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« Qu'est-ce qu'on va faire sans Zidane ? »

« Qu'est-ce qu'on va faire sans Zidane ? »

Ils sont venus, ils sont tous là. Des Blacks, des Blancs, des Beurs, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des grands, des petits, des gros, des maigres... Certains ont des drapeaux dans les mains, d'autres des maillots sur le dos ou des enf...
©2006 20 minutes

©2006 20 minutes

Ils sont venus, ils sont tous là. Des Blacks, des Blancs, des Beurs, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des grands, des petits, des gros, des maigres... Certains ont des drapeaux dans les mains, d'autres des maillots sur le dos ou des enfants sur les épaules. Beaucoup ont les joues et les cheveux tricolores. Sous un soleil de plomb, tous ont attendu les Bleus hier après-midi place de la Concorde, devant le palace du Crillon, recouvert pour l'occasion d'un immense maillot.

Pendant deux heures, ces milliers de supporteurs ont patienté en chantant, criant, scandant le nom de leurs idoles. Un en particulier : « Zizou ». La présence du retraité le plus célèbre du monde est l'objet de beaucoup de conversations. « Il va venir, hein, maman ? », demande, anxieuse, une adolescente à sa mère. « J'espère qu'il sera là, explique Toufik. On veut le remercier, il le mérite, il a tant donné au foot et à la France. Dommage qu'il sorte comme ça. » Ce père de famille est venu avec ses deux petits garçons. « Est-ce qu'ils verront jouer d'autres Zidane ? », s'interroge-t-il.

Contrairement à la plupart des éditorialistes hier matin, les supporteurs présents n'en veulent pas au nº 10 des Bleus pour son coup de tête sur Materazzi dimanche soir en finale. « C'est un homme, il a le droit de craquer, de faire des erreurs », estime Christophe. « Les paroles de l'Italien sont sans doute plus blessantes que le coup de Zizou », ajoute Florence.

Vers 15 h 30, l'hystérie devient collective. Au loin apparaît le bus des Bleus. La foule entre en mouvement, tous veulent voir passer, même pendant une petite seconde, les joueurs. « Y a Sagnol ! Et Thuram ! Il m'a dit bonjour ! », s'emporte un jeune. Quelques minutes passent, pendant lesquelles les supporteurs entonnent la Marseillaise, avant que l'équipe ne se présente au balcon du Crillon.

D'un coup, la place exulte comme un seul homme, des supporteurs aux personnels du palace, jusqu'à certains CRS censés encadrer le rassemblement. Domenech, Henry, puis Ribéry viennent saluer. Arrive le tour de l'idole. La main droite légèrement levée, la tête basse, le sourire triste, Zidane est là. Cri d'amour. « Zizouuu ! Zizouuu ! Zizouuu ! » Certains supporteurs sont en larmes. « Il est le plus grand, plus grand que Pelé, Platini, Maradona... OK, l'Italie est peut-être championne du monde, mais la France avec Zizou est la meilleure équipe du monde », s'étrangle Eric, très ému. Zidane reste au balcon quelques secondes à peine, mais les vivats continuent pour les joueurs suivants, notamment Trezeguet, malheureux sur son penalty dimanche, et Thuram, qui arrête lui aussi sa carrière internationale. Trezeguet, en larmes, tombe dans les bras d'Henry, puis les joueurs quittent la scène. La foule en veut encore. « Zidane au balcon ! Zidane au balcon ! », scande-t-elle. Alors, les Bleus reviennent et forment une haie d'honneur pour leur meneur de jeu. Zidane reparaît, et cette fois, sourit. « On t'aime ! », crie une vieille dame.

Les Bleus disparus, la place se vide doucement, les secours évacuant plusieurs personnes prises de malaises. Thierry, lui, remonte sur son scooter, un drapeau français en guise de cape. « J'arrive pas à croire qu'il arrête... Qu'est-ce qu'on va faire sans Zidane ? », se demande, les yeux dans le vague, le jeune homme.

Bastien Bonnefous