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VIDEO. Dix «nanars» à mater pour patienter avant Allemagne - France

VIDEO. Euro 2016: Allemagne-France, dix «nanars» à mater pour patienter avant le match

CINEMANazis (surtout), blondes joyeuses ou industriels rigides, les Allemand(e)s ne sont pas rares dans les « mauvais films sympatiques » français...
Nicolas Stival

Nicolas Stival

Vous n’avez plus d’ongles, vous n’avez pas sommeil et vous cherchez à tuer le temps avant l’anxiogène Allemagne - France, ce jeudi en demi-finale de l’Euro. Pourquoi ne pas le faire avec un nanar français à thématique allemande ? Depuis 2001, le site Nanarland met à l’honneur ces « mauvais films sympathiques ». Richard Tribouilloy, alias Rico, l’un de ses chroniqueurs historiques, vous aide à faire le tri.

Le Führer en folie (Philippe Clair, 1974)

Attention, « c’est un gros morceau », prévient Richard Tribouilloy. « On est dans la grosse farce, au croisement entre le film de guerre et le film de foot, avec des moyens importants et pas mal de beau monde au casting. » Des noms ? Patrick Topaloff, Luis Rego, Michel Galabru, Alice Sapritch en Eva Braun et Henri Tisot en Hitler d’opérette, complètement hors contrôle. Le climax du film, un succès à l’époque : un match de foot que les Allemands finiront par perdre grâce à une ruse d’une « kolossalle » finesse…

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Taxi (Gérard Pirès, 1998)

OK, définir le premier opus de cette série à succès comme un « nanar » peut faire débat (quoique). Mais la représentation des Allemands correspond à un archétype des méchants venus d’Outre-Rhin : « Des grands blonds baraqués, hypernerveux », détaille Rico. En l’occurrence, des braqueurs de banque fraîchement arrivés à Marseille, qui ont le malheur de tomber sur un chauffeur de taxi et un inspecteur de police hors normes.

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Ma femme s’appelle Maurice (Jean-Marie Poiré, 2002)

Regarder l’adaptation au cinéma de cette pièce à succès s’apparente à une expérience extrême. Et la vision d’un Régis Laspalès travesti lâchant un « Bewaaare la mouche » reste imprimée dans la rétine. Pendant ce temps, Philippe Chevallier joue un mari volage qui a piqué sa femme à un colosse blond allemand, bien caricatural, avec le logo d’Audi tatoué sur le bras. « C’est une coproduction franco-allemande, et c’est Götz Otto qui a été choisi pour ce rôle, éclaire Richard Tribouilloy. Il a notamment joué un méchant dans un James Bond, Demain ne meurt jamais. »

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L’Ange de la Mort (Andrea Bianchi, 1986)

Un film franco-espagnol sur Josef Mengele, le sinistre médecin d’Auschwitz, produit par la société française Eurociné, dont les productions fauchées squattent Nanarland. «Des Allemands réfugiés en Amérique du Sud préparent le Quatrième Reich, et Mengele fait des expériences pour créer des hommes singes qui deviendront de super-combattants, détaille Rico. Seul Howard Vernon, qui joue Mengele, est un roc de stabilité dans un océan de nullité. » Rien à ajouter.

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Le lac des Morts-Vivants (Jean Rollin, 1980)

Où l’on retrouve Eurociné, Howard Vernon et des nazis… Cette fois, ceux-ci sont des zombies, qui sortent de l’étang d’un petit village où des résistants les avaient liquidés quelques années plus tôt. «C’est vraiment du n’importe quoi, assène Rico. La caméra censée filmer les scènes était détraquée, donc les acteurs devaient jouer moins vite. Et le maquillage n’était pas waterproof. » Gênant, lorsqu’on est supposé incarner une créature terrifiante qui sort de l’eau…

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Arrête ton char… bidasse ! (Michel Gérard, 1977)

Rien qu’au titre, on devine qu’il ne s’agit pas d’une œuvre d’Eric Rohmer. «Des appelés font leur service militaire en Allemagne, sous les ordres d’officiers joués par Darry Cowl et Pierre Tornade, analyse Richard Tribouilloy. Ils vont donc draguer de jeunes Allemandes, présentées comme de jolies blondes, fraîches et spontanées. » Une ode à Erasmus, avant l’heure et en treillis camouflage.

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Helga, la louve de Stilberg (Alain Garnier, 1977)

Attention, on entre ici dans le sous-genre du film de prisons pour femmes, à ranger parmi la nazisploitation, qui se déroule dans un état fasciste. « C’est franchement putassier, chiant comme la mort avec des scènes de remplissage interminables », tranche Rico. Pas très engageant, mais sachez que ça existe.

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Ces messieurs de la famille (Raoul André, 1967)

Pas vraiment un « nanar », mais une comédie à la française délicieusement surannée, avec un casting au poil (Serrault, Yanne, Cowl, Poiret, Galabru…), dont Francis Blanche. Le compère de Pierre Dac interprète un industriel américain né à Düsseldorf, d’où un accent germanique à couper au couteau. « On est dans le stéréotype de l’Allemand carré, qui se retrouve en France où l’on fait n’importe quoi », résume Rico. La preuve de ce chaos qui annonce mai 1968 ? Annie Cordy, qui joue dans le film, interprète également le générique.

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Terminus (Pierre-William Glenn, 1986)

« Ce devait être le Mad Max européen, avec de gros moyens et un décor de science-fiction supervisé par Enki Bilal », annonce Rico. Cette coproduction franco-allemande tournera au fiasco, avec un Johnny Hallyday peroxydé, loin de sa forme optimale. Et le méchant ? Il est joué, pour changer, par un acteur allemand, Jürgen Prochnow (Das Boot, Dune…), qui interprète trois rôles : un milliardaire dérangé, un savant-fou et un tueur. « Johnny a complètement renié ce film », reprend Rico. Etonnant…

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Comment se faire virer de l’hosto (Georges Cachoux, 1979)

Un homme interné dans un asile révèle sa véritable identité : Adolfo, le fils d’Hitler. «Ce film ronge la tête, tellement c’est débile, assène Richard Tribouilloy, qui en a pourtant vu d’autres. Mais le réalisateur, également acteur, a l’air de bien s’éclater. » A noter, au milieu d’un casting de parfaits inconnus, la présence de la jeune Brigitte Lahaie.

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