Chelsea-PSG: «Paris a besoin d'éliminer une équipe de ce calibre», estime Edouard Cissé

INTERVIEW Les hommes de Laurent Blanc jouent leur place en quart de finale de la Ligue des champions...

Propos recueillis par Romain Baheux

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Marco Verratti au duel avec Cesar Azpilicueta lors du match entre le PSG et Chelsea le 17 février 2015.
Marco Verratti au duel avec Cesar Azpilicueta lors du match entre le PSG et Chelsea le 17 février 2015. — Christophe Ena/AP/SIPA

Il y a un an, le PSG se pointait à Londres dans la peau d'un demi-finaliste de Ligue des champions en puissance avant de se prendre les pieds dans le tapis tendu par Chelsea. Mercredi, les hommes de Laurent Blanc abordent leur huitième de finale retour de C1 avec l'obligation d'inscrire au moins un but à la bande à Mourinho pour se qualifier après leur nul au Parc des Princes (1-1). Une nécessité pour un club aussi ambitieux, estime le consultant de Canal+, diffuseur de la rencontre, et ex-milieu parisien Edouard Cissé.

Êtes-vous de ceux qui disent que Chelsea a souffert au match aller ou ceux qui affirment qu'ils ont obtenu le résultat recherché?

Un peu les deux en fait. J’ai été un peu surpris du contenu de leur match. Je les ai trouvés émoussés, un joueur comme Eden Hazard était fatigué. Maintenant, il y a eu beaucoup de pragmatisme dans leur jeu, José Mourinho ne voulait pas trop se livrer au match aller et ce nul les arrange avant le retour à Stamford Bridge.

Quelle leçon doit retirer le PSG de son élimination de la saison dernière?

Cette équipe doit arriver à déroger à ses principes. Il y a un an, les Parisiens avaient continué à attaquer là où un Mourinho, ça ne l’aurait pas dérangé de faire défendre son équipe pendant 90 minutes. Même si ce n’est pas très sympa, le PSG doit se rappeler que l’essentiel sur ce genre de rencontre, c’est de se qualifier. Ça ne doit pas être un beau match, ça doit être un match que tu gagnes. Bien jouer, ça n’a de sens que si tu te qualifies.

Que représenterait une qualification pour les quarts de finale face à un tel adversaire?

Paris a besoin d'éliminer une équipe de ce calibre. Il y a deux ans, on dit qu’il ne manquait pas grand-chose pour battre Barcelone en quart de finale. La saison dernière, on tient le même discours après Chelsea. A ce niveau de la compétition, on ne se souvient pas des prestations, c'est le résultat qui compte. L’Inter Milan de Mourinho qui gagne la C1 en 2010, on a oublié la manière dont ils avaient joué leur demi-finale retour contre Barcelone.

Ça peut déclencher un soutien national plus important?

J’ai eu cette expérience avec Monaco quand on est arrivé en finale de la Ligue des champions en 2004. Il n’y avait pas forcément un énorme engouement derrière nous avant notre quart contre le Real Madrid. Après notre qualification pour les demies, ça a changé. Si le PSG élimine Chelsea, ça va pousser derrière eux, ne vous en faites pas. Les Français sont comme Saint Thomas, ils ont besoin de voir pour croire.

En cas d’élimination, peut-on redouter une fin de saison en roue libre?

On sait que la Ligue des champions est leur objectif majeur mais leur chance, c’est qu’ils ont encore un triplé réalisable en France et que le championnat est encore loin d’être joué. Il peut y avoir une petite démobilisation passagère et le management de Laurent Blanc sera déterminant.

Laurent Blanc joue-t-il sa tête sur ce match?

En mettant les pieds au PSG, il sait pertinemment que l’on fait le bilan à chaque fin de saison. Carlo Ancelotti gagne la Ligue des champions l’année dernière avec le Real Madrid mais il est contesté cette année. C’est ça la vie d’entraîneur dans un grand club.