France-Irlande: «Si j'étais un parieur, je ne parierais pas sur la France», lance Thierry Dusautoir

RUGBY Le capitaine des Bleus a fait un peu d'intox avant d'affronter les Irlandais...

A.M. avec AFP

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Thierry Dusautoir, le capitaine de l'équipe de France, le 10 octobre 2015, à Cardiff.
Thierry Dusautoir, le capitaine de l'équipe de France, le 10 octobre 2015, à Cardiff. — FRANCK FIFE / AFP

Le XV de France, déjà qualifié pour les quarts, est prêt «à relever le grand défi» que constitue le choc de Coupe du monde contre l'Irlande à Cardiff dimanche, avec la première place de la poule D en jeu, a estimé samedi son capitaine Thierry Dusautoir.

Vous êtes déjà qualifiés pour les quarts de finale, craignez-vous un relâchement ?

Il y a relâchement souvent quand on joue contre une équipe dite plus faible. Dimanche, ce ne sera pas le cas. On sait qu'il faudra jouer notre meilleur rugby pour battre l'Irlande. Je ne crains pas de relâchement. Ce sera un match très costaud. L'Irlande est présentée comme l'un des favoris de la compétition, c'est un défi important à relever. C'est aussi important de jouer une grande nation du rugby en ce moment dans notre progression, avant les matches à élimination directe.

Le manager des Bleus Philippe Saint-André a expliqué que vous étiez, tous les joueurs, «affamés» avant ce match. Est-ce aussi votre avis ?

Je sens l'équipe prête à relever le grand défi qui lui est proposé. Je ne saurais pas vraiment qualifier cette envie, mais on a pu préparer ce match pendant 10 jours, on a eu le temps de récupérer et de nous concentrer sur cet objectif vraiment stimulant même si on est déjà qualifiés. Cela reste un match assez intéressant à jouer, un nouveau défi à relever.

Vous n'avez pas battu l'Irlande depuis 2011. Cela compte-t-il ?

C'est vrai. Mais nous avons fait deux matches nuls, et les deux victoires (de l'Irlande) étaient très serrées. J'espère que demain (dimanche) on va réussir à gagner. Si j'étais un parieur, je ne parierais pas sur la France, mais je suis joueur et je pense que nous pouvons changer cette série demain sur le terrain.

Inversement, l'Irlande n'a jamais battu la France en Coupe du monde...

Je pense que les statistiques font surtout parler le passé. Ce qu'il s'est passé précédemment ne nous intéresse pas trop. Peut-être qu'effectivement il y a des enseignements stratégiques, tactiques, à tirer des matches contre eux, mais le résultat n'aura rien à voir avec ce qu'il s'est passé dans le passé. On n'a pas de pression particulière car on est qualifiés, on a juste envie de se régaler, de prendre du plaisir.

En cas de succès, enverriez-vous un message aux autres nations alors que vous avancez jusqu'ici masqués ?

Quelle que soit l'issue du match, l'état d'esprit (actuel) me convient. On reste dans notre bulle depuis le début, on est ensemble depuis le 5 juillet, on reste concentrés sur notre objectif et on ne se préoccupe pas trop de ce qu'il se dit à l'extérieur. C'est la meilleure chose pour avancer. Tout le monde a son avis sur les équipes dans la compétition, c'est normal, logique et commun. Mais le plus important c'est d'être concentrés sur nos performances. On est assez lucides sur notre dernier match (41-18 contre le Canada, NDLR), on a envie de progresser, de faire mieux. Et ce match est un bon moyen de voir où on en est.

L'objectif en gagnant est-il aussi d'éviter les All Blacks en quarts de finale ?

La dernière fois qu'on a joué contre l'Argentine (autre adversaire potentiel, NDLR), on a perdu (en novembre 2014, NDLR). C'est sûr qu'on aurait peut-être plus de chances de gagner contre l'Argentine mais je ne pense pas que ce serait un adversaire plus facile. Je veux juste que l'équipe soit concentrée sur ce match, qu'elle progresse et batte l'Irlande.