Pourquoi Gignac a raison d'aller jouer sous le soleil du Mexique

FOOTBALL L'ancien attaquant de l'OM va jouer dans l'équipe des Tigres...

R.B. et B.V.

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André-Pierre Gignac contre Metz le 1er mai 2015.
André-Pierre Gignac contre Metz le 1er mai 2015. — POL EMILE/SIPA

Non, ce n’est pas un rêve. En fin de contrat avec l’OM, André-Pierre Gignac a atterri au Mexique dans la nuit pour passer des tests médicaux avec les Tigres de l’UANL, le club de Monterrey. A 29 ans, l’attaquant international devrait donc s’offrir une aventure en Amérique latine à un an de l’Euro 2016 alors que l’OL lui proposait de disputer la Ligue des champions. Stupide ? Non. On vous explique pourquoi.

Parce que c’est un beau pays de football

On vous arrête tout de suite, le Mexique n’est pas le Qatar. La sélection nationale, « El Tri », reste sur six huitièmes de finale consécutifs en Coupe du monde, où elle avait bien pourri la vie des Pays-Bas cet été. Le Mexique, c’est aussi des grands noms du football mondial comme l’ancienne star du Real Madrid Hugo Sanchez ou l’ex-défenseur du Barça Rafael Marquez. Et sinon ? Sinon, l’ambiance dans les stades mérite largement le détour, comme en témoigne ce chant des supporters de son futur club lancé sous une belle averse en 2013.

S’il aura peut-être l’occasion de croiser Ronaldinho, qui évolue à Querétaro, André-Pierre Gignac aura surtout l’opportunité de disputer la Copa Libertadores. Pour les incultes, il s’agit de la Ligue des champions sud-américaine dont les Tigres vont jouer la demi-finale contre les Brésiliens de l’Internacional Porto Alegre en juillet. Admettez que ça vaut largement toutes les poules de Ligue Europa du monde.

Parce qu’il y a de l’argent

Le compte en banque d’André-Pierre Gignac ne va pas trop souffrir de son exil. Selon France Football, l’attaquant devrait toucher un salaire de 4 à 5 millions d’euros annuels pour un contrat de trois saisons plus une quatrième en option. On vous rassure, les Tigres de l’UANL ont largement les moyens. Ils appartiennent à l’une des principales entreprises de matériaux de construction au monde, la Cemex, au chiffre d’affaires de 15,7 milliards de dollars en 2014.

Le reste du championnat se porte plutôt bien. Le football mexicain profite de l’argent de Carlos Slim, l’une des plus grosses fortunes du monde, et du puissant groupe de télécommunications Televisa. Selon Slate, le pays possède le championnat le plus riche d’Amérique latine derrière le Brésil.

Parce qu’il va avoir une belle vie à Monterrey

Partir au Mexique, c’est aussi un choix de vie. André-Pierre Gignac parle espagnol, aime le soleil et souhaitait découvrir une nouvelle culture. Alors effectivement, à offre égale, on comprend pourquoi il préfère le Mexique à la Russie. Et particulièrement Monterrey. La ville offre un climat très doux (22° de moyenne) et un positionnement géographique intéressant, à 200 kilomètres de la frontière avec les Etats-Unis et à peu près autant de l’océan.


Surtout, cette ville de taille assez moyenne (1 million d’habitants) a l’avantage de ne pas être Mexico, sa touffeur et sa surpopulation, c’est déjà ça de gagné. Enfin, au Mexique, Gignac pourra manger de la vraie bonne viande. Et, au-delà de toutes les vannes de supermarché, se nourrir comme on l’aime fait aussi partie de ce qui rend une personne heureuse. Enfin, c’est comme ça qu’on justifie tous nos passages au Mcdo.

Seul petit bémol : Autrefois réputé par sa sécurité, Monterrey est devenu une ville dangereuse où se multiplient les homicides et les braquages. On conseille donc à Gignac de ne pas s’arrêter au feu rouge.

Parce que sportivement il n’avait plus rien à espérer en Europe

Il faut aussi dire ce qui est, si Gignac ne reste pas en Europe, c’est parce qu’il n’a pas reçu d’offres incroyables. Il y avait bien Lyon, qui lui proposait de jouer la Ligue des champions, mais sans aucune garantie sur son temps de jeu (il y a déjà Lacazette, Fékir et Njié). On a aussi parlé de la Russie, mais quitte à partir loin, autant choisir le soleil. Très bon joueur de Ligue 1, Gignac ne pouvait pas non plus à presque 30 ans rêver de signer dans un top club européen. Au mieux pouvait-il espérer par une fin de Top10 de Premier League, genre Swansea, où un milieu de tableau en Espagne comme Villareal.

La seule décision vraiment difficile que prend Gignac en signant au Mexique, c’est quelque part de renoncer à ses chances de participer à l’Euro 2016. Loin des yeux, loin du cœur, et de l’autre côté de l’Atlantique, ses performances auront des difficultés à convaincre Didier Deschamps de le rappeler d’ici juin prochain. En même temps, il n’était déjà plus vraiment dans ses plans depuis quelque temps et semble bien loin dans la hiérarchie des attaquants derrière Benzema, Giroud et Lacazette.