Euro 2016: On s’est fait mal au crâne pour trouver quelques raisons de se méfier de la Suisse

FOOTBALL Le rival des Bleus dans la course à la première place de la poule a concédé le nul contre la Roumanie au Parc des Princes (1-1)…

J.L.

— 

Xakha a lutté sur chaque ballon contre la Roumanie.
Xakha a lutté sur chaque ballon contre la Roumanie. — Martin Meissner/AP/SIPA

C’est un papier qui va nous coûter un monde pour chaque ligne qu’on va écrire. Mais comme on ne va pas jouer les gros arrogants français de base, et qu’à l’heure où on se parle, la Suisse est en tête d’une poule dont elle disputera la première place aux Bleus dimanche à Lille, on va essayer de dire du bien de cette équipe suisse après un match nul pas glorieux contre les Roumains. Pourquoi les Bleus doivent se méfier quand même ? Allez, on met ses bonnets, on enfile les lunettes, et on plonge dans l’Arctique en souriant.

Seferovic va bien finir par marquer

L’avant-centre titulaire de la Nati devrait déjà être le meilleur buteur de l’Euro, mais il se trouve que le buteur de la Real Sociedad a perdu sa confiance quelque part et qu’il n’arrive pas à remettre la main dessus. Peut-être du côté de Gerland, un soir d’été 2013,quand sa demi-volée magique avait glacé les supporters lyonnais ? Contre la Roumanie, Seferovic a encore raté deux duels hénaurmes, après avoir déjà arrosé les tribunes contre l’Albanie. Espérons qu’il n’ait pas tout gardé pour les Bleus.

Attention aux coups de pied arrêtés

Alors autant la Suisse a besoin d’environ sept ou huit occasions nettes pour planter, autant cette équipe est redoutable sur coup de pied arrêté. Après avoir été l’équipe la plus prolifique dans ce domaine pendant la phase de qualifications (sept buts marqués), elle est aussi la plus efficace depuis le début de l’Euro. C’est sur la retombée d’un corner que Mehemdi a nettoyé la lucarne de Sommer.

Le talent de Xakha

Avouons-le d’emblée, entre nous et Granit, c’est un petit crush, un peu comme avec le granité menthe. Avec son air de faux lent à la Riquelme, le dix de la Nati court comme dix et régale comme personne. A la mi-temps, c’était le joueur suisse qui avait touché le plus de ballons (42), et qui avait parcouru le plus de kilomètres (5,7). La nouvelle recrue d’Arsenal est notre joueur frisson de ce début d’Euro. Son entraîneur est d’accord avec nous : « Il était au bon moment, au bon endroit, il est bien concentré, j’ai toujours dit qu’un joueur a besoin d’une équipe pour montrer ses qualités. Là, il l’a eue ».

Football Manager (enfin Embolo)

Sur Fifa 16, on est allés le chercher direct : c’est l’un des attaquants avec la plus grosse projection du jeu dans les trois/quatre ans. Dans la réalité aussi, le Bâlois de 19 ans affole les plus grands clubs européens. Les supporters suisses lui ont déjà dédicacé un chant, conscient qu’Embolo serait leur plus grande raison de se réjouir dans les dix ans à venir. Pour l’instant, l’attaquant d’origine camerounaise ressemble plus à Ogbèche qu’à Weah dans ses choix (et dans compréhension de la règle du hors-jeu). Mais il a la vie devant lui.

L’esprit de revanche

Brésil 2014. Les Suisses ne cachent pas leur envie de nous taper pour finir premiers de poule. Bilan des courses, une première demi-heure supersonique des Bleus, la meilleure de l’ère Deschamps, sans doute, et cinq buts dans la musette au final. Inutile d’ajouter que les Suisses ont gardé ce match en travers de la glotte. Xhaka : « La France c’est le favori de l’Euro, mais c’est surtout est un super match que tous les joueurs doivent savourer. On n’a pas peur de jouer contre les Bleus malgré ce qui s’est passé il y a deux ans. » On peut même penser qu’ils rêvent d’une revanche jour et nuit depuis le tirage au sort.