Zidane est éternel

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Quelque part, il semblait écrit que Zinédine Zidane ne devait pas faire ses adieux, ce mardi soir à Hanovre. «Je regrette de devoir le dire aux Espagnols, mais l’heure de ma retraite n’est pas encore venue », a déclaré le stratège français, comme une réponse aux «Adieu Zidane» des supporters espagnols entendus avant la rencontre. Le numéro 10 des Bleus n’a certes plus la même aura qu’en 1998 et 2000, mais, à l’image d’une équipe annoncée partout comme vieillissante, il a su changer son fusil d’épaule avec le temps. La puissance a été remplacée par la sagesse, et c’est ce qui illustre le match de mardi soir. Si l’Espagne a souvent eu le ballon, la France s’est repliée sans s’affoler, et Barthez n’a finalement jamais eu à s’illustrer. Même menée et avec un seul attaquant, l’équipe de France n’a jamais paniqué et est revenue au score sans puiser dans ses réserves. L’essentiel pour les joueurs de Raymond Domenech était d’arriver à l’approche de la fin du match avec encore un coup à jouer : c’est ce qui s’est passé. L’illustration de cette réussite tardive est symbolisée par le coup-franc qui a amené le but de Vieira. Depuis le début du match, «Zizou» manquait tous ses corners, au point que l’on se demandait s’il devait toujours continuer à les tirer côté français. Et sur ce coup-franc, Zidane retrouve tout son touché, et Vieira sa hargne, pour propulser la France en quart de finale. Le reste, le but inscrit à la dernière seconde sur contre-attaque, ressemble surtout à un clin d’œil de l’histoire, une cerise sur le gâteau qui va avoir son importance. A l’heure où la France se prépare désormais à affronter le Brésil, les Bleus apprécient plus que jamais le fait de laisser leur adversaire endosser le costume de favori.

Gaël Anger