Equipe de France: «Plus de questions sur le sujet, merci», l’étrange conférence de presse de Nabil Fekir

FOOTBALL Le nouvel appelé en équipe de France a été souriant mais a évité le sujet polémique…

B.V. à Clairefontaine
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Nabil Fekir en conférence de presse, le 24 mars 2015
Nabil Fekir en conférence de presse, le 24 mars 2015 — F.FIFE/AFP

C’était pourtant une bonne occasion de crever définitivement l’abcès, de régler une bonne fois pour toutes le problème. Oui, Nabil Fekir a finalement choisi de jouer avec la France plutôt que l’Algérie, et oui, il est aujourd’hui «très heureux» d’être à Clairefontaine, où il s’est donc présenté devant les médias mardi. Une décision qu’il aurait pu expliquer «officiellement» devant des caméras et avec le jogging de l’équipe de France. La première question a évidemment lancé le sujet. Fekir, d’un ton assuré: «On en a beaucoup parlé ces derniers temps. Mon choix a été longuement réfléchi et il est définitif. Comme ça au moins c’est clair.»

Deux questions plus tard, un autre journaliste tente une relance pour connaître les raisons qui l’ont poussé vers les Bleus. Philippe Tournon, l’attaché de presse de l’équipe de France, assis aux côtés de Fekir, le coupe.

« - Plus de question sur le sujet, merci. C’est un débat sur lequel on ne va pas revenir éternellement…
- Donc on n’en parle pas?
- Il ne veut pas en dire plus que ce qui a été dit. Tout a été dit. Question suivante.»

Nabil Fekir accompagnéde Philippe Tournon, le 24 mars 2015 - F.FIFE/AFP

Fekir ne moufte pas. Nouvelle tentative, une bonne quinzaine de minutes de plus tard, de la part d’un journaliste de RFI qui voudrait connaître les raisons du pourquoi du comment «pour nos auditeurs africains». Même résultat.

«Il vaut mieux parler avec ses pieds que dans la presse»

Plutôt «timide» au sein du groupe, comme l’a présenté Benoit Trémoulinas, Fekir l’est aussi devant les médias. Sans doute avait-il été briefé par ses conseillers (voire Didier Deschamps?) pour réussir sa première devant les médias et régler définitivement le problème, mais sa crainte de refaire parler de lui pour de mauvaises raisons lui a fait choisir la solution de facilité. N’oublions pas qu’il n’a que 21 ans, qu’il n’a pas encore fait une saison entière avec les pros et que, comme son entraîneur à Lyon Hubert Fournier lui a conseillé il y a peu: «il vaut mieux parler avec ses pieds que dans la presse.»

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Alors on s’est contenté d’une conférence de presse plutôt classique. Réservé mais assez souriant, Fekir donne l’impression d’être un garçon ambitieux qui sait ce qu’il veut – «L’Euro 2016 est un objectif très clair» - sans la moindre arrogance – «pour l’instant je suis là pour apprendre». Le genre de discours que tenaient Raphael Varane ou Paul Pogba avant de s’installer en Bleu. Et pour tout le reste, voilà ce qu’on a appris du nouvel attaquant de l’équipe de France:

  • Il est un grand admirateur de Karim Benzema, lui aussi né dans la région lyonnaise et formé à l’OL. «Karim est venu me parler, raconte Fekir. Il m’a mis tout de suite à l’aise. J’espère qu’il va essayer de m’intégrer dans le groupe.»
     
  • Il jouait chez les jeunes avec Kurt Zouma, un autre nouvel appelé qui pourrait connaître sa première sélection en bleu cette semaine, au FC Vaulx-en-Velin. «A 15 ans il était déjà costaud, mais moins que maintenant, sourit la révélation de l’année. J’ai toujours cru qu’il pouvait réussir.»
     
  • La tradition veut qu’un nouvel appelé en équipe de France chante une chanson devant tout le groupe en guise de bizutage. Pour Fékir, c’était «Ma Direction» de Sexion d’Assaut.