NBA: Privés de Derrick Rose, les Bulls peuvent-ils encore rêver de titre?

BASKET Sans son meilleur joueur, blessé au genou et indisponible jusqu'à la fin de la saison, l'équipe de Joakim Noah ne fait plus aussi peur...

B.V.

— 

Derrick Rose après sa blessure face à Philadelphie, le 28 avril 2012
Derrick Rose après sa blessure face à Philadelphie, le 28 avril 2012 — J.YOUNG/REUTERS

Si l’on voulait paraphraser une célèbre pub, on dirait qu’avant, les Bulls pouvaient viser le titre NBA. Mais que ça, c’était avant que leur meneur et meilleur joueur, Derrick Rose, ne soit victime d’une rupture des ligaments croisés lors du premier match des play-offs face à Philadelphie (victoire 103-91), samedi après-midi. Absent pour six à neuf mois, D-Rose va forcément cruellement manquer à son équipe, la meilleure de la ligue en saison régulière (50 victoires, 16 défaites) et considérée comme l’une des grandes favorites pour la bague de champion.

«Cette équipe est faite autour de lui, pose d’emblée Jacques Monclar, consultant NBA pour Canal+. Comme Kobe Bryant aux Lakers, les Bulls reposent sur un joueur… Quand on vous enlève la base de l’édifice, vous pouvez encore fonctionner car vous avez des bons joueurs, mais jusqu’à un certain niveau.» Et ce niveau, pour l’ancien coach de Pau ou Limoges, c’est, au mieux, la finale de conférence [comme l'an passé]. «Ils peuvent battre Philadelphie puis Atlanta ou Boston sans lui. Mais face à Miami…»

Thibodeau: «Pas une condamnation à mort»

Le constat est presque implacable. Les statistiques, elles, redonnent un peu d’espoir à la meilleure défense de NBA. Notamment parce que la franchise de l’Illinois a déjà appris à se passer de Rose cette saison: sans le MVP 2011, régulièrement blessé ou laissé au repos depuis janvier, les Bulls ont ainsi gagné 18 de leurs 27 matchs sans lui. «Ce n’est pas une condamnation à mort. Le challenge pour chacun d’entre nous  est d’en faire un peu plus. C’est tout ce que nous avons à faire, et nous l’avons déjà fait quand il était absent» assure ainsi l’inspiré Tom Thibodeau, coach des Bulls. Son pivot français, Joakim Noah, enchaîne: «Notre marge d’erreur est beaucoup plus faible sans Derrick. Peut-on remplacer un joueur comme lui? Non. Mais c’est à nous tous de prendre le relai autant que l’on peut.»

L'absence de Rose signifie donc des responsabilités accrues (notamment en attaque) pour Carlos Boozer, Luol Deng ou même Joakim Noah. «Le secteur intérieur des Bulls est sans doute le meilleur de la ligue, concède Monclar avant de nuancer. Mais sans Rose, la défense adverse va se focaliser sur les autres dangers. Même s’ils ont fait beaucoup de matchs sans leur meneur,  ils perdent plus sans lui qu’avec lui, c’est une  logique bête. On ne peut pas remplacer un gars potentiellement MVP de la ligue comme ça. Ca reste une vraie équipe, mais plus un favori.» «Oui, c’est un coup dur, conclut Noah, fataliste mais pas résigné. Mais on ne va pas lâcher maintenant. Y a pas moyen. On va continuer à se battre et voir où ça nous mène…»