Giro: Parcours, forme, adversaires… Et si Thibaut Pinot nous gagnait le Tour d’Italie?

CYCLISME On a de quoi y croire, fort...

B.V.

— 

Thibaut Pinot en 2016
Thibaut Pinot en 2016 — SIPA

OK, le Giro n’est pas le Tour de France, le Mortirolo n’est pas l’Alpe d’Huez et le maillot rose ne procure sans doute pas les mêmes émotions pour un coureur français que le jaune. Il n’empêche : vu le nombre de victoire dans les Grands Tours sur ces 20 dernières années (à savoir 0), on se contenterait bien d’un Tour d’Italie, non ? Ça tombe bien, notre Thibaut Pinot national a décidé d’y participer cette année et a une bonne gueule de favori avant le départ, vendredi. Pour vérifier ça, on a demandé son avis au dernier français à être monté sur le podium du Giro, John Gadret. Alors, Thibaut Pinot peut-il le faire ?

>> A lire aussi : C'est bien beau tous ces super coureurs français, mais on gagne quand?

Sur le parcours : « Ça lui convient »

Il a de la gueule, ce 100e Giro. Pas d’étapes trop piégeuses, une dernière semaine très montagnarde avec des ascensions longues et difficiles, juste comme Pinot les aime. Et surtout, deux contre-la-montre assez long (40 et 30km) qui devraient lui permettre de (re) prendre du temps aux petits grimpeurs. Attention quand même aux étapes 16 et 18, où ça risque d’attaquer dans les descentes. Pas vraiment son point fort.

L’avis de John Gadret : « C’est un Giro taillé pour des grimpeurs, et les contre-la-montre vont plaire à Thibaut. C’est un parcours qui lui convient, notamment la dernière semaine. Je ne suis pas inquiet sur les descentes. J’aurais pu l’être il y a 5/6 ans où il avait beaucoup de lacunes dans ce domaine-là, mais ce n’est plus le même Thibaut. »

Sur l’état d’esprit : « Pas de pression, à part celle qu’il se met lui-même »

On l’a souvent annoncé comme le Français qui pouvait gagner le Tour de France, et il s’est souvent planté sous la pression. Pas vraiment le genre d’homme qui aime être dans la lumière, Thibaut Pinota lui-même demandé à courir le Giro pour connaître quelque chose de nouveau. Et s’éviter la cohue médiatique.

L’avis de John Gadret : « Pour l’avoir vécu auparavant, un coureur français a plus la pression sur le Tour de France. Là, il n’aura pas de pression particulière, à part celle qu’il se met lui-même. Je pense qu’il va arriver sur ce Giro confiant. »

La forme : « Dans les temps mais attention »

C’est un vrai bon début de saison pour Thibaut Pinot. Troisième de Tirreno-Adriatico, il a par contre été déposé par un Geraint Thomas aérien sur le Tour des Alpes, qu’il termine quand même deuxième.

L’avis de John Gadret : « Vaut mieux qu’il ne soit pas encore trop en forme. Le pic de forme, il faudra mieux l’avoir en troisième semaine du Giro, pour l'enchaînement d'étape de montagne. Attention quand même, au bout de quatre jours il y a déjà une bonne étape de montagne (arrivée à l’Etna), il ne faudrait pas avoir un jour sans. Mais pour l'instant, il est dans les temps. »

Les adversaires : « Nibali sur ses terres va être difficile à battre »

On en parlait à l’instant, le nouveau produit de la Sky Geraint Thomas fait peur. Mais s’il n’y avait que lui…Là, on parle d’un des plateaux les plus relevés sur le Giro depuis des lustres. Quintana vs Nibali vs Pinot vs Thomas, ajoutez-y du Kruijswijk et du Zakarin pour le fun et ça va bastonner sévère.

L’avis de John Gadret : « Thibaut Pinot a déjà rivalisé au Tour de France avec Froome, Contador, tous les meilleurs… Il est à leur niveau. Ce n’est plus n’importe quel coureur. Il va être présent. Malgré tout, je pense que Nibali sur ses terres va être difficile à battre. »

Son équipe : « Thibaut est bien entouré »

Il a sa garde suisse. Recrutés exactement pour ce job-là, les Helvètes Sébastien Reichenbach et Steve Morabito vont aider Pinot dans la montagne. Pour le reste, l’équipe FDJ semble plutôt complète. Moins impressionnante que les armadas Sky et Movistar, mais complète.

L’avis de John Gadret : « Il a une belle équipe. Les deux coureurs suisses qui grimpent très bien vont l’épauler dans la montagne, les bons rouleurs comme William Bonnet pour le remonter ou le protéger dans le peloton quand il y aura du vent par exemple. C’est une équipe prête pour tous les styles de terrains. »

Les conditions météo : « Il faut aimer les conditions extrêmes »

« La chaleur ne me convient pas. » Juillet 2015, Pinot craque sur le Tour de France et invoque la canicule. Sur le Giro, même s’il peut faire chaud, le Français devrait être plus à l’aise.

L’avis de John Gadret : « S’il aime les conditions un peu extrêmes, ça peut le faire. Moi c’est ce que j’aimais dans le Giro, je n’aimais pas la chaleur du Tour de France. Au Giro, on peut passer d’une étape sous le soleil à une étape sous la neige en haut d’un col. »

L’expérience : « Il a déjà couru des grands tours ? »

Peut-on gagner le Giro quand on le court pour la première fois ? Thibaut Pinot découvre le grand tour italien. Rédhibitoire ? Pas forcément. Le Français s’est déjà montré costaud sur de nombreuses courses italiennes (Tour de Lombardie, Tirreno-Adriatico).

L’avis de John Gadret : « On me pose souvent la question et franchement, ça va. C’est Thibaut Pinot, il a déjà couru des grands tours. Ça ressemble au Tour de France. Au fond, la course est la même, ce n’est pas un souci. »