Euro 2016: Le scénario catastrophe est-il possible pour les Bleus en huitièmes de finale?

FOOTBALL Difficile de déterminer exactement le potentiel de cette équipe de France avant les matchs à élimination directe…

Julien Laloye

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Dimitri Payet frappe la barre lors du match entre la France et la Suisse le 19 juin 2016.
Dimitri Payet frappe la barre lors du match entre la France et la Suisse le 19 juin 2016. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Puisque la semaine va être longue avant le match de dimanche et qu’on aura le temps de retourner trois ou quatre fois notre veste selon les événements qui nous attendent, commençons par la phase de doutes. Après avoir vu les trois premiers matchs de poule de l’équipe de France, on est bien en peine de vous dire jusqu’ou ce groupe peut aller,tant il donne l’impression d’évoluer sur un fil en permanence. Raison pour laquelle on n’exclut pas totalement un accident industriel dimanche à Lyon.

On peut tomber sur un adversaire plus coriace que prévu

A moins d’avoir fait maths sup maths spé, impossible de savoir contre qui on va jouer dimanche avant la fin de la phase de poules. Rappelons la formule concoctée par le Albert Einstein de l’UEFA : les Bleus ont 90 % de chances de rencontrer le troisième du groupe C si celui-ci se qualifie. Pour l’instant, il s’agit de l’Irlande du Nord. Mais imaginons qu’avec un coup de pot incroyable, nos amis de Belfast tapent les Allemands ? Et bien on se retrouve à affronter les champions du monde. Un autre concours de circonstance pas si farfelu peut aussi nous faire tomber sur la Croatie si celle-ci s’incline contre l’Espagne et que l’Irlande du Nord ne se qualifie pas. Attendons avant de faire sonner les trompettes, on n’est à l’abri de rien.

L’avis de Cabaye : « Cette nouvelle formule, ça prouve aussi que les équipes sont plus fortes et armées pour venir dans des grandes compétitions. Tous les matchs sont difficiles. Nous, on a terminé premier de notre groupe, l’objectif est rempli, on peut attendre sereinement notre adversaire. On a une marge de progression, on ne se voile pas la face. Il va falloir travailler pour s’améliorer. Plus on va avancer dans la compétition, plus il va falloir être performant ».

Les Bleus n’ont aucune marge

L’équipe de France n’a marqué qu'une fois avant la 87e minute dans la compétition, ce qui n’est pas le signe d’une maîtrise totale des événements. Ajoutons de plus que chaque match aurait pu tourner dans l’autre sens. Rappelez-vous la parade miraculeuse de Lloris au bout de cinq minutes contre l’Albanie, la tête de Sagna sur son propre poteau face à l’Albanie, et en fin le tirage de maillot de ce même Sagna qui aurait pu coûter la première place du groupe lors des arrêts de jeu contre la Suisse. Malgré une adversité toute relative jusqu’alors, l’équipe de France donne l’impression de jouer à la roulette russe. Ça ne risque pas d’être plus facile à partir de dimanche.

L’avis de Cabaye : « On a fini premier du groupe, on n’a pas pris de but sur les deux derniers matchs, on sait tous qu’on peut faire mieux mais on est là où on voulait être. Ce premier tout va nous donner confiance pour la suite. Ce qu’on peut mieux faire ? « On doit mieux tenir le ballon, avoir plus de liant entre le milieu et l’attaque, mettre les joueurs offensifs dans de meilleures dispositions. Si on pouvait essayer de marquer plus tôt dans les rencontres, ce serait bien aussi ».

La défense n’a pas encore été testée

Un chiffre flatteur accompagne la défense tricolore après ce premier tour. Elle est celle qui a encaissé le moins de tirs cadrés de toutes les équipes représentées. Le dernier qu’ait dû subir Lloris ? Le penalty réussi par Stancu en ouverture. Dit comme ça, marquer un but à la France semble plus compliqué que d’échapper d’une prison nord-coréenne. Pourtant, l’édifice reste fragile : Evra est souvent dépassé à gauche, et on ne sait jamais vraiment quand Rami va faire une boulette. Le Sévillan est sous la menace d’une suspension, comme son compère Koscielny, et dès que les deux hommes laissent un peu de champ dans leur dos, des frissons de peur parcourent les tribunes.

L’avis de Payet : « Je pense qu’on a pris conscience tous ensemble qu’il fallait faire plus défensivement après le match du Cameroun en préparation. Si on regarde les trois premiers matchs, que ce soit la Roumanie, l’Albanie, ou la Suisse, on a été peu de fois mis en danger par ces équipes-là. Ça montre qu’on a une bonne défense, et je ne parle pas juste des quatre de derrière, ça part de l’attaquant, on a passé un cap dans ce registre-là ».

On n’a pas vraiment de style de jeu

Le plus décevant, sans doute. Enthousiasmants et naturellement portés sur l’attaque en préparation, les Bleus ont renoncé à la flamboyance dès l’entame. Enfin disons qu’ils ont heurté certaines limites. Contre la Suisse, la seule équipe à avoir un peu de ballons de son groupe, l’équipe de France a eu le ballon à peine 40 % du temps. Ce qui veut dire deux choses : elle a du mal à le récupérer et elle ne sait pas spécialement quoi en faire, préférant lier son sort aux éclairs de génie de ses attaquants. En résumé : dès que le niveau va monter en face, les Bleus vont subir. Il va falloir se préparer à trembler.

L’avis de Payet : « Je pense que pour aller loin, il faut savoir tout faire, on a 41 % de possession dimanche, mais c’est si on compte les dix ou quinze dernières minutes ou la Suisse fait tourner derrière. Plus la compétition avancera, plus il faudra savoir jouer sans ballon, défendre, mais aussi bien l’utiliser quand on l’aura. La Suisse a essayé de jouer, ça nous laisse des espaces, ça nous permet de jouer. C’est plus difficile de jouer contre des défenses regroupées qui nous attendent derrière ».