Le «Cycliste masqué» vous répond: «On ne pourra jamais assurer que le peloton est propre à 100%»

CYCLISME «Je suis le cycliste masqué » (Hugo Sport) sort jeudi en librairie...

A.M.

— 

La couverture du livre «Je suis le cycliste masqué».
La couverture du livre «Je suis le cycliste masqué». — Hugo Sport

« J’ai fait ce livre pour que le public comprenne qui nous sommes vraiment ». Sacrée mission que s’est fixée le « Cycliste masqué ». Dans un témoignage publié jeudi (Hugo Sport, 17,50€), ce coureur anonyme raconte la vie d’un professionnel en 2016, écrit en collaboration avec Antoine Vayer. On parle de dopage, forcément. Mais aussi d’argent, d’entraînement, de sexe, du Tour de France, des Français et de « Radio Peloton ». 20 Minutes vous a proposé de lui poser vos questions. Voici ses réponses.

Combien faut-il avoir de kilomètres pour se présenter sur le Tour de France ? (Sophie)

Pour se présenter au départ du Tour de France il ne suffit pas d’avoir accumulé des kilomètres, mais plutôt d’avoir bien travaillé à l’entraînement et avoir fait les bonnes courses de préparation en amont, tout en ayant un gros moral et une grosse motivation ! 1000 heures par an, les fesses sur la selle est une moyenne annuelle. Le Tour de France, c’est fashion. On devrait dire « la » Tour de France, c’est une maîtresse.

Est-ce que c’est compliqué de rouler masqué, du coup ? (Schmouf)

Non, cela n’est pas compliqué à partir du moment où le masque n’est pas trop grand pour toi. Si vous lisez le livre et sa conclusion, vous comprendrez qu’il est un engagement à la parole pour mes compagnons de route qui n’ont rien à cacher.


Quel protocole pour être au top pour un five entre pote ? Je suis ouvert à toutes les substances (Guy).

Le meilleur protocole est un groupe de potes et une bonne bière, le cyclisme professionnel peut être la fête. C’est une joie et une souffrance.

Est-ce que les supporters vous ont déjà agacé par leur présence sur la chaussée ? (Valentin)

La présence des supporters et leur proximité sont un atout majeur pour notre sport et l’essence même de la popularité du cyclisme. Il n’y a que très peu de débordements. On supporte facilement les « pompes », comme on dit dans le jargon, même s’ils nous gonflent un peu.

Est-ce que vous diriez que le peloton est moins dopé qu’il y a 10 ans ? (Pierrot)

Ah ça, oui ! Je m’en porte même garant, mais on ne pourra jamais assurer que le peloton est propre à 100 %, tant qu’il y aura des imbéciles qui essaieront de vaincre sans souffrir. C’est toujours un problème, mais qui est moins majeur que par le passé.


C’est quoi le pire : Se doper pour gagner ou la corruption ? (Pierrot)

Les deux mon capitaine ! Parfois, c’est lié.

Je suis un supporter de Peter Sagan. C’est quoi vos arguments pour me prouver qu’il est propre ? (PetoFan)

Sagan est un jeune coureur vraiment talentueux depuis les catégories jeunes. Il est ultra-dominateur et il a une vision : Le jeu du cyclisme. C’est pourquoi je « crois » en lui. Il apparaît crédible.

Vous êtes très critique avec M. Madiot dans votre livre. Qu’est-ce que vous lui reprochez en fait ? Et aussi faut-il douter des performances des FDJ ? (Soquette Légère)
Je n’ai rien contre le président de ligue et manager, omniprésent depuis 25 ans. Normal que pour un livre centré sur la France, je le taquine. Son équipe est constituée de jeunes coureurs très talentueux et donc avec une nouvelle culture du cyclisme où le dopage n’a pas sa place. Malgré tout, je ne peux vous assurer et je ne pense pas que monsieur Madiot puisse faire en sorte que 100 % de ses coureurs soient tous cleans. Ce qu’on peut lui reprocher c’est le fait d’avoir fait partie, comme d’autres vieux managers présents en 1998, d’un cyclisme sombre et sale. Il serait peut-être bon pour eux de laisser la main. Cela régénérerait, rassérénerait.

Honnêtement, est-ce que les coureurs n’essaient pas de draguer tout le temps les hôtesses des podiums ? (MontreuilTeam)

Les coureurs n’ont pas le temps de draguer. Sitôt descendus du podium, ils doivent penser à récupérer pour la course du ou des lendemains. Je vous engage à lire le chapitre sur le sexe.

Est-ce que les coureurs aiment bien Thierry Adam ? Et avec la télé, est-ce qu’ils font vraiment exprès de s’échapper pour passer à la télé ? (José)

Le vélo est parfois commenté de manière obséquieuse, hélas. Bien sûr, que les coureurs s’échappent toujours en espérant pouvoir aller jusqu’à la ligne d’arrivée ou empocher un prix, mais pas vraiment pour passer à la télévision.