OM: Doria, comment le grand espoir brésilien a raté son passage

FOOTBALL Le défenseur a été prêté vendredi…

20 Minutes avec AFP

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Doria (à droite) félicité par Marcelo Bielsa après un succès de l'OM face à Saint-Etienne, le 28 septembre 2014 au Stade Vélodrome.
Doria (à droite) félicité par Marcelo Bielsa après un succès de l'OM face à Saint-Etienne, le 28 septembre 2014 au Stade Vélodrome. — AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

Il est arrivé à Marseille en août, s'est entraîné sérieusement, n'a pas joué un seul match officiel, avant de retourner au Brésil, prêté vendredi au FC Sao Paulo: le mystère planant sur l'international espoir brésilien Doria reste entier.

Mais qu'est-il venu faire dans cette galère? Le tout jeune Brésilien (20 ans), recruté à prix d'or dans les derniers jours du mercato d'été (entre 6 et 10 millions d'euros selon les estimations), ne sera donc resté que six mois en Europe, avant de retourner au Brésil.

Il a beau promettre dans une vidéo mise en ligne par l'agence Vergette Sports, qui gère ses intérêts, qu'il «reviendra à Marseille», ce départ en prêt, assorti d'une option d'achat, à tout du retour en arrière.

La difficulté pour les joueurs brésiliens qui arrivent en Europe est de s'adapter non seulement à l'environnement (la langue, le climat...), mais aussi à la manière de jouer, très différente de ce qu'ils peuvent pratiquer au Brésil.

Lutte de pouvoir entre Bielsa et Labrune

Jusque-là, la progression de Doria avait été fulgurante: il a paraphé son premier contrat pro en 2012, avec Botafogo, l'un des clubs de Rio de Janeiro. Deux ans plus tard, il a décroché sa première sélection Espoir, en portant le brassard de capitaine, et a remporté le tournoi de Toulon 2013 avec les moins de 20, en étant élu meilleur joueur de la compétition.

L'impression d'une ascension stoppée net est d'autant plus forte, qu'il avait à Marseille la possibilité d'évoluer sous les ordres d'un entraîneur, Marcelo Bielsa, connu pour attacher de l'importance à la formation de ses plus jeunes éléments.

Sauf que Doria s'est retrouvé à l'OM au coeur d'un véritable mano a mano, entre un président qui a payé (très) cher pour le faire venir et un entraîneur qui s'était «opposé à son arrivée»... et se montre tout à fait insensible à l'argument de la valeur marchande du joueur.

L'Argentin, qui visionne tous les entraînements et assiste à tous les matches de l'équipe réserve, n'a jamais fait entrer en jeu Doria cette saison, lui préférant des jeunes du centre de formation comme Baptiste Aloe, Stéphane Sparagna ou Gaël Andonian.

Comme Thiago Silva?

«Doria est un grand joueur, il est en parfaite condition. Moi, j'ai choisi un joueur différent pour jouer», s'est agacé Marcelo Bielsa alors que les journalistes l'interrogeaient, mi-janvier, à nouveau sur la non titularisation du Brésilien.

«Il est clair que vous ne comprenez rien au travail que je fais si vous pensez que les joueurs jouent suivant le prix qu'on a payé pour eux», a-t-il lancé lors de la même conférence de presse.

Devant une polémique qui enflait, son départ en direction du Brésil, qui permet de compenser au niveau salarial l'arrivée de l'Argentin Lucas Ocampos, prêté par Monaco (et que Bielsa voulait), a donc tout de la décision d'urgence. Voire du gâchis, même si le joueur pourra se rassurer en invoquant l'exemple de son illustre compatriote, Thiago Silva.

Le «Monstre» parisien, de retour à son niveau depuis quelques journées, a en effet connu une trajectoire un peu similaire, quittant le Brésil et le club de Juventude pour Porto, au Portugal, puis le Dynamo Moscou en Russie, avant de rentrer pour deux saisons à Fluminense, et d'exploser ensuite au Milan AC. On se console comme on peut...