Florent Amodio: «J'ai encore une marge de progression»

INTERVIEW Cinquième des Mondiaux de patinage à Nice, le Francilien conclut sa saison en beauté...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le patineur français Florent Amodio, lors des championnats du monde de Moscou, le 28 avril 2011.
Le patineur français Florent Amodio, lors des championnats du monde de Moscou, le 28 avril 2011. — REUTERS

A 21 ans, le patineur de Cergy-Pontoise poursuit son ascension. Cinquième des derniers championnats du monde, samedi devant le public niçois, Florent Amodio compte maintenant rester dans le top 5 mondial, où Brian Joubert le devance d’une place (4e)…

Comment analysez-vous cette cinquième place mondiale?

C’était une compétition d’un niveau extraordinaire. Toutes les réactions que j’ai eues étaient incroyables sur le niveau du dernier groupe (les meilleurs). Réaliser des performances comme ça et être cinquième mondial, à ce niveau là, c’est merveilleux. Franchement. Cette bataille que je me suis livrée… Avec Brian (Joubert, 4e), on a porté l’équipe de France. C’est un rêve qui se termine.

Après un début de saison compliqué, vous considérez-vous comme un revenant?

Oui, mes Grand Prix ne se sont pas passés comme je le voulais. Mais j’ai toujours dit que je serais prêt pour les championnats d’Europe et du monde. Je suis très heureux d’avoir rempli mes missions. Je me suis prouvé que quand je veux être là, je suis là. On avance, on est enfin parmi les meilleurs mondiaux.

Que vous manque-t-il justement pour gravir les marches restantes?

Un quadruple saut, parce que Patrick Chan (sacré champion du monde) en a deux. Je n’en ai qu’un. Il manque tout ce qu’il y a à l’intérieur même du programme. Les transitions. C’est un travail recherché entre chaque saut. C’est le plus gros chantier. Voilà, on arrive dans le vif du sujet. Et j’ai encore une marge de progression.

Vous êtes-vous étonné sur cette compétition?

Pas forcément parce que je fais des sacrifices tous les jours en m’entraînant à Moscou où ce n’est pas la fête tous les jours. Moi, c’est mon but. Je veux arriver à ce niveau là. Après, je me dis: "Ouais, t’as été là quand même, fallait le faire". Ce n’était vraiment pas facile…

Vous auriez peut-être préféré finir devant votre rival national, Brian Joubert?

Pour le coup, c’est une anecdote. Ça m’importe peu. C’est plus la manière qui m’importe. J’ai perdu des points sur le quadruple saut du programme court. Je fais un double au lieu d’un triple sur le programme long. C’est vrai que si on me rajoute dix points, on voit où je me situe. J’étais aussi heureux pour Brian que pour moi et j’espère qu’on va continuer comme ça jusqu’aux Jeux de Sotchi (en 2014). On n’était pas en chambre ensemble, mais dès qu’on se voyait, il n’y avait aucun souci. Une très bonne atmosphère. On est là pour être les meilleurs, c’est sûr, mais au-delà de ça, on s’entend très bien.

Qu’est-ce qui vous attend dans les semaines à venir?

Je vais rester un peu en France. J’en avais énormément besoin. La saison a été dure à Moscou. Ça tire dans les jambes. J’ai besoin de revoir ma famille et mes proches. J’ai envie de partir loin, retourner au Brésil deux, trois semaines. J’aurai juste une compétition au Japon par équipe dans vingt jours. Ce sera fun. Et puis on rentrera dans le vif du sujet en préparant la saison prochaine avec un nouveau programme. Et en corrigeant tout ce qui n’a pas été. Je serai à New York avec mon coach pour bosser. Mais pas beaucoup à Moscou cet été.