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Juventus-Monaco: Quel supporter est le Prince Albert?
FOOTBALL•Le souverain suit attentivement le parcours monégasque en Ligue des champions…Romain Baheux avec Nicolas Camus
«Non, le prince Albert II ne pourra pas être là, il est en Corée du Sud.» Au bout du fil, le service de presse du Palais tue en une phrase l’intérêt des amateurs de têtes couronnées pour ce Juventus Turin-Monaco.
« HSH Prince Albert of Monaco #WorldWaterForum 2015 in Daegu South Korea @ExperienceFR @VisitMonaco @Water pic.twitter.com/PewXzf8ra4 — Sabine Ferber MPA (@SabineFerber) April 13, 2015 »
S’il n’avait pas été retenu par le Forum mondial de l’eau, le souverain ne se serait sans doute pas privé d'assister au quart de finale aller de Ligue des champions mardi soir. Pas juste pour faire plaisir aux lecteurs de Gala. Réservé, Albert se lâche quand il s’agit de l’ASM, son club.
Albert, le prince-supporter
L’étiquette et son caractère l’ont jusqu’ici empêcher de claquer un fumigène à Louis-II. On plaisante mais ceux qui ont posé leur derrière dans la loge princière racontent qu’Albert vibre devant les prestations du club du Rocher. «Il vit vraiment les matchs. Si je devais le décrire en un mot? Passionné», estime Eric Cubilier, latéral de l’ASM au début des années 2000. «Je l’ai vu joyeux, je l’ai vu déçu, il aime son club. Quand on était descendu en Ligue 2 en 2011, il était vraiment très triste», poursuit Jean Petit, ex-joueur (1969-1982) et membre du staff monégasque.
« Photos – Monaco - Monaco-PSG, le prince Albert ne cache pas ses émotions http://t.co/VbULCCLQJT @Royal_Matcher — Paris Match (@ParisMatch) March 2, 2015 »
«Je suis d'abord un supporter avant d'être le Prince Albert II. Pendant un match, je bous. Je suis passionné», explique l'intéressé à Nice Matin. Début mars, le souverain n'essayait d'ailleurs absolument pas de dissimuler sa tension lors de la réception du PSG en championnat. A Londres, il s'était aussi glissé dans le vestiaire monégasque pour fêter le succès contre Arsenal (1-3) en huitième de finale aller de la C1.
Albert, le prince-amateur
«Quand tu parles de foot avec lui, tu ne t’ennuies pas. Il sait de quoi il parle, souligne Cubilier. Et pas que Monaco, tout le championnat.» Albert II apprécie le jeu mais aussi les joueurs, «l'odeur des vestiaires, ajoute Jean Petit. Enfant, il aimait déjà passer du temps avec l'effectif. En 1974, le prince Rainier nous offrait un méchoui dès qu'on passait un tour en Coupe de France. On passait le lundi avec lui, la princesse Grace et les enfants. Albert en profitait pour taper dans le ballon avec les professionnels.»
Le Prince albert II de Monaco, le 17 mars 2015, au Stade Louis II. - VALERY HACHE / AFP
Dans les années 90, le futur souverain participe à la vie de l'effectif, côtoie régulièrement les joueurs et se lie avec certains. «À l'époque, j'assistais plus souvent aux entraînements [que maintenant], raconte-t-il au Journal du Dimanche. Il m'est même arrivé de faire deux passes sur le terrain avec le groupe.» «Il s’entendait très bien avec Giuly par exemple, se souvient Eric Cubilier. Les mecs comme Ludo, qui étaient importants au club, internationaux, il était souvent très proche d’eux.» En témoigne cette bise claquée à l'ancien international tricolore et à Sonny Anderson en direct sur beIN Sports le soir du triomphe à l'Emirates Stadium.
Albert, le prince-dirigeant
Officiellement, ça n'est plus son club. Après un premier refus, le Prince Albert s'est résigné en 2011 à vendre l'ASM, alors mal en point en Ligue 2, au milliardaire russe Dmitry Rybolovlev. Son influence a diminué mais le souverain ne s'empêche absolument pas de verser dans la critique, feutrée il est vrai, lorsque les dirigeants de l'ASM décident de se séparer de James Rodriguez et de Radamel Falcao à l'intersaison et est encore consulté sur des dossiers majeurs.
«C'est peut-être moins fréquent qu'à une époque, mais nous avons des réunions régulières avec M. Rybolovlev et M. Vasilyev (le directeur général) sur les grandes orientations ainsi que sur le choix des joueurs et de l'entraîneur, expliquait-il au JDD. J'ai entendu dire que j'avais appris l'arrivée de Jardim par la presse. C'est faux. J'avais été prévenu avant.» A Monaco, difficile de composer sans le Prince, qui s'est pour l'instant refusé à délivrer un passeport monégasque à Rybolovlev, soucieux de mettre à l'abri ses actifs. Comme quoi, la passion de l'ASM ne fait pas tout.


















