Euro 2016: Zlatan Ibrahimovic, il est (un peu) Rital et il le reste

FOOTBALL L'attaquant suédois, qui a évolué sept ans dans le Calcio, affronte l'Italie ce vendredi (15h), à Toulouse...

David Phelippeau

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L'attaquant Zlatan Ibrahimovic.
L'attaquant Zlatan Ibrahimovic. — Christophe Ena/AP/SIPA

Landry Bonnefoi n’a pas oublié ce 12 septembre 2004. Le gardien de but français, 3e ou 4e choix à la Juventus Turin à l’époque, raconte - comme si c’était hier - ce Brescia-Juventus. « Je revois ce ballon arrivant vers Zlatan. Il le fait passer derrière lui et accélère. Face à lui, plusieurs défenseurs, mais il résiste et marque ! » Zlatan Ibrahimovic signe son arrivée en Italie. « Il avait mis tout le monde d’accord… », poursuit Landry Bonnefoi.

Mais, Ibra, à 23 ans, avait-il besoin de prouver qui il était ? Lorsqu’il arrive en 2004 à la Juventus, il vient d’inscrire une cinquantaine de buts en une centaine de matchs avec l’Ajax Amsterdam. Il n’arrive pourtant pas en terrain conquis. Les egos ne manquent pas chez les Bianconeris. « Je me souviens d’un clash assez vite avec Del Piero et Nedved, raconte Philippe Genin, journaliste à beIN Sport et spécialiste du Calcio. Il s’était embrouillé dès son arrivée. Cet enfant un peu gâté qui arrivait parmi d’autres stars… » Ça ne pouvait faire que des étincelles.

Un côté arrogant, mais pas méchant

Bonnefoi : « Il savait ce qu’il voulait. Même à l’âge qu’il avait, il voulait se faire se faire respecter et s’affirmer. » Quant au clash avec Nedved et Del Piero, Bonnefoi n’en a plus le souvenir. « Il y en a partout des embrouilles, dans tous les vestiaires. » Celles avec Zlatan marquent toutefois plus les esprits. « Il a un côté arrogant, mais c’est en lui ça, estime Bonnefoi. Il n’est pas méchant. Dans le vestiaire à la Juve, il s’entendait avec tout le monde. Il était très cool, très joyeux. Vous, les médias, vous voyez Zlatan comme il vous le montre ! »

Il aime l’Italie

En Italie, le Suédois passe de la Juventus (2004-2006) à l’Inter (2006-2009). « Un peu comme si tu passes du PSG à l’OM, c’était l’ennemi », selon Genin. Car Zlatan se sent bien en Italie. « Ce pays de foot était sûrement fait pour lui, estime Bonnefoi. Le peuple italien vit foot, les supporters sont en nombre. Tout lui convenait en Italie… » Surtout le Milan AC (2010-2012), qu’il rejoint après un intermède d’une saison à Barcelone. Zlatan Ibrahimovic passe ainsi encore chez un club ennemi de sa précédente destination (de l’Inter au Milan AC). « C’était le taulier là-bas, explique Genin. Sa famille s’y sentait super bien. Il a une histoire particulière avec ce club. » Pas étonnant que Zlatan, qui parle parfaitement l’italien alors qu’il parle très mal le français, ait déclaré il y a quelques semaines qu’il se sentait tout à fait capable d’y retourner.

Il a tout d’un Italien

« Le passage d’Ibra en Italie est de toute façon ancré dans l’histoire de la Série A, reconnaît le journaliste TV.Zlatan a un côté très italien. Provocateur, roublard, grande gueule, mais dans le bon sens. » Philippe Genin est persuadé que quand la France le condamne en 2015, à Bordeaux, après qu’il a proféré des insultes à l’encontre du pays, « l’affaire n’aurait pas pris la même tournure en Italie ». « Là-bas, il n’y a pas une semaine sans qu’il n’y ait un papier sur lui dans la presse… » Et si Zlatan (avec la Suède) joue un mauvais tour à son ancien pays d’adoption, ce vendredi, à 15 h, il pourrait bien faire carrément la Une.

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