Paul-Henri Mathieu: «J'ai un truc que les autres joueurs n'ont pas»

TENNIS Le Français continue son incroyable retour à l'Open 13 de Marseille...

Propos recueillis par Romain Canuti, à Marseille

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Paul Henri Mathieu a fait sensation hier en s'imposant contre Stebe.
Paul Henri Mathieu a fait sensation hier en s'imposant contre Stebe. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

Blessé de longue date, Paul-Henri Mathieu est de retour sur les courts français. Et à un bon niveau. A l’Open 13 à Marseille, il espère prendre du plaisir, et pourquoi pas faire sensation, comme à Rotterdam.

Paul-Henri, que vous inspire le nombre 452?
C’est le nombre de jours où je n’ai pas joué ? Je n’ai pas compté, je sais que je suis resté une quinzaine de mois hors circuit. On ne sait jamais combien de temps ça va prendre, où ça va nous mener.

Le retour s’est bien passé...
J’ai enchaîné quelques matchs depuis trois semaines, je ne pouvais pas demander plus. Une petite dizaine de matchs, pour moi c’est satisfaisant, surtout en ce qui concerne mon niveau de jeu. De toute façon, je n’allais pas retourner sur un court sans être à 100% et de pouvoir défendre mes chances, pour gagner des matchs. Le premier tournoi je suis allé faire les qualifications en challenger pour retrouver un peu l’esprit du tournoi. Mais maintenant, je me déplace pour gagner des matchs.

L’ambiance de compétition vous manquait-elle?
Je suis content de me retrouver en tournoi. C’est vrai que faire les valises, rentrer juste 24h, je faisais très bien sans, mais c’est remplacé par tellement de choses, notamment quand on se retrouve sur le court…le rythme de sportif de haut niveau quoi. Même si je ne vais pas dire que je suis content de le retrouver car même blessé je m’entraînais tous les jours.

Comment est-ce qu’on fait pour s’entraîner dans ces moments-là?
Pour être honnête sur le plan cardio je ne pouvais pas faire grand-chose. Mon premier objectif c’était de remuscler ma jambe, j’avais plus rien. J’ai passé six semaines après l’opération dans le plâtre. J’ai du réapprendre à marcher, monter les escaliers. J’ai recouru assez tard. Ensuite je ne voulais pas trop en rajouter, je me suis entretenu le haut du corps. Ca me prenait des journées, parce que tu t’entraînes, après t’as les soins. J’ai passé des heures incalculables dans les salles de gym, à chercher des solutions pour ne plus avoir mal. Ca m’a pris un an pour sortir de cette blessure.

Vous avez déjà écrit un livre lors d’une précédente blessure. Avez-vous pensé à faire le tome 2?
Si on me le propose un jour … pas là, après il faut que ça se vende. Mais ça m’intéressait de partager mon expérience. Aujourd’hui je ne tourne pas la page, c’était une expérience forte et enrichissante. Je sais pas où ça va me mener mais j’ai déjà gagné parce que je suis revenu. Aujourd’hui j’ai une force en moi qui est différente. J’ai un truc que les autres joueurs n’ont pas.

Vous avez suivi le tennis pendant votre absence?
Pas trop à la télé parce que ce n’est pas beaucoup diffusé. J’ai vu les Grand Chelems. Mais je suivais les résultats sur internet, toutes les semaines. Ca m’est arrivé d’envoyer des textos d’encouragements aux autres tennismen, ça permet de rester en contact. Je regardais aussi s’il y avait des nouveaux. En me disant que j’allais peut-être avoir à les affronter, qu’il fallait que je connaisse un peu leur jeu.

Est-ce qu’il y a un objectif, une place à atteindre?
En termes de classement, c’est impossible de me fixer un objectif. Je repars de zéro, ça dépend de tellement de choses : de la chance dans les tableaux, les invitations que l’on va m’accorder, où je vais pouvoir jouer. Pour moi le plus important, c’est le niveau de jeu que je peux produire. Après si je peux remporter des tournois, ok.

L’Open 13 arrive-t-il trop tôt?
Gagner un tournoi, c’est plus un objectif à moyen terme. La semaine dernière, j’ai fait les qualifications à Rotterdam, j’ai fait mon premier tour, j’ai enchainé trois victoires, quatre matchs en cinq jours. J’ai battu Lopez qui est 15e mondial. J’étais même surpris. Pour moi c’était satisfaisant. On voudrait toujours faire plus, mais je suis sur la bonne voie, c’est l’essentiel.