Roland-Garros: Nicolas Devilder, le miraculé revenu de nulle part
TENNIS•Sortis des qualifications et habitué des tournois Futures et Challengers, il joue sa place au 3e tour mercredi...Antoine Maes, à Roland-Garros
Je suis zen, évidemment». A 32 ans, Nicolas Devilder a de toute façon passé l’âge de se faire des films. Après être sorti de l’enfer des qualifications puis avoir écrasé l’étoile montante du tennis serbe au premier tour, le natif de Dax joue une place au troisième tour contre l’Allemand Berrer, mercredi. Quand on est 286e mondial et qu’une cheville récalcitrante vous force depuis trois ans à écumer les tournois de deuxième et troisième zone, on profite quand même un peu. «Mais je n’ai plus 18 ans, je ne vais pas me dire soudainement que je peux faire dixième mondial», se marre Devilder.
«Des terrains pas terribles et sans ramasseur de balle, dans des pays un peu pourris»
Se marrer, ce n’est pas franchement ce qu’il faisait le plus ces derniers temps. Reparti de zéro au classement, il est parti à la chasse aux points, par petits paquets de 10 et aux quatre coins du monde. «Se taper des Futures ou des qualifs dans des Challengers, sur des terrains pas terribles et sans ramasseur de balle, dans des pays un peu pourris», souffle le joueur. Tout le contraire de sa semaine Porte d’Auteuil. «Là il est tranquille, il s’entraîne 30 minutes, une heure par jour, il fait un peu de soins, et il rentre chez lui, pépère», s’amuse Olivier Soulès, son coach, mis à la disposition par la fédération. Il l’était un peu moins au moment de plomber une balle de match en sa faveur au premier tour contre Krajinovic. «Là, il a mouillé!», avait chambré Soulès de la tribune.
Le soir venu, il profite de sa famille et de ses potes, à Rueil-Malmaison, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de Roland-Garros. Et repense sereinement à une carrière qu’il aurait pu arrêter, la faute à ces voyages exotiques et à sa cheville gauche, toute raide. «Quand on a touché le Top 100 et que l’on se retrouve 600 et qu’on doit jouer les Futures, on se dit: «Est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire tous ces efforts? Est-ce qu’on doit passer à autre chose?» Je me suis posé ces questions, mais il y a encore la place, alors il faut continuer», raconte Nicolas Devilder. Jusqu’à quand? Même lui n’a pas la réponse.


















