée dans l’Allianz Riviera. Ça cogite et trois personnes se retrouvent autour d’une table : Julien Fournier, le directeur général du club, Virgine Rossetti, la directrice de la communication et Cédric Messina, directeur de l’agence de communication Com’Back. Ce proche des supporters niçois raconte la suite.

Inspiré des supporters grecs

« La volonté première c’était de rapprocher le club de ses supporters. On a réfléchi et on est tombé sur une vidéo des supporters du PAOK Salonique, un club grec. On y voyait le capo (celui qui lance les chants) sur la pelouse avant le match en train de lancer le clapping avec sa tribune. On a repris l’idée sauf qu’on voulait que ce soit repris par tout le stade et pas seulement par une tribune», raconte l’entrepreneur de 40 ans.

Pour le dernier match au stade du Ray face à Lyon (19 mai 2013), le premier clapping français est lancé. Le capo de la Brigade Sud Nice (BSN), groupe de supporters niçois, se, plante au milieu de la pelouse avant le match et entraîne tout un stade.

L'idée a été reprise par de nombreux clubs

Vu le succès rencontré, l’idée est reprise pour le premier match dans le nouveau stade face à Valenciennes le 23 septembre 2013. « Ça faut partie du cérémonial d’avant-match lors des grosses affiches. Il y a l’aigle qui arrive sur la pelouse et donc le clapping lancé à chaque fois par une personnalité différente», poursuit Cédric Messina.

Depuis, de nombreux clubs se sont mis à la mode du clapping. Après Nice, c’est Lens qui instaure cette célébration deux mois plus tard dans les travées de Bollaert. Avec une différence : Les Nordistes le font avec leurs joueurs à la fin du match seulement si le RC Lens s’est imposé.

Après Lens, Lyon a aussi instauré le clapping façon «Ahou» en 2014. Et maintenant, un peu après tout le monde, ce sont les Bleus qui ont succombé à cette célébration entraînante. Tout le monde copie tout le monde mais ne cherchez pas de jalousie côté niçois, il n’y en a aucune.

« Je ne revendique rien du tout, bien au contraire. Avec Internet, rien n’appartient à personne. C’est plus une fierté personnelle qu’autre chose. Quand on voit l’ampleur que ça prend, on est impressionné et on se dit qu’on ne s’est pas trompé. C’est un vrai moment de lien social et émotionnel entre joueurs et supporters», se réjouit Cédric Messina.

Cet ami d’Hugo Lloris, actionnaire de sa société My Coach, ne s’imaginait pas ça, il y a trois ans en plein brainstorming avec les dirigeants niçois. Mais aujourd’hui, c’est bien toute la France qui tape des mains pour célébrer la folle épopée des Bleus. Pourvu que ça dure dimanche soir après la finale face au Portugal. Ce sera forcément bon signe.