Coupe de France: Quevilly, des amateurs vraiment très pros

FOOTBALL Malgré des moyens limités, le club normand fonctionne presque comme un club professionnel...

Alexandre Pedro

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Les joueurs de Quevilly, à Clairefontaine, le 26 avril 2012.
Les joueurs de Quevilly, à Clairefontaine, le 26 avril 2012. — P.Alban/Sipa

Pour sa 95e finale, la Coupe de France vend pour affiche le choc de deux mondes. D’un côté, l’Olympique Lyonnais, seul club de l’Hexagone côté en bourse. De l’autre, l’US Quevilly, dont le budget annuel (1,9 million d’euros) équivaut plus ou moins à cinq mois du salaire de Yoann Gourcuff. Comme Calais en 2000, la petite PME normande incarne le football amateur comme on l’imagine dans le 13h de Jean-Pierre Pernaut. Sauf que dans la réalité, il n’y a pas de gardien boulanger ou de stoppeur agriculteur à Quevilly.

Salaire maximum: 2.500 euros

Amateur sur le papier, le 13e du National (3e division) fonctionne comme un club de Ligue 1, «mais avec le système D et les moyens du bord», avoue à Eurosport son président, Michel Mallet. A l’USQ, 14 joueurs ne vivent que du ballon rond grâce à des contrats fédéraux compris entre 1.500 et 2.500 euros par mois. Douze autres sont amateurs mais bénéficient pour la plupart de boulots trouvés par le club, à l’image du gardien Issa Coulibaly, employé à la communication de l’hypermarché géré par… Michel Mallet. 

Lyonnais et Quevillais n’ont peut-être pas le même salaire, mais ils ont le même entraînement. «Dans la structure de travail, les cycles d’entraînement, on est effectivement sur un mode professionnel, confirme le coach Régis Brouard. A chaque séance matinale, je dispose de la quasi-totalité de mon effectif.»

«Ils n’ont d’amateurs que le statut»

La différence de niveau technique et physique ne saute plus aux yeux entre les nantis de Ligue 1 et les smicards du National. «Ils n’ont d’amateurs que le statut, Pour moi, on est pros à partir du moment où on ne fait que ça»,  résume Yann Lachuer, entraîneur d’Orléans, éliminé par  les Normands  en Coupe de France.

Pour l’ancien meneur de jeu du PSG et d’Auxerre, la différence est «juste mentale». Autre entraîneur victime de Quevilly avec Feignies, Patrick Selle développe.  «La seule différence entre eux et des joueurs de L1 - quand vous voyez des gars comme Laup - c’est que le joueur de L1 est un tueur en puissance pour arriver où il en est.»  Pour préparer leur finale, les Quevillais ont d’ailleurs vécu une semaine type Ligue 1 avec portables éteints et mise au vert à Clairefontaine. Il faut bien ça pour entrer dans la légende de la Coupe et empocher une prime individuelle de 13.000 euros.