Euro 2016: Pourquoi les blagues sur les nazis sont un grand classique des matchs de l'Allemagne
FOOTBALL•Préparez-vous à des vannes sur les Panzers lors du huitième contre la Slovaquie...Romain Baheux
«Ça attaque en force l’Allemagne, ils ont l’habitude avec la Blietzkrieg. MOUARF. » « Si la Mannschaft se fait sortir, on pourra dire qu’elle a fait un four. TU L’AS ? » Si vous suivez le match entre l’Allemagne et la Slovaquie dimanche (18h), les chances d’échapper à une blague unissant les nazis et la bande de Thomas Müller frôlent le zéro absolu, que vous buviez un coup entre potes ou que vous suiviez le huitième de finale de l’Euro sur les réseaux sociaux.
Twitter s’est même spécialisé dans la vanne sur le IIIe Reich. Lors de la Coupe du monde 2014, Slate.fr s’était amusé à recenser les tweets liant l’équipe allemande, opposée aux Bleus en quart de finale, et le nazisme. Résultat : un pic lors de l’unique but du défenseur de la Mannschaft Mats Hummels et un autre à la fin de la rencontre, remportée par les Allemands. Mais pourquoi en revient-on éternellement là ?
« Les grandes compétitions opposant des nations européennes sont propices à du nationalisme bon enfant et à ressortir les clichés, souligne Grégoire Furrer (oui, ça se prononce comme l’autre), président du Montreux Comedy Festival en Suisse. Comme l’équipe nationale allemande est forte, elle est comparée à une grosse machine de guerre, à quelque chose d’implacable, donc à la Wehrmacht. Cela dit, c’est une vision très française de la chose parce que ces blagues sont très peu présentes chez nous. »
Journaliste allemande indépendante basée à Paris, Romy Strassenburg a déjà profité de la finesse incomparable d’une plaisanterie sur les miradors d’un camp de concentration. « A vrai dire, on a l’habitude donc on ne prend pas ça mal, explique-t-elle. La génération actuelle est décomplexée par rapport à ça et sait bien que l’Allemagne ne se résume pas à ça pour ses voisins. Rire de cela, ça fait presque partie du processus de normalisation de la chose. Après, ce n’est pas toujours très drôle. »
C’est souvent le problème avec les blagues sur les nazis : la plupart ont été sorties 25.423 fois et ne font plus rire grand monde en 2016. « Le problème majeur dans ces cas-là, c’est le déjà-vu, confirme Grégoire Furrer. Du coup, ça n’amuse plus personne et la personne qui s’y risque passe juste pour quelqu’un qui sort des plaisanteries de mauvais goût. »
Petit conseil si vous tenez absolument à rire du IIIe Reich dimanche, ne le faîtes qu’en présence de très bons amis et non lors de la présentation de Julie, la nouvelle conquête de votre pote Olivier. « C’est plus une question de savoir-vivre que d’humour, explique Grégoire Furrer. Il faut s’adapter à son auditoire. Si vous invitez un ami végétarien à manger, vous ne cuisinez pas une entrecôte. C’est pareil pour l’humour. » Pensez-y avant de comparer Manuel Neuer à un char Tigre.


















