Barcelone-Juventus Turin: Neymar manque-t-il de respect aux adversaires?

FOOTBALL Les dribbles fantasques du Brésilien ne plaisent pas toujours aux adversaires du Barça, qui jouera la finale de la Ligue des champions samedi face à la Juve...

Julien Laloye

— 

Neymar lors de Barça-Athletic Bilbao le 30 mai 2015.
Neymar lors de Barça-Athletic Bilbao le 30 mai 2015. — JOSEP LAGO / AFP

En Espagne, on appelle ça une lambretta. C’est mignon, non? On dirait un modèle de Vespa italienne, avec l’imaginaire qui l’accompagne. Une plage de la côte amalfitaine, la mer scintillante, une jolie brune étendue à vos côtés… Vous y êtes? Et bien rien à voir. La lambretta dont on cause, c’est la roulette de Neymar, qui tente de faire passer la balle au-dessus d’un joueur de Bilbao en finale de la Coupe du Roi, et qui se fait rabrouer violemment, à la limite de la violence physique. «Ce n’était ni sportif ni élégant, a réagi Andoni Iraola, le capitaine basque. C’est un bon joueur, mais il doit regarder ses propres coéquipiers, ce sont des exemples et il doit apprendre d’eux pour ne plus se comporter ainsi ».

 

Personne ne s’est précipité pour défendre le Brésilien, pas même Luis Enrique, son entraîneur. «Si j’étais joueur de l’Athletic, moi aussi je réagirais ainsi, voire pire. Mais au Brésil, c’est normal. Nous essaierons de contrôler cela avec le temps.» Le souci, voyez-vous, c’est que le temps ne fait pas grand-chose à l’affaire, si ce n’est l’empirer. Quand Messi martyrise les défenses européennes dans le respect du petit peuple, en dehors d’un oubli sur Boateng, Neymar se crée un nouvel ennemi pour chaque gourmandise incontrôlée. Il ne va pas s’excuser d’être un génie, évidemment, mais sur l’attitude, c’est autre chose: L’ancien joueur de Santos n’aime pas seulement provoquer balle au pied, c’est aussi un chambreur né. Sa fourberie préférée? Le petit bisou à distance, avec le sourire narquois qui va bien en prime.

Pique entre Neymar Jr. vs Coke (Partido Barcelona vs Sevilla)

 

Neymar le manda beso a González

 

«Si tu es bon et que ton entraîneur te laisse faire, je ne vois pas de problèmes, expliquait récemment Siquiera, son compatriote de l'Atletico. Par contre, quand il fait un "bisou" à l’adversaire, c’est un manque de respect. Il doit faire attention avec ça, parce qu’après certains joueurs entrent sur le terrain pour le "chasser" à cause de son comportement». C’est peu dire que Neymar ne met pas ses protège-tibias pour rien: personne n’a subi plus de fautes que lui en Liga cette saison (136), et sur certains matchs, comme face à l’Atletico Madrid, il a parfois joué avec sa vie, au moins celle de ses chevilles.

Cela ne risque pas de s’arranger pour deux raisons: la première c’est que Neymar marche sur l’eau (37 buts en 49 matchs), la deuxième, c’est qu’il se contrefout de l’opinion. «Dans le football, ces choses arrivent et il est incroyable que des gens puissent se mettre en colère, racontait-il après Bilbao. Je joue comme ça depuis longtemps et je ne changerai pas juste parce que ça agace des personnes». L’artiste avait montré encore moins d’interêt pour Medel, le milieu chilien qui l’avait harcelé en amical cet hiver avant de l’accuser de simuler. «Medel? Je ne sais pas de qui il s’agit. Je sais qu’il joue au foot, mais ce qu’il dit ne m’affecte pas».

En Coupe d’Europe, toutefois, il se tient un peu plus. Pas un Parisien, par exemple, n’avait trouvé quoi que ce soit à redire sur le bonhomme après les quarts de finale. «Il est intelligent, conclut Siquiera. Il sait quand il peut tenter ses trucs. Quand le match est serré et qu'il y a 0-0, il ne bouge pas». Même privée de Chiellini, notre briseur de talent préféré, la Juve sait ce qu’il lui reste à faire.