Open GDF-Suez: Angelique Kerber brise le rêve bleu de Marion Bartoli

TENNIS la Française s'incline en trois manches et ne remporte toujours pas son premier tournoi sur le sol français...

Bertrand Volpilhac

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Marion Bartoli, en larmes, après sa défaite en finale de l'Open GDF-Suez, le 12 février 2012, à Paris.
Marion Bartoli, en larmes, après sa défaite en finale de l'Open GDF-Suez, le 12 février 2012, à Paris. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Recroquevillée sur sa chaise, la tête entre les mains, Marion Bartoli fond en larmes. Défaite en finale de l’Open GDF Suez par l’Allemande Angelique Kerber (6-7, 7-5, 6-3), la Française, profondément touchée, trouve à peine la force de se lever, le courage de parler d’un public de Coubertin en adoration devant sa nouvelle chouchoute. «Je suis désolée, mais j’ai vraiment fait mon maximum…»

Elle ne ment pas. Comme à son habitude, Bartoli a fait preuve d’une ténacité rare, remontant même un set et un break de retard pour faire pousser son adversaire à un troisième set. Avant de s’incliner,  las, après 2h39 de combat. Sans jamais avoir lâché: «Je suis allée puiser jusqu’au bout de moi-même, explique-t-elle avec quelques minutes de recul. J’aurais vraiment aimé soulever ce trophée ici, mais j’ai du mal  ressortir frustrée d’un match comme ça. Même si la défaite est dure à avaler, quand on donne tout ce qu’on a…» 

Devant son idole Monica Seles 

Consciente d’avoir mené un combat «intense», la 7e joueuse mondiale rate une nouvelle fois l’occasion de gagner son premier titre en France. Qui plus est devant son idole de jeunesse, Monica Seles, invitée pour cette rencontre: «Quand vous grandissez devant une personne que vous regardez sans arrêt à la télévision, dont vous vous inspirez, la voir à côté de vous en train d’applaudir vos points, c’est incroyable.» Au moins autant que le public de Coubertin, soutien indéfectible et terriblement bruyant à la dernière demi-finaliste de Roland-Garros, enfin aimée par le public français. 

«Je ne sais pas si j’arrive à vous faire passer ce que je ressens, mais ce sont des émotions que l’on ne vit nulle part ailleurs, lance Bartoli. Je pense que j’ai gagné quelques fans ici, le public a été enthousiaste, fabuleux. Quand on est aussi proche de la victoire, on a qu’une envie, c’est de revenir. Vous pouvez compter sur moi, je ne vais pas rester là-dessus.» Rendez-vous est pris pour 2013 donc, mais aussi pour Roland-Garros, dans trois mois. Avant cela, elle va devoir se reposer et se reconstruire après cette défaite, en filant lundi à Doha. «C’était une semaine riche en émotion, ça va être dur de récupérer, conclut-elle. Je ne suis pas prête de l’oublier.» Coubertin non plus.