Racing-Metro: Pierre Berbizier sauve sa tête, Didier Retière arrive

RUGBY Malgré la fronde d'une partie du vestiaire, le président du Racing a maintenu sa confiance à son manager...

A.P.

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Pierre Berbizier pendant la H CUp, le 16 octobre 2010.
Pierre Berbizier pendant la H CUp, le 16 octobre 2010. — ALBAN PIERRE/SIPA

«Vous étiez venus voir la tête de Pierre rouler au sol… Eh bien elle n’a pas roulé.» Contre vents et marées, Jacky Lorenzetti a annoncé aujourd’hui à la presse qu’il maintenait Pierre Berbizier dans ses fonctions de manager du Racing-Metro 92, malgré la fronde d’une grande partie du vestiaire. 

Une fronde (37 joueurs sur 40 auraient voté pour le départ de Berbizier jeudi dernier, selon Midi Olympique) qui tient du fantasme journalistique, pour le président du club des Hauts-de-Seine. «J'ai l'impression de m'être laissé influencer, d'une part par l'énormité de l'exagération que les médias ont donnée à ce que vous appelez la crise, et d'autre part par les mensonges répétés et dilués par une petite minorité de joueurs que vous avez malheureusement crue», affirme Lorenzetti lors d’une conférence de presse tendue où il a pris soin de placer Pierre Berbizier à ses côtés.

Le frère de Berbizier poussé à la démission

Putsch ou pas, la crise qui couve a fait une victime: Philippe Berbizier. En charge des avants, le frère de l’ancien sélectionneur a présenté sa démission. Un départ que son président «n’a pu endiguer». Le visage marqué et prêt à en découdre, Pierre Berbizier accuse les journalistes (encore eux) d’avoir précipité le départ de son cadet. «Dans la mesure où vous [les journalistes] avez écrit qu'il était incompétent, les joueurs ont repris les choses. L'homme s'est senti floué, il peut avoir ce sentiment-là. Il a pris la décision de démissionner.»

Ce départ a précipité l’arrivée en urgence de Didier Retière. Dès lundi prochain, l’ancien bras droit de Marc Lièvremont en équipe de France va reprendre en charge les avants franciliens. Encore sous contrat avec la FFR, il interviendra en tant que consultant jusqu’au mois de juin. Retière ne débarque pas en terrain inconnu. Ancien talonneur du Racing, il doit opérer en duo avec Gonzalo Quesada en charge des arrières, qu’il a aussi fréquenté chez les Bleus.

Simon Raiwalui le médiateur

Une nouvelle hiérarchie se dessine donc. Berbizier prend de la hauteur et laisse le duo Retière-Quesada mouiller le survêtement à l’entraînement. L’ancien capitaine Simon Raiwalui devient lui manager «en charge du hors terrain» afin de «pallier un défaut de communication entre le staff et les joueurs», présente Lorenzetti. «Si je dois aller sur le terrain, j’irai sur le terrain», prévient «Berbiz», soucieux de ne pas montrer qu’il a cédé à l’une des doléances des contestataires.

Et si le message peine à passer, Lorenzetti se charge de l’enfoncer: «Il y a toujours la même feuille de papier à cigarettes entre Pierre et moi.» A l’heure où les entraîneurs sautent comme des bouchons de champagne en Top 14, Pierre Berbizier paraît disposer d’un crédit presque inépuisable. A moins qu’une absence pour les phases finales (le Racing est actuellement 7e et non qualifié) ne viennent tout remettre en cause.