«Ne pas céder aux émotions», le Kremlin reste mesuré après la suspension de la Russie aux JO d'hiver

ATHLETISME Aucune décision officielle ne sera prise par la Russie avant le 12 décembre...

A.L.G. avec AFP
— 
Vladimir Poutine.
Vladimir Poutine. — Alexey Druzhinin afp.com

Le Kremlin a appelé mercredi à « ne pas céder aux émotions » après la décision du Comité international olympique (CIO) de suspendre la Russie des JO d’hiver, sanction qui a indigné les mondes sportif et politique russes.

Mardi soir, le CIO a suspendu la Russie des jeux Olympiques d’hiver 2018 pour dopage institutionnalisé, ouvrant toutefois la porte aux sportifs « propres » qui pourront concourir sous drapeau neutre, une décision unique dans l’histoire de l’olympisme puisque pour la première fois, un pays entier est suspendu pour dopage.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé mercredi que « la situation est sérieuse » et affirmé qu’il ne fallait pas « céder aux émotions, mais analyser avec attention la décision du CIO ». Selon Peskov, les premières décisions seront prises suite à la prochaine réunion du Comité olympique russe (ROC), prévue le 12 décembre. « Avant cela, tirer des conclusions serait prématuré », a-t-il ajouté.

Alors que plusieurs députés et sénateurs russes indignés par la décision du CIO ont estimé qu’il serait humiliant pour la Russie de participer sous drapeau olympique, laissant entendre qu’un boycott serait préférable, le Kremlin semble adopter une attitude beaucoup plus mesurée.

Poutine garde le silence

Le président Vladimir Poutine, qui s’exprimait lors d’un discours très attendu à l’occasion d’un Forum à Moscou, n’a d’ailleurs pas évoqué le sujet jeudi, éludant aussi la question de sa possible candidature pour un quatrième mandat à l’élection de mars 2018.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a été beaucoup plus offensive en dénonçant, selon les agences de presse russes, « une attaque massive liée au fait que la politique d’isolation de la Russie a échoué » et s’en prend maintenant à la sphère sportive.

Le 19 octobre, Vladimir Poutine avait prévenu qu’obliger les athlètes russes à évoluer sous bannière neutre constituerait une « humiliation pour la Russie ». Mais un boycott « n’est pas un sujet de discussion » et Moscou reste « dévoué à l’idéal olympique », avait indiqué lundi Dmitri Peskov.