Euro 2016: Quel pied ce serait si les Bleus jouaient l’Irlande du Nord en 8e de finale

FOOTBALL L'équipe nord-irlandais n'est a priori pas dangereuse et leurs supporters sont absolument géniaux...

N.C.

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Un supporter nord-irlandais au Parc des Princes, lors du match de sa sélection face à l'Allemagne à l'Euro 2016.
Un supporter nord-irlandais au Parc des Princes, lors du match de sa sélection face à l'Allemagne à l'Euro 2016. — Press Eye Ltd/Shutterst/SIPA

Toujours à la recherche du moindre indice permettant d’extrapoler sur l’identité du futur adversaire des Bleus en 8e de finale de l’Euro, il se pourrait qu’on ait trouvé notre heureux élu, mardi. Grâce à sa défaite par un petit but d’écart face à l’Allemagne (0-1), l’Irlande du Nord est assurée de faire partie des meilleurs troisièmes. Avec trois points, oui, merci l’UEFA. Et avec les résultats du soir dans le groupe D, il y a désormais - d’après nos savants calculs - 5 chances sur 6 que la bande à DD rencontre le troisième de ce groupe C, on se dirige tout droit vers un France-Irlande du Nord. Une bonne nouvelle ?  Absolument.

Les Nord-Irlandais, c’est quand même pas terrible

Ils ont du cœur, ils courent beaucoup, ils ont un gardien aussi bon qu’inconnu avant la compétition, mais franchement il n’y a pas grand-chose à craindre de cette équipe. Face à l’Allemagne, on a noté une demi-occasion en 90 minutes. Et encore, parce qu’on est gentil. Cette frappe de Ward au bout d’un rush de 60 mètres était plus un signe de désespoir qu’autre chose.

En gros, l’Irlande du Nord, c’est une ligne de quatre mecs qui défendent, devant elle une autre ligne de cinq autres mecs qui défendent, et puis Conor Washington, 8 matchs et 0 but en 2016 avec QPR en championnship, qui se débrouille devant. La France est dix fois au-dessus sur le papier, il faut juste que ça se voit.

Au moins, il y aurait de l’ambiance

Ça a été poussif au Saint-Denis, un peu mieux à Marseille et tristoune à Lille. C’est un fait, l’équipe de France ne fait pas lever les foules, même si ça montera sûrement en régime si elle arrive à se rapprocher de la finale. Si l’Irlande du Nord se pointe au Parc OL dimanche, les supporters français vont être soufflés. Pour les avoir vus mardi soir, on peut vous dire que le Nord-Irlandais se déplace en troupeau (20.000 à la louche au Parc des Princes) et chante du début à la fin du match - et même encore 20 minutes après.

Au répertoire, il y a le désormais fameux « Grigg’s on fire », bien sûr, mais pas seulement. Quand leur équipe encaisse un but, les petits hommes verts hurlent de plus belle, balançant un bien senti « Vous ne chantez que quand vous marquez » à leurs adversaires. « Ils sont fantastiques, dit le sélectionneur Michael O’Neill, admiratif comme tout le monde. Vous savez, c’est tout une génération de fans qui n’a jamais pu accompagner notre équipe dans un grand tournoi. Là c’est l’occasion, alors ils profitent. » Jusqu’au bout de la nuit.

Perdre contre le pays hôte, une belle fin

Pour leurs supporters et ce qu’ils dégagent dans leurs discours, on les aime bien, ces Nord-Irlandais. Ecouter le sélectionneur Michael O’Neill est un truc qui vous réconcilie avec le foot.

« Cet Euro, c’est une chose extraordinaire pour nous. On n’est pas une grande nation de foot. Chaque match est un événement dans la carrière de nos joueurs. Il n’y en a que quatre qui jouent en Premier League, le reste c’est en Ecosse, en Australie, en Irlande du Nord… C’est une belle expérience pour nos jeunes. Et j’espère que ça va permettre de créer des structures plus stables pour le foot nord-irlandais ».

Accéder aux huitièmes de finale pour leur premier championnat d’Europe, et 30 ans après leur dernière apparition à une Coupe du monde, oui c’est un exploit. S’ils perdent, ça ne changera rien à la fête à laquelle ils auront droit en rentrant au pays. Et si c’est face au pays hôte, cela apportera une petite saveur particulière. « C’est chouette de savoir que nous sommes populaires ici. Rencontrer le pays hôte à Lyon, ce serait génial », note O’Neill… qui ne perd pas le Nord pour autant. « La France mettra sûrement beaucoup de pression, ça peut nous aider ».