Eden Hazard félicité par Romelu Lukaku contre la Tunisie.
Eden Hazard félicité par Romelu Lukaku contre la Tunisie. — Yuri CORTEZ / AFP

FOOTBALL

Coupe du monde 2018: Les Belges «ne veulent pas dire qu’ils ont la meilleure équipe» (et pourtant si les gars)

Les joueurs de Roberto Martinez sont restés modestes après avoir explosé la Tunisie (5-2)...

  • Cette Belgique rappelle le Manchester City qui a marché sur la Premier League. Ses résultats (3-0, 5-2), ceux de la France au Mondial 2014, sa facilité offensive et sa fraîcheur physique aussi. On ne lui espère pas la même fin d’aventure frustrante.
  • Les cinq buts marqués par les Belges ont tous été assez remarquables de l’action qui a amené le premier penalty jusqu’au centre parfait de Tielemans pour Batshuayi.

De notre envoyé spécial à Moscou,

L’image était fugace et elle doit beaucoup à Kevin De Bruyne, qui joue dans les deux équipes. Mais plus on regarde la Belgique, plus on a l’impression de revoir le City de Guardiola qui a écrabouillé la Premier League avec la semelle cette saison. Le système est un peu différent, puisque les Diables Rouges défendent à cinq la plupart du temps (ils sont repassés à quatre avec l’entrée de Fallaini à l’heure de jeu), mais l’esprit est le même. Dans une compétition où toutes les grosses équipes avancent à la vitesse des tracteurs dans les champs de blé, la Belgique se dépense sans arrière-pensée, ce qui fait plaisir à nos yeux d’observateurs un peu blasés.

Cinq joueurs offensifs alignés ensemble

Malgré la chaleur moscovite (un bon 32/33 avant l’orage), on a compris au bout de deux minutes que ça irait trop vite pour les Tunisiens. Carrasco et Meunier volaient sur le côté, De Bruyne distribuait sans forcer, Hazard et Mertens se baladaient entre les lignes ennemies sans se faire voir. Quand les deux derniers ont décidé de balancer les grenades, on a vu le 14 juillet en avance. Commentaire sobre de l’ailier des Blues.

On s’est rendu le match facile. On savait que les Tunisiens devaient l’emporter et qu’ils allaient laisser des espaces. Nous, notre force c’est de se projeter vite vers l’avant quand on récupère, ça nous a permis de pas mal marquer aujourd’hui. On est en bonne forme, on a rendu le match facile. On va dire ».

Cinq pions, tous assez remarquables de l’action qui a amené le premier penalty jusqu’au centre parfait de Tielemans pour Michy, qui a pourtant raté un nombre de trucs proprement invraisemblable pour le temps qu’il a joué.

Lukaku, lui, n’a rien raté du tout (allez, un crochet un peu long sur un face-à-face si on pinaille), et le train de marchandise de Manchester s’installe tranquillement en tête du classement des buteurs, tout là-haut avec CR7 (4 buts). Le travail de Titi Henry porte ses fruits : « Il m’aide beaucoup, depuis deux ans j’apprends énormément à ses côtés. Il me fait progresser sur les mouvements, sur la façon de prendre les espaces, les premiers contrôles, la meilleure manière de faire jouer l’équipe ».

Tous les gros ont joué deux fois, désormais, à part les Allemands à qui on souhaite bien du courage contre la Suède, et on a bien été obligés de dire à nos amis belges qu’on n’a pas vu meilleur collectif que le leur depuis qu’on a mis les pieds en Russie. Réponse mesurée de Tielemans :

Il faut rester les pieds sur terre, on a fait deux bons matchs, on a marqué 8 buts, on est contents de nous mais on ne peut pas dire qu’on est la meilleure équipe. On sait qu’une fois qu’on arrive lancés devant le but, on peut être dangereux, mais les équipes vont êtres plus vigilantes à l’avenir ».

Comprendre qu’elles vont appuyer sur les défauts des Belges, un poil mis en lumière par les Tunisiens sur quelque temps forts en première mi-temps. Une relative faiblesse sur les coups de pied arrêté et beaucoup de légèreté défensive sur les côtés, surtout celui de Carrasco, à qui on ne peut pas demander de défendre comme s’il était autre chose qu’un ailier de formation. Les trois centraux ont tenu la roulotte, mais il faudra bien savoir quoi faire avec Kompany s’il revient un jour de blessure. Son expérience est bien supérieure à celle de Boyata, parfois un peu chien fou, mais on sent qu’un gars pas à la hauteur physiquement peut complètement faire plonger l’équipe.

Ne pas finir comme les Bleus en 2014

Des détails évidemment remarqués par Roberto Martinez, le sélectionneur des Belges : « Aujourd'hui, n'oubliez pas que c'est une équipe qui convenait à notre style​. Il faut rendre hommage à la Tunisie qui a joué pour gagner, mais ils ont laissé des espaces et notre mérite c’est d’avoir profité de ces espaces. Avec une avance de deux buts on aurait dû contrôler la situation un peu mieux même si j’ai vu une équipe bien équilibrée avec des joueurs prêts à s’aider. »

Une autre comparaison qui nous vient à l’esprit. 3-0, 5-2, ce sont exactement les scores de la France il y a quatre ans. La même facilité offensive, la même fraîcheur physique, et les mêmes promesses, pour la fin d’aventure frustrante que l’on sait. On souhaite aux Belges d’attendre un peu plus longtemps que nous au Brésil avant de se prendre un bon gros mur de réalité dans le buffet.