Euro 2016: On a revu le dernier France-Allemagne et c'est encourageant pour les Bleus

FOOTBALL Le 13 novembre 2015, la France avait battu la Mannschaft en match amical (2-0), de bon augure pour la demi-finale de l'Euro 2016?...

Francois Launay

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La France avait battu l'Allemagne le 13 novembre 2015 au stade de France
La France avait battu l'Allemagne le 13 novembre 2015 au stade de France — BPI/REX Shutterstock/SIPA

Évidemment, ce match de foot est resté anecdotique dans la mémoire collective. Parce que ce 13 novembre 2015 en France, l’horreur a envahi les rues de Paris et les abords du stade de France. Ce qu’on a retenu du France-Allemagne de ce soir funeste, ce sont les deux déflagrations entendues sur le terrain aux 17e et 20e minutes et la mine estomaquée de Patrice Evra.

Pourtant, il y a bien eu un match entre les deux équipes. Si le Angleterre-France du 16 novembre était marqué par une immense émotion, trois jours plus tôt joueurs français et allemands n’ont été mis au courant des événements qu’au coup de sifflet final.

Huit mois plus tard, avant de se retrouver jeudi en demi-finale de l’Euro à Marseille, la France et l’Allemagne peuvent donc tirer quelques enseignements de leur dernière rencontre remportée (2-0) par les Bleus. On a donc revu le match en entier et demandé à Gernot Rohr, entraîneur allemand, de nous livrer son analyse huit mois plus tard…

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Les compos

La France a peu changé depuis : Pour affronter l’Allemagne ce 13 novembre, Didier Deschamps avait opté pour un 4-3-3 (Lloris-Sagna, Varane, Koscielny, Evra-Diarra, Pogba, Matuidi- Griezmann, Giroud, Martial). Huit mois plus tard, à trois exceptions près, le sélectionneur des Bleus pourrait aligner la même équipe mais pas forcément dans le même dispositif tactique. Seuls Varane (Rami ou Umtiti), Diarra (Kanté ou Sissoko) et Martial (Payet) ont disparu.

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Beaucoup de changements en Allemagne : Du côté de la Mannschaft, l’équipe qui avait débuté devrait être sensiblement différente jeudi. En raison des suspensions, blessures et choix sportif depuis novembre, au moins cinq changements vont avoir lieu dans l’équipe de départ.

Exit Hummels (Howedes), Rudiger (Kimmich), Khedira (Kroos), Ginter (Ozil) Gomez (Gotze). Et si Schweinsteiger, touché au genou, déclare forfait, il pourrait céder sa place à Can. Bref, cette équipe allemande n’aura plus grand-chose à voir avec celle qui s’est inclinée au stade de France.

L’avis de Gernot Rohr : « Il va y avoir beaucoup d’absences côté allemand jeudi. Toute la colonne vertébrale avec Hummels en défense, Khedira voire Schweinsteiger au milieu et Gomez en attaque ne sera pas là. Ça va obliger Low à jouer avec un faux avant-centre comme Gotze. Peu importe qui va remplacer les absents, ils sont moins forts, c’est une évidence »

Le match

La France a dominé sans non plus se balader : Oubliez la première demi-heure, il ne s’est rien passé, enfin surtout côté allemand. Les Bleus ont bien pressé la Mannschaft mais n’ont pas eu une occasion avant la 40e minute et une frappe de Griezmann dans les bras de Neuer. La fin de cette première période aura d’ailleurs enfin été emballante avec une frappe de Gomez juste au dessus (42e) suivie du but de Giroud (45e) après un exploit personnel de Martial.

En deuxième mi-temps, le match est plus enlevé et les occasions sont un peu plus nombreuses. Côté bleu, une tête de Giroud passe juste à côté (58e), une superbe frappe de Pogba (62e) est détournée par Neuer, Pogba, encore lui, glisse au moment de frapper (71e) et enfin Gignac, sur une superbe passe de Matuidi, double la mise de la tête (86e).

Côté allemand, pas grand-chose hormis une monstrueuse frappe de Muller qui s’écrase sur le poteau de Lloris (77e)

L’avis de Gernot Rohr : « La France avait dominé et méritait de l’emporter. Elle avait été supérieure. Et je pense que cette victoire a dû décomplexer les Français. Ce match est un véritable avertissement pour l’Allemagne »

Les joueurs

Une super-défense centrale et un Giroud en forme

Impeccable. Le match de la défense centrale française face aux Allemands aura été parfait. Seul souci, si Koscielny sera bien là jeudi, ce ne sera pas le cas de Varane (blessé avant l’Euro) sans doute le meilleur français sur la pelouse ce 13 novembre. Hormis une frappe sur le poteau, on n’aura quasiment pas vu Thomas Muller.

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Par contre, les latéraux auront souffert et notamment Sagna dans son couloir droit face à Draxler. Les deux joueurs se retrouveront jeudi. Offensivement, Giroud aura été le plus dangereux même si on retient l’exploit personnel de Martial sur ce match.

Le jeu aérien français aura posé aussi des problèmes aux champions du monde. A noter qu’on est souvent passé sur le côté droit de la défense allemande. Mais Kimmich, désormais aligné au poste de latéral droit, ne jouait pas.

L’avis de Gernot Rohr : « Sur les côtés, c’est correct à gauche côté allemand mais ça reste léger. C’est dangereux car c’est là que les Français sont plus forts. Comme en novembre, ça sera sans doute l’une des clés du match. Et puis, sans Hummels et Gomez, on sera affaibli défensivement et offensivement dans le jeu aérien. Il y a un vrai danger. Après, on me parle de la faiblesse de la défense française mais il faudrait déjà la mettre à l’épreuve. Avec Gotze, Muller voire Draxler, je reste quand même un peu sceptique »

Bilan

Avantage psychologique pour la France

Bien sûr, les Bleus n’ont plus battu l’Allemagne en compétition officielle depuis 1958. Mais l’air de rien, ce match du 13 novembre a livré quelques clés. En provoquant sur les côtés et en usant du jeu aérien, la France avait pris le dessus sur l’Allemagne. Huit mois plus tard, au vu des absences allemandes, les Bleus devraient utiliser les mêmes ingrédients pour espérer un scénario identique.

L’avis de Gernot Rohr : « Pour moi, la France est favorite. C’est même du 55-45 pour les Bleus. Ils ont retrouvé confiance et efficacité face à l’Islande tandis que l’Allemagne a fini usée son match contre l’Italie, sans compter les suspensions et blessures. Je crois que c’est de bon augure pour la France »