Mercato : Quand les joueurs utilisent LinkedIn pour trouver un club un foot

FOOTBALL Le réseau social regorge d’agents et de joueurs...

Guilhem Richaud

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La Belgique fait partie des championnats où il est possible de se faire un réseau via Linkedin. (Illustration)
La Belgique fait partie des championnats où il est possible de se faire un réseau via Linkedin. (Illustration) — YORICK JANSENS / BELGA / AFP

« Bonjour, j’ai besoin d’un attaquant et d’un latéral droit pour jouer en Ouzbékistan. Les joueurs doivent être libres et le salaire peut atteindre 20 à 25.000 $ nets par mois pour les meilleurs… » L’offre côtoie les postes d’ingénieurs, de commerciaux, ou de chargés de communication sur LinkedIn. Pole Emploi n’étant pas forcément pour le football, il vaut mieux se rabattre sur la candidature spontanée.

Des offres postées sur Linkedin. - Capture d’écran Linkedin

Travailler son réseau

Parce que certains joueurs, qui aspirent à être - ou à rester - professionnels, ne croulent pas sous les offres, ils utilisent un réseau social professionnel à l’image de LinkedIn comme M. Tout le monde. « J’utilise autant Linkedin pour trouver des nouveaux joueurs, que pour me mettre en relation avec des clubs », explique Philippe Yllouz, avocat mandataire sportif. Un travail qu’il réalise en parallèle de l’activité plus classique d’agent qui passe via ses réseaux traditionnels. « Il est possible de placer des joueurs en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, reprend l’avocat. En Angleterre également. Pas forcément en Première League, mais en deuxième ou troisième divisions, qui sont elles aussi professionnelles. » Voir parfois un peu mieux. « Si vous pensez pouvoir envoyer un joueur à Manchester City, et que vous n’avez pas les contacts, vous pouvez peut-être vous mettre en contact avec un soigneur du club, qui va ensuite vous permettre d’avoir accès à la cellule de recrutement. » Reste ensuite au joueur de convaincre le club, et à l’agent de négocier les conditions. L'équivalent de votre test et de votre entretien RH finalement.

« J’espère pouvoir trouver un club pro »

Boris Daniel Kiesse Mankangu, ailier de 25 ans, est à la recherche d’un club. Après avoir fait ses classes en district, il a joué une saison en CFA à Maisons-Alfort, avant de s’envoler pour les Etats-Unis, à Saint-Louis dans le championnat universitaire. Après deux ans outre-Atlantique, il souhaite revenir en Europe. Il se positionne donc sur les réseaux sociaux. « J’essaie d’entrer en contact avec des agents qui ont un réseau assez large, explique-t-il. Je vise l’Europe de l’Ouest : Le Portugal, la Belgique, l’Angleterre et l’Espagne. »

Pas les premières divisions, mais il espère pouvoir trouver un club pro. « Je suis régulièrement contacté par des joueurs ayant dû arrêter de jouer un certain temps à cause d’une blessure et qui cherchent un nouveau club, confirme Valentin Hardy, actuellement mandataire, en formation pour devenir agent. Ou alors ce sont des joueurs d’Afrique et d’Amérique du Sud qui veulent venir en Europe. » Le jeune homme, 22 ans, a appris à se méfier : « Il y a parfois des faux profils, et beaucoup de joueurs qui se croient les nouveaux Messi, il faut savoir faire la part des choses. Je demande toujours une vidéo pour cibler le niveau. »

Un monde sans pitié

« C’est un monde sans pitié dans lequel beaucoup de gens cherchent à se greffer, prévient Philippe Yllouz. Pour les joueurs il faut se méfier de ceux qui promettent monts et merveilles. » « J’ai eu des propositions surprenantes, confirme Boris Daniel Kiesse Mankangu, des agents qui me demandaient de payer pour aller faire des essais en Serbie. On m’a demandé d’envoyer mon passeport… Mieux vaut être bien entouré pour ne pas se faire avoir. » Le jeune homme a également reçu des propositions atypiques pour signer en Thaïlande ou en Moldavie. « Mais ce type de championnat n’est pas intéressant. »

Profil posté par un joueur égyptien. - Capture d’écran Linkedin
 

Philippe Yllouz recommande toutefois de ne pas se montrer trop actif sur les réseaux sociaux. « Les joueurs qui postent en permanence leur profil au moindre message d’un agent, on les repère vite. On se rend compte qu’ils sont là depuis longtemps et ne trouvent jamais. » Un indice sur le niveau des candidats. Comme dans la plupart des professions finalement. Les bons trouvent souvent rapidement.