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Naples a rendez-vous avec l'histoire
FOOTBALL•La ville de Naples est en ébullition avant la réception de Chelsea ce soir, pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions...Swann Borsellino
Il parait que le football italien est en perdition. Souvent qualifiée d’être un repère d’écuries incapables de faire face aux hyper puissances anglaises et espagnoles sur la scène européenne, la Serie A a pourtant vu ses trois représentants franchir le premier tour de la Ligue des Champions sans encombres. Parmi ces rescapés du football transalpin, un phénix, le Napoli, qui va tenter ce soir face à Chelsea, de renaître des cendres laissées par un certain Diego Maradona. A une heure où le football business à tendance à faire passer l’amour de l’argent à l’amour du football, le San Paolo et ses 60.000 sièges fait office de dernier bastion de la passion populaire poussée à son extrême. Naples est en ébullition, le Vésuve n’a qu’à bien se tenir.
Stade plein, bombes agricoles et liqueur de café
«C’était le week-end le plus long de ma vie. Je n’arrive pas à penser à autre chose depuis plus de dix jours. Et quand tu as une famille, dix jours d’obsession à penser au Napoli je peux te dire que c’est long.» Paolo, dingue du Napoli, a le mérite de ne pas se cacher. Pour lui comme pour des milliers d’autres supporteurs napolitains, ce mardi ne sera pas un mardi comme les autres, et pour cause, ce soir, l’équipe de son cœur reçoit Chelsea à l’occasion des huitièmes de finale de la plus belle des compétitions. Evidemment, pour les retrouvailles entre le Napoli et les grandes soirées européennes, le Stadio San Paolo affichera complet. 60.000 âmes déchaînées qui, à coup de bombes agricoles et de Borghetti (petites doses de liqueur de café vendues à la sauvette à l’entrée de nombreux stades italiens) vont accueillir leurs héros comme il se doit.
L’héritage de Maradona
Des héros qui, à l’image de Marek Hamsik, l’une des trois stars de l’équipe interviewée par la Gazetta dello sport, connaissent trop bien l’importance du match de ce soir: «la Ligue des Champions est bien trop importante pour cette ville pour que l’on puisse se relâcher. D’ailleurs, nous n’avons pas le droit de nous relâcher.»Impossible de se relâcher par respect pour les supporteurs, mais aussi par désir d’écrire leur propre histoire. Nouvelle génération dorée du Napoli, la bande à Hamsik, Lavezzi et Cavani ont ici une occasion unique de s’émanciper de l’ère Maradona, omniprésente dans l’inconscient collectif napolitain. «Moi, j’ai vingt-cinq ans, quand nous avons remporté la Coupe de l’UEFA en 1989, j’avais à peine trois ans. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir grandi avec Maradona. Il est dans mon ADN» poursuit Paolo. A Naples, San Gennaro, saint-patron de la ville, partage son rôle avec le Pibe de Oro, son talent et ses mœurs. Chelsea sait à quoi s’attendre.



















