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Hugo Lloris: «Une force tranquille se dégage de l'équipe de France»

Euro 2016: Pour Hugo Lloris, «une force tranquille se dégage de l'équipe de France»

FOOTBALLLe gardien et capitaine des Bleus s’est confié à « 20 Minutes » avant le match d’ouverture contre la Roumanie, qui a lieu vendredi…
Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Avec Hugo Lloris, c’est toujours un peu la même histoire. On commence par vouloir parler de lui, et il finit presque toujours par parler des autres. Le capitaine des Bleus, finalement, incarne la fonction mieux que n’importe qui d’autre : il pense collectif avant tout, et refuse d’imaginer que la poisse qui semble poursuivre les Bleus depuis l’automne puisse remettre en cause l’objectif commun de gagner l’Euro. « On sait ce qu’on veut dans nos têtes, mais il faut le faire sur le terrain ». Entretien exclusif avec le gardien de l' équipe de France.

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Hugo, vous le sentez comment cet Euro ?

On ne peut pas le prévoir, mais les ondes sont positives, l’énergie qu’on peut dégager est positive. Après, forcément, il va y avoir des étapes dans cet Euro et des défis à surmonter, il faut garder le souci de monter en puissance pendant la compétition. On sait ce qu’on veut dans nos têtes, mais il faut le faire sur le terrain.

La préparation n’a pas été un long fleuve tranquille. Est-ce que les forfaits et les polémiques ont pu affaiblir le groupe ?

On est tellement focalisés sur la Roumanie que ça nous amène à faire abstraction de tout ce qui peut se dire. On a conscience de ce qui se dit, des choses nous reviennent aux oreilles, mais il y a vraiment une force tranquille qui s’est installée dans cette équipe. Ces derniers mois, ces dernières semaines, cela n’a pas été facile pour le sélectionneur, pour les joueurs non plus, même si dans l’ensemble on a été spectateurs de toutes ces histoires. Tout ce que je peux dire, encore une fois, c’est qu’on est concentrés sur la compétition.

Les propos de Benzema vous ont-ils heurté, tout de même ?

On n’en a même pas parlé entre nous, et je ne dis pas ça pour cacher des choses, je le dis en toute honnêteté, tout ce qui peut se dire en ce moment même, on n’en a rien à faire. On a envie de rendre les Français fiers parce qu’on a pu se rendre compte de l’engouement qu’il y a autour de cette équipe de France. On a tendance à l’oublier, mais nous, les anciens, on a vécu tellement de périodes très négatives sous ce maillot bleu, que ce n’est pas maintenant qu’on va lâcher.

Êtes-vous totalement accompli dans votre rôle de capitaine, désormais ?

J’ai gagné en confiance, je ne suis plus le même qu’il y a quatre ans, quand Laurent Blanc m’avait confié le brassard. Est-ce que j’étais prêt à l’époque, je ne sais pas, mais aujourd’hui je l’assume pleinement. Cela dit, je ne suis pas tout seul. Blaise Matuidi ou Patrice Evra sont aussi des relais du sélectionneur, on se complète et on essaie d’encadrer la jeune génération qui arrive. Ça marche bien pour l’instant, mais c’est la compétition qui va décider.

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On a parlé du Loris capitaine, mais on imagine que le Lloris gardien a aussi un grand rôle à jouer avec cette défense expérimentale ?

On est tous concernés par la défense, d’autant plus dans cet Euro qui paraît très homogène, avec beaucoup d’équipes de qualité et un écart réduit entre les grandes et les petites nations. Après, on connaît l’importance d’un gardien de but, il faut être décisif pour l’équipe. Mais chacun dans son rôle doit avoir ça en tête, pas juste moi.

Vous attendez-vous à être plus sollicité, malgré tout ?

On se prépare à tout, mais je n’ai jamais été dans ce registre-là, à penser de cette façon-là. Je sais que parfois il suffit d’un ballon, d’un arrêt, et que ça change tout, mais tout ce qui m’importe c’est que l’équipe réussisse. Tout le monde à un rôle à jouer dans l’équipe à des degrés plus ou moins importants, du gardien aux remplaçants.

L’arrêt qui change tout, vous ne l’avez jamais fait en Bleu, c’est pour le mois de juin ?

J’ai toujours un souci d’exigence dans mes performances. On veut toujours faire mieux, on veut toujours sortir un exploit, mais dans la mesure du possible. Prenez la tête d’Hummels contre l’Allemagne en quarts de finale. C’est un coup de pied arrêté, ça fait barre rentrante, voilà…

Où vous situez-vous dans la hiérarchie des meilleurs gardiens européens ?

Je ne regarde pas les autres spécialement, je sais ce que j’apporte à mon club ou à ma sélection. Quand j’étais jeune, je regardais ce poste avec de la passion et de l’admiration, parfois, mais aujourd’hui je suis en plein dedans. On se rend compte qu’avant il y avait un écart entre les grands gardiens et les très grands gardiens, et que cet écart est désormais plus ténu. En Europe,il y a beaucoup de très grands gardiens avec des styles différents. Ce ne sont pas des concurrents, ni des modèles, on se respecte tous profondément.

Vous être un grand gardien qui joue dans des équipes qui ne gagnent rien. Cet Euro, si la France le gagne, il pourrait changer votre carrière, non ?

C’est une belle opportunité de pouvoir jouer l’Euro sur le sol français, c’est sûr. A la fin, on ne retient que les titres, et si je jouais ailleurs qu’à Tottenham, j’aurais peut-être plus de chances de gagner des trophées, mais je ne me sens pas non plus en fin de carrière. Je pense que tout arrive progressivement. Là, c’est l’Euro avec la France et je suis ambitieux.

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