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Mais où Tadej Pogacar va-t-il bien pouvoir perdre le Tour de France ?

Tour de France 2026 : « Du suspense jusqu’au bout »… Mais où Tadej Pogacar va-t-il bien pouvoir perdre la Grande Boucle ?

fin de l’hégémonieChristian Prudhomme, le directeur du Tour de France, a présenté le parcours de la 113e édition ce jeudi au Palais des Congrès à Paris
Le parcours du Tour de France dévoilé (avec plusieurs surprises)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Le parcours du Tour de France 2026 (du 4 au 26 juillet) a été présenté au Palais des Congrès, ce jeudi, avec un départ de Barcelone et des innovations comme un contre-la-montre par équipe le premier jour, deux arrivées successives à l’Alpe d’Huez et le retour de la rue Lepic.
  • Les organisateurs ont conçu un parcours progressif pour créer du suspense face à la domination de Tadej Pogacar, comme l’explique Christian Prudhomme : « On essaie simplement, comme tous les amoureux du cyclisme, d’avoir un parcours qui permette d’avoir un suspense jusqu’au bout. »
  • Malgré les espoirs de voir Pogacar en difficulté grâce à ce parcours exigeant, notamment en fin de course, les observateurs restent prudents car comme le souligne Adrien Petit : « S’il est fort comme cette année, c’est difficile à imaginer un endroit où il peut le perdre. »

Au Palais des Congrès,

Oubliez la tempête Benjamin, ses branches d’arbre qui volent au-dessus de votre tête, ses rafales à vous décoiffer un brushing préparé pendant des heures et ses tourbillons à vous en faire perdre votre casquette… Ce jeudi matin, au Palais des Congrès de la porte Maillot, à Paris, il y avait un petit air estival avec la présentation du parcours du Tour de France 2026 (du 4 au 26 juillet).

Une 113e édition, qui partira de Barcelone, marquée par un contre-la-montre par équipe le premier jour, des sacrées vacheries glissées çà et là, deux arrivées successives à l’Alpe d’Huez et le retour de la rue Lepic, escaladée à trois reprises, pour clore une édition qui s’annonce historique. Pourquoi historique ? Parce que Tadej Pogacar n’égalera pas (tout de suite) Bernard Hinault avec cinq victoires sur la Grande Boucle.

Le parti pris est risqué tant le Slovène domine de la tête et des épaules le cyclisme mondial depuis plusieurs années. Hormis Milan-San Remo et Paris-Roubaix (pour encore combien de temps ?), plus rien ne lui échappe. Alors pourquoi le Tour de France ferait exception ? Parce que le parcours préparé par Christian Prudhomme et ses équipes va mettre à mal le double champion du monde.

Pas un parcours anti-Pogacar

« On ne fait pas des parcours anti tel ou tel, a répondu le directeur du Tour de France en zone mixte après son grand oral. On essaie simplement, comme tous les amoureux du cyclisme, qu’ils soient journalistes, organisateurs ou simples fans, d’avoir un parcours qui permette d’avoir un suspense jusqu’au bout. Je ne suis pas devin, peut-être qu’au final le leader aura six minutes d’avance au lieu de trois. Ou peut-être qu’il ne sera plus leader. En tout cas, c’est fait pour qu’il y ait du suspense. »

L’année dernière, au bout de huit étapes, Tadej Pogacar avait déjà dans son escarcelle trois victoires et deux deuxièmes places. Il avait écœuré le reste du peloton et même les suiveurs du Tour, pas loin de préférer ne pas faire la bascule de France 3 à France 2 pour regarder un épisode de « Rex » plutôt que voir le maillot jaune écraser la course. Promis, ça ne se passera pas de la même façon cette année, notamment avec un chrono par équipe pour commencer, où Pogi devra compter sur les siens pour sortir un gros temps.

« C’est très ouvert cette année, nous explique Jonas Abrahamsen, qui n’a cessé d’attaquer sur les routes de l’Hexagone l’année dernière. Avec le contre-la-montre par équipe, il va devoir avoir une bonne équipe. Aussi pour gérer les étapes de sprint et celles pour les baroudeurs. » Notre scénario pour ne pas voir l’ourson de Komenda tout boulotter : des échappées avec des coureurs bon grimpeurs qui prennent le large, l’équipe UAE laissée seule pour tenter de contrôler la course, et Pogi lui-même qui fait n’importe quoi…

« Un Tour bâti pour aller crescendo »

Les étapes accidentées seront nombreuses, notamment au début (2e, 3e, 9e, 13e, 14e étape a minima), les organisateurs du Tour ayant choisi de ne pas rendre la traversée des Pyrénées trop difficile pour éviter que la course n’ait plus aucun intérêt une fois passée la traditionnelle arrivée à Pau (5e étape).

« C’est fait exprès, évidemment, pour ne pas éliminer des coureurs du type Ben Healy et garder le plus grand panel possible de coureurs dans le coup, assure Christian Prudhomme. Ce Tour est bâti pour aller crescendo. » Les choses sérieuses commenceront vraiment lors de la 10e étape, le 14 juillet, avec une arrivée au Lioran (Cantal), là où Jonas Vingegaard avait réussi à dompter son meilleur ennemi au sprint en 2024.

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Si les arrivées au Markstein (14e étape) et au Plateau de Solaison (15e étape) feront sûrement des dégâts, tout devrait se jouer lors des quatre dernières étapes, avec trois arrivées au sommet, dont deux à l’Alpe d’Huez, et le retour de la Butte Montmartre à Paris, là ou Pogacar avait craqué face à Wout Van Aert l’année dernière sous la pluie parisienne. Alors, cela sera-t-il suffisant pour renvoyer le Slovène à ses chères études ?

Lutte pour le général « intéressante » selon Abrahamsen

« Jonas Vingegaard aime les montées très hautes, c’est un coureur qui est très très résistant, qui est capable, dans les derniers jours du Tour de France d’être très fort, indique Christian Prudhomme. Je pense que le parcours ne lui déplaira pas. » On pensait la même chose l’année dernière, quand on répétait que les arrivées en haute altitude, sur des longues montées allaient favoriser le Danois… En vain.

« La dernière semaine est si dure, tout peut se passer, analyse de son côté Jonas Abrahamsen. Pogacar a déjà craqué il y a quelques années, on ne sait jamais. La lutte pour le classement général va être très intéressante. » Sur les quelques coureurs du peloton à être présent à Paris, ce jeudi, le coureur d’Uno-X était bien l’un des seuls à évoquer une possible défaillance du glouton d’UAE-Team Emirates.

« S’il est fort comme cette année, c’est difficile à imaginer un endroit où il peut le perdre, assure Adrien Petit, qui vient juste de raccrocher le vélo dans le garage. Après, sur le Tour de France, il y a de la nervosité, des chutes, des bordures. S’il y a des "chances" qu’il le perde, c’est sur une chute ou un truc comme ça plus que sur une défaillance. Sans pépin, il sera difficile à battre. » On veut quand même y croire, Adrien, laisse-nous un petit espoir.